Chapitre Un
1. Notre Grand Dieu Siva
2. Notre Ame immortelle
3. Le Monde où nous vivons
Leçon 1
Lundi
Soirée en Famille
Gurudeva nous apprend à voir Dieu partout ((line break))
et nous instruit sur l'âme et le monde.
Aspirant: Gurudeva, à présent que nous savons qui est-ce que Siva, que devons-nous faire?
Gurudeva: Cherchez Siva partout. Tâchez de le percevoir dans les meilleures des gens et dans les pires, dans l'air, dans l'eau et dans les arbres. Prouvez à vous-même qu'en effet, Dieu Siva existe bien partout et en toute chose. Il est la Vie de votre vie.
Cherchez Dieu Siva en mettant d'abord de côté tout ce que vous savez à son sujet. Ce renoncement allège le subconscient et permet à l'intuition de se faire entendre. La religion sert non seulement à nous inspirer, mais aussi et surtout à éveiller nos facultés spirituelles. Et c'est cet eveil de leurs facultés spirituelles qui fait, depuis des millénaires, la force des gurus du nathasampradaya. Tout leur enseignement, que vous retrouverez dans les pages de ce livre, vise à la réalisation tangible de ce concept. Siva existe partout et en toute chose. C'est bien d'apprécier et de répéter cette vérité. Mais la découvrir et la connaître par l'expérience personnelle, c'est tout autre chose. Réfléchissez aux trois perfections de Siva et méditez sur elles. Tâchez de connaître ce grand Dieu aussi intimement que vous connaissez votre meilleur ami. Imaginez, dans ce vaste domaine qu'est le champs de votre vision intérieure, ce que peut bien être Parasivam, Celui qui n'est ni dans le temps, ni dans l'espace, ni dans aucune forme. Imaginez Satchidananda, conscience/amour universel qui pénètre et emplit toute chose. Voyez intérieurement et apprenez à connaître Dieu Siva en tant qu'Ame primordiale, créateur de toutes les âmes, notre Seigneur personnel qui, en cette perfection, possède la forme, possède corps, visage, bras et jambes, et qui aime énormément son cher dévot. Un jour bientôt vous verrez de vos propres yeux que Siva est la vie même.
Aspirant: Pourquoi devons-nous nous identifier à l'âme?
Gurudeva: Bien comprendre ce qu'est l'âme, c'est acquérir la clarté d'esprit, qualité inestimable quant à faire face aux épreuves de la vie. Donc, faites tout votre possible pour ressentir la présence de l'âme au plus profond de vous, et de vous convaincre qu'elle est bien vous, et que vous vivez simplement dedans ce corps physique que vous avez développé vous-même.
Vous possédez déjà tous les moyens de faire avancer votre évolution, car vous êtes l'âme. Découvrez-la par l'expérience personnelle, et ce sont tous les aspects de votre vie qui se réhaussent. Vous maîtrisez mieux qu'auparavant vos pensées, vos émotions, vos rapports humains et toutes vos entreprises. Vous sentez l'amour divin pénétrer et combler tous les secteurs de votre être, ne laissant plus de place pour la colère, la jalousie, la crainte et toutes ces émotions qui remontent des chakras inférieurs. Si vous cherchez l'âme là où règne la bassesse, l'instinct animal, et même l'intellect, vous cherchez en vain. Cherchez encore parmi les plaisirs, les émotions et les rancunes, et toujours rien. Mais cherchez un peu plus intérieurement: trouvez et étudiez la faculté qui cherche, et vous commencez à toucher à votre véritable nature. Vous découvrirez bientôt que cette faculté n'est autre que la conscience même (faculté d'être conscient), et que celle-ci est essentiellement Conscience pure, l'esprit de votre âme qui, elle, est un être de lumière. Voyez profondément en vous-même, que vous êtes tellement stable, permanent, puissant, que rien jamais ne peut vous amoindrir ou vous endommager. Trouvez cette sensation et cette conviction au fond de votre corps physique, et vous aurez touché, au moyen des sens extérieurs, au corps de votre âme.
Aspirant: Comment trouver la joie en cette vie?
Gurudeva: Lorsque nous sommes conscient de qui nous sommmes, nous voyons que ce monde est, en fin de compte, admirable. Oui, la paix régne en ce monde. Car ce monde est une création parfaite de Dieu Siva
Ce n'est que lorsque nous nous identifions subconsciemment à l'image extérieure de nous-même que nous percevons du mal en ce monde. Dès qu'on regarde par l'¦il de l'âme, on comprend tout de suite que chaque chose fait partie intégrante du drame cosmique et divin. Sachez cette vérité et transformez votre vie. Il se peut que l'âme soit toute recouverte de karmas, mais le karma n'est pas l'âme, et l'âme n'est pas le karma. Le monde que nous voyons n'est que le reflet de la totalité des karmas d'innombrables individus, nations, villes, commautés et familles. Les vôtres aussi font partie de ce panorama collectif. Ce sont les actions et les réactions qui s'ensuivent qui enchaînent l'âme et tourmentent le monde.
C'est lui, le bien et le mal, lui, les trois guna et les quatre Veda.
C'est lui, les cinq éléments et les six saveurs.
C'est lui, les sept notes de musique et les huit connaissances...
Lui, le Seigneur des dix directions.
Onzième Tirumuraï
Leçon 2
Mardi
Notre Grand Dieu Siva
Nous commençons là où tout commence: en Siva. ((line break))
Qui est-il? Que fait-il? Comment peut-on le comprendre?
Qui est-ce que Dieu Siva? A vrai dire, tout ce qui est, n'est autre que lui. Il existe en toute chose, et tout est en lui, l'Unique qui ne connaît pas de second, Etre suprême, Réalité absolue, Pati, notre Seigneur à la fois omniprésent et transcendant.
Siva existe en trois perfections: Réalité absolue, Conscience pure, et Ame primordiale. Pourtant, il n'est qu'un seul Etre. En sa perfection première, il est Réalité absolue, le Soi, Dieu non manifeste, immuable et transcendant, au-delà du temps, de l'espace et de toute forme. En sa perfection seconde, il est Conscience pure et manifeste, Substance primordiale, Puissance et Intelligence infinies. Il est Lumière et Amour purs qui pénètrent et emplissent toute forme, tous les espaces et tout le temps. En sa perfection troisième, il est l'Ame primordiale qui se manifeste en Brahma le Créateur, en Vishnu le Préservateur, et en Rudra le Destructeur. Cette Ame primordiale est notre Seigneur personnel, l'origine des trois mondes et des lois qui les régissent, notre Père-et-Mère divin qui nous nourrit, nous éduque, et nous protège, qui voile sa Vérité pendant que nous évoluons, et la révèle lorsque nous avons assez grandi pour savoir en profiter. Nous savons que Dieu Siva existe en toute chose et que tout est en lui, que sa grandeur dépasse notre imagination, qu'il est le mystère sacré qu'on ne peut jamais tout à fait l'expliquer, et que nous ne saurions percer sauf dans la communion totale et parfaite. Connaître Siva, c'est tout savoir et tout comprendre.
Dieu Siva, a-t-il créé le monde? Oui Dieu a créé le monde et tout ce qu'il contient. C'est lui qui, à tout moment, préserve chaque atome de cet univers matériel que nous voyons, et de l'univers spirituel que nous ne voyons pas.
C'est Siva qui nous a créé. Et c'est lui qui a créé le monde et tout ce qu'il contient, autant les choses vivantes que les inanimées. Il a créé la mer et tout ce qu'elle recèle, le temps, les espaces infinis et les étoiles innombrables. C'est lui qui a créé le jour et la nuit, la joie et le chagrin, l'amour et la haine, la naissance et la mort. Il a créé ce monde-ci, le dense, et les autres, le subtil et le spirituel. Tout ce qui est, est créé par lui. Et tout se préserve par lui. Pourtant, il est des êtres qui, en un moindre degré, partagent avec lui l'acte créateur et la fonction préservatrice: ce sont les hommes de ce monde et les admirables devas et mahadevas des mondes intérieurs. Siva, qui crée tout ce qui est, quant à lui, demeure l'Incréé. Il n'a pas de source, pas d'origine. Il existe depuis toujours, ne cessera jamais d'exister. Il demeure au sein de sa création, où il règne en souverain absolu--sans toutefois dominer our subjuguer, car c'est par la communion qu'il règne sur sa création. Siva est omniscient, omnipotent, omniprésent. Il est bon, saint, miséricordieux, juste et compatissant. Il n'y a qu'un seul Dieu, mais les hommes le nomment différemment. C'est en effet le même Dieu unique et suprême qui anime toute vie et qu'on adore dans toutes les religions. Le paramaguru Siva Yogaswami demandait: "Qui est-ce qui fait monter et descendre le Soleil? Qui est-ce qui fait briller la Lune? Qui est-ce qui a fait que l'¦uil sache voir? Que la fleur sache fleurir? Réfléchissez bien et vous comprendrez que la Volonté divine règne partout. Siva est en toute chose, et tout est en lui".
Dieu Siva, possède-t-il la forme ou est-il au-delà de la forme? Dieu possède la forme et, paradoxalement, il est au-delà de toute forme. En tant que Réalité absolue, transcendante, et impersonnelle, il existe au-delà de toute forme. En tant que Conscience pure, il est la Forme pure et omniprésente. Et en tant que Seigneur personnel, il se manifeste en d'innombrables formes.
Nous pouvons connaître Siva en l'une ou l'autre de ses trois perfections, dont deux possèdent la forme et l'autre est au-delà de la forme. Nous l'adorons tout d'abord en tant que Seigneur personnel, Ame primordiale qui aime et veille tendrement sur ses dévots, un Etre dont le corps lumineux apparaît parfois en une vision mystique. Nous l'adorons ensuite dans sa forme manifeste, en tant que Conscience ou Amour purs. C'est ainsi que dans notre vie ordinaire nous apprenons à connaître Dieu en l'une ou l'autre de ses deux perfections manifestes. Et puis un jour enfin, atteignant nirvakalpa samadhi, un évènement intérieur aussi extrèmement simple qu'il n'est austère, nous communions avec lui en sa perfection première, nous le connaissons en tant que Parasivam, celui qui n'a aucun attribut, qui est au-delà de toute forme et que ne recherchent et ne découvrent que les yogis et les jnanis. Parce que cette Réalité absolue est au-delà de toute qualité et de toute conception, on ne peut jamais arriver à la décrire convenablement. Mais l'âme peut arriver à la connaître pleinement et directement, ou à la "réaliser", une fois qu'elle, l'âme, est tout à fait mûrie et qu'elle a longtemps cherché par les voies intérieures du yoga tout en suivant soigneusement les guides du satguru. Gurudeva nous a appris cette affirmation de la foi: "Dieu Siva est Amour omniprésent, et Réalité transcendante".
L'aspect de lui au-delà de la lumière, c'est Rudra.
L'aspect de lui qui est inconçu, c'est Brahma.
L'aspect de lui qui est bonté, c'est Vishnu
Maïtrayana Upanishad
Leçon 3
Mercredi
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Les hommes adorent Dieu diversement. ((line break))
Nous l'adorons en trois de ses formes traditionelles.((line break))
Qui sommes-nous et qui sont les dieux, par rapport à Dieu?
((Lesson text))
En lesquelles de ses formes adorons-nous Dieu Siva? A vrai dire, tout ce qui existe est forme de Siva. Mais, suivant la tradition ancienne, nous l'adorons dans ces trois formes, ou murthi : Sivalingam, Ardhanarisvara, et Nataraja.
Nous contemplons Dieu en tant que Parasivam lorsque nous adorons le Sivalingam, dont la forme simple et indéfinie dirige notre pensée vers son Etre absolu. Lorsque c'est en tant que Satchidananda, Amour et Conscience purs, que nous le cherchons, nous l'invoquons en sa forme d'Ardhanarisvara, Siva-Sakti, où tous les opposés et toute dualité se réconcilient. Et quand c'est en tant que Mahesvara, Ame primordiale, que nous l'adorons, nous l'invoquons alors en sa forme de Nataraja, le Danseur divin qui anime l'univers par ses cinq puissantes actions de création, préservation, destruction, obscurcissement, et révélation. Ainsi, au moyen des trois murthis, nous adorons Dieu en chacune de ses trois perfections. Le Sivalingam représente Parasivam, Réalité absolue. Ardhanarisvara représente Satchidananda, Conscience pure. Et Nataraja représente Mahesvara, Ame primordiale. Mais ce n'est pas dire que notre Seigneur se limite à ces trois formes. Il se manifeste aussi en Dakshinamurthi, Précepteur silencieux, Guru des gurus et grand yogi. Il vit en toutes ces formes, et bien d'autres encore, notre Dieu Siva.
Est-ce que les autres dieux existent indépendamment de Siva? C'est Siva qui a créé les dieux et les a pourvus d'une existence personnelle et de pouvoirs distincts. Pourtant, ils n'ont d'existence qu'en lui. Ils existent séparément de lui tout en demeurant inséparables. En fin de compte, rien n'existe en dehors de Dieu Siva. Lui seul règne partout et en toute chose. Pas un atome ne remue si ce n'est par sa volonté.
Ganesha, Muruga, Indra, Agni, et les trente-trois millions de dieux sont des âmes comme nous le sommes, créées par Siva et destinées toutes à revenir à lui en union mystique-- mais ce sont des âmes très âgées, hautement évoluées, et immensément puissantes. Comme toutes les âmes, elles ne sont ni masculines ni féminines, bien que la coutume les représente souvent en dieux ou déesses. Nous savons que les régions spirituelles sont la demeure de Siva, des dieux, et des devas. Dieu Siva est l'Etre suprême, l'Unique qui ne connaît pas de second, le Seigneur des seigneurs qui a créé, entre autres, les dieux (ou mahadevas) qui demeurent avec lui dans le Troisiéme Monde. Les devas, par contre, les anges ou êtres célestes qui habitent the Deuxième Monde et dont il existe des milliards, sont généralement sujets à renaître sur cette Terre. Ceux-ci, tandis qu'ils vivent entre deux vies terrestres, aident les dieux à guider l'évolution humaine. Nous adorons les dieux Ganesha et Muruga comme nous adorons Dieu Siva, mais nous n'adorons pas les devas. Les dieux Ganesha, Muruga et tous les devas adorent Dieu Siva. Le paramaguru Siva Yogaswami nous a enseigné: "Il est évident que rien n'existe indépendamment de l'Etre unique et suprême. Sa volonté prédomine d'éternité en éternité".
Qui sommes-nous par rapport à Dieu Siva? En vérité, nous ne sommes pas, dans notre essence, différent de Dieu Siva. Les Veda proclament Tat tvam asi, Dieu en tant que Parasivam, nous ne sommes pas autre que lui. En tant que Satchidananda, Superconscience pure, il demeure en nous en ce moment même. En tant que Mahesvara, il est notre Maître suprême et notre Bien-aimé. Dieu Siva n'est jamais séparé de nous. Il est la Vie de notre vie, le Souffle de notre souffle.
Nos rapports avec Dieu Siva évoluent à mesure que nous évoluons et que notre compréhension s'approfondit. Ainsi, avant de vivre religieusement, Dieu demeure pour nous un étranger, un inconnu. Nous en arrivons même à croire que c'est simplement sa nature d'être éternellement loin de nous et inconnaissable. Mais cette illusion s'évanouit dès qu'on s'engage sur le chemin spirituel. Nos rapports avec lui se modifient: Dieu n'est plus l'étranger inabordable, mais le Maître dont nous sommes l'humble serviteur, stage où nous éprouvons surtout de la crainte à son égard. Puis, au fil de l'évolution, l'image du Maître se transforme et celle d'un Père. On se sent davantage le fils bien-aimé que le serviteur. La crainte fait place à l'amour, au profond respect, et au sens du devoir. Plus tard, c'est l'aspect dominateur de Dieu qui se résorbe pour laisser se dégager une entente bien plus profonde, marquée par fun sentiment de solidarité et de confiance. Dieu est à présent notre plus cher et fidèle ami. Et enfin, arrivant au stade final de notre séjour terrestre, Dieu et nous devenons aussi intimes que deux amoureux, l'amour ne cessant de grandir de jour en jour pour mener enfin à l'union parfaite: nous réalisons Parasivam, le Soi Dieu, la plus profonde des vérités. Le paramaguru Siva Yogaswami nous a instruit: "Croyez en Dieu. Croyez en lui et faites-lui confiance sans réserve. Pensez qu'il est plus doux que le plus doux des plaisirs terrestres. Pensez à sa gloire sans cesse, jour et nuit. Aimez-le tendrement jusqu'au fin fond de votre être. Nous sommes ses serviteurs, nés à le servir. C'est, sur cette Terre, toute notre raison d'être."
C'est lui qui a donné la vie aux dieux innombrables, aux anges et aux hommes, aux bêtes et aux oiseaux, au riz et au blé, et jusqu'à l'air qui nous préserve.
Mundaka Upanishad
Leçon 4
Jeudi
Notre Ame immortelle
Se connaître, c'est avant tout savoir ce qu'est l'âme. ((line break))
Est-elle autre que Dieu ou identique à lui?
((Lesson text))
Qu'est-ce que notre âme? Notre âme individuelle est un corps spirituel et immortel composé de lumière, qui anime la vie et se réincarne maintes fois jusqu'à ce qu'il ait créé et résolu tous les karmas nécessaires, et réalisé son identité essentielle à Dieu Siva.
Notre âme individuelle a été créée par Dieu Siva. Elle est la source de toutes nos facultés supérieures dont la sagesse, la volonté, et l'amour. L'âme n'est ni masculine ni féminine. Elle est la chose en nous qui ne meurt jamais, même lorsque les quatre enveloppes, ou quatre corps extérieurs (les corps physique, pranique, astral, et mental) poursuivant le cycle qui leur est naturel, se tranforment et périssent. L'âme est la cinquième, la plus intérieure, et la plus subtile de ces enveloppes, ou corps. C'est elle qui recèle notre véritable identité. Nous ne sommes pas notre corps physique, ni notre esprit, ni nos émotions ou sentiments. Nous sommes l'âme immortelle, pasu . Le paramaguru Siva Yogaswami nous a appris: "Nous sommes l'âme, atma . Soyez convaincu de cette vérité."
Notre âme, est-elle différente de Dieu Siva? Oui, notre âme individuelle, qui est un corps de lumière, est créée en l'image de l'Ame primordiale, Dieu Siva. Elle lui ressemble, mais diffère encore de lui dans la mesure où son évolution n'est pas encore achevée.
Pour mieux comprendre les mystères de lâme, distinguons entre le corps composé de lumière qui est l'âme individuelle, et l'essence de l'âme. Dans notre corps de lumière, nous sommes chacun un être à part, chacun unique. Notre âme, en tant que corps lumineux se tranforme et mûrit au cours du processus de l'évolution. Ce corps ressemble à Dieu Siva et comporte bien de ses qualités, mais il diffère de lui par ce fait: qu'il évolue toujours et qu'il resplendit moins intensément que Dieu Siva, Ame primordiale, perfection qui, elle, n'évolue pas. Comme le gland, qui contient le chêne en puissance mais n'est encore qu'une petite graine, le corps de l'âme a besoin de se développer, ce qu'il fait grâce aux expériences de toutes ses vies. Il ressemble de plus en plus à Dieu Siva jusqu'à ce qu'enfin il se fonde en lui totalement. Le corps de l'âme, même après la réalisation du Soi Dieu, continue à évoluer en ce monde-ci et dans les autre mondes jusqu'à ce qu'il se réamalgame à l'Ame primordiale comme une goutte d'eau retourne à la mer, son origine, et se fond en elle. Telle est la destinée de toute âme sans exception.
Notre âme, est-elle identique à Dieu Siva? Oui, l'essence de notre âme qui n'a jamais été créée, est Amour omniprésent et Réalité transcendante. Elle demeure éternellement identique à Dieu Siva.
L'essence de ce corps de l'âme composé de lumière est Amour omniprésent, soit: Satchidananda. Et l'essence de cette essence n'est autre que la Réalité transcendante, Parasivam. A ce niveau profond de notre être, il n'existe plus d'identité individuelle, de distinctions, de temps ou d'évolution. Tout se fond en l'Unique. Ainsi, au fond de notre âme, nous sommes identique à Dieu en ce moment même, à Parasivam non manifeste et à Satchidananda manifeste. Ces deux perfections ne participent pas à l'évolution. Elles forment ensemble le noyau de l'âme qui ne change jamais, et sont éternellement parfaites et parfaitement unies à Dieu. Du point de vue absolu, notre âme existe déjà en union mystique et advaïtique avec Dieu en ses deux perfections de Parasivam et de Satchidananda. Mais on doit réaliser cette vérité pour la connaître. Satchidananda est l'esprit superconscient du corps de l'âme, c'est-à-dire l'esprit de Dieu Siva. Et Parasivam est la quintessence de l'âme. Tat tvam asi, tu es Cela, il ne s'agit pas de devenir Cela. Il n'y a pas de connexion entre Satchidananda qui est Forme et Conscience pures, et Parasivam qui est sans forme aucune. Le paramaguru Siva Yogaswami nous a enseigné: "Tu es Siva. Je suis Siva. Tous sont Siva. Et nous sommes tous immortels comme lui".
Puisque nous sommes identiques à Dieu Siva, pourquoi ne sommes-nous pas omniscient comme lui? Le triple lien d'anava, karma et maya nous bande les yeux. C'est au moyen de ceux-ci que Dieu limite notre conscience et perception pour que nous éprouvions le moi personnel indispensable à l'évolution. Mais au fond de l'âme, nous partageons avec Dieu son esprit superconscient et sa connaissance infinie.
La Conscience pure, qui se transforme en Connaissance et en Action, se situe, en tout temps et en tout lieu, au coeur de l'âme... car l'âme, dans son état affranchi, est universelle.
Mrgendra Agama
Leçon 5
Vendredi
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La crainte de la mort disparaît ((line break))
dès qu'on sait ce qu'est l'âme. ((line break))
La crainte de Dieu disparaît dès qu'on sait ((line break))
qu'il est amour parfait et ne punit jamais.
De même qu'on ne dit pas tout, à un enfant, à propos de la vie adulte avant qu'il n'ait l'âge de comprendre, ainsi Dieu restreint les facultés perceptives et le savoir inné de l'âme pendant qu'elle est encore jeune. Et de même que l'enfant en saura toujours assez pour bien mener sa vie d'enfant, de même l'âme jouit, à tout moment de son évolution, de toute la connaissance dont elle a besoin--ou bien l'expérience se manifestera pour le lui apprendre. Grâce à cette restriction de nos facultés, et du sens d'un moi personnel qui s'ensuit, nous pouvons considérer le monde et le rôle qu'on y joue d'un ¦il véritablement pragmatique et humain. C'est pour nous protéger durant notre épanouissement progressif que Dieu nous fournit ce triple lien, ce pasam, d'anava (ignorance), karma (conséquences de la pensée et de l'action), et maya (le principe de la matière). Cependant, même pendant cette période où il limite notre conscience, nous pouvons quand même arriver à puiser dans l'esprit omniscient de Dieu Siva de temps à autre, pendant nos périodes de méditation.
Pourquoi certaines âmes paraissent-elles plus avancées que d'autres? Les âmes n'ont pas toutes été créées en même temps. Le Seigneur ne cesse jamais de créer des âmes. Ainsi celles qu'il a créées il y a longtemps sont des âmes âgées, et celles qu'il a créées récemment sont des âmes jeunes.
Le Seigneur Siva, Architecte de l'univers, ne cesse de créer des âmes en son image. Pourquoi? Parce que, simplement, c'est sa nature de le faire, de même que c'est la nature de l'arbre de porter des fruits, et celle du Soleil de répandre la lumière. Siva crée les âmes dans le Troisième Monde. Celles-ci évoluent dans le Second Monde, puis dans le Premier, et dans le Troisième où elles s'en retournent enfin. L'âme âgée se distingue par ses qualités profondes: délicatesse, altruisme, compassion, vertu, maîtrise du corps, de l'esprit et des émotions, émanant constamment la bonté par ses pensées, ses paroles, et ses actions. Par contre, c'est par son caractère instinctif et égoïste, son manque de compréhension ou de finesse physique, mentale, ou émotive que se distingue l'âme encore jeune. Il existe, à tout moment, des âmes à tous les niveaux d'évolution. Le paramaguru Siva Yogaswami nous disait: "Le monde est un terrain d'apprentissage, une école. Certains sont en école maternelle, et d'autres en sont à l'université".
Qu'est-ce qu'il advient de l'âme à l'heure de la mort? L'âme ne meurt jamais, et ce n'est que le corps physique qui meurt. Le corps de l'âme, lui, continue à évoluer sans interruption dans les mondes intérieurs jusqu'à ce qu'il reprenne naissance sur Terre.
Il n'est pas question d'échapper à la mort, mais plutôt de savoir que la mort ne signale pas la fin de l'être, de l'âme. Arrivé le moment où l'on termine ses leçons pour cette vie présente, et si le karma en est arrivé à une certaine conjoncture, l'âme quitte le corps physique qui, lui, meurt et se met à rendre à la terre les éléments qu'il lui avait empruntés. Mais la conscience, la volonté, la mémoire, et l'intelligence auxquelles nous nous identifions, continuent toutes à exister au sein du corps de l'âme. Cette mort n'est qu'une transition, qu'un simple passage. C'est franchir un pas de porte pour aller d'une pièce à l'autre. On ne doit pas craindre la mort, qui est toute naturelle. Elle est un passage rapide d'un état d'esprit à l'autre, après quoi on se retrouve dans le Deuxième Monde où on continue à vivre et apprendre jusqu'à ce que nous soyons prêt à naître une fois encore. L'âme se trouve obligée de se réincarner à cause de certains karmas qui, en nous, n'existent encore qu'en forme de graine, et ne peuvent germer, fleurir et se résoudre qu'en ce Premier Monde. Une fois que l'âme s'est développée suffisamment, qu'elle a subi tous les karmas nécessaires en cet univers physique, et qu'elle a réalisé Dieu, elle n'a plus à revenir. Quand une âme âgée arrive enfin à se libérer ainsi du cycle du samsara, le cycle des décès et des naissances, alors, c'est la réjouissance générale par tous les trois mondes!
Est-ce que Dieu Siva punit les âmes qui agissent mal ou ne croient pas en lui? Non. Dieu Siva est Bonté parfaite, Amour et Vérité. Il n'est pas coléreux ou vengeur.
La jalousie, la vanité, et l'esprit de vengence appartiennent à l'être instinctif, et non pas au Divin. Il n'y a jamais aucune raison de craindre Dieu Siva, car il nous accompagne constamment, même si nous n'en sommes pas conscient. Il est inséparable de ce qu'il a créé, et sa créature est un prolongement de lui-même. Elle ne se détache pas de lui, donc elle ne le délimite pas, et ne diminue pas son influence. Quand on agit mal, on se fabrique du karma, et les pénibles conséquences qu'il entraîne parfois. Mais ce n'est pas Dieu qui nous punit: il ne s'agit que d'un effet dont nous sommes nous-même la cause. Nous pouvons adoucir nos souffrances en adorant Dieu et méditant à son sujet. Il est toujours là pour nous faire don de sa grâce, mais il ne punit jamais, même si on ne croit pas en lui. Il est le Dieu de toute sa création, le Dieu des croyuants de toutes les religions du monde, aussi bien que le dieu des non croyants. Dieu Siva ne fait pas le tri de ses créatures, voulant détruire les mauvais et sauver les bons. C'est au contraire à toutes les âmes qu'il offre sa précieuse grâce et la délivrance.
Les trois souillures sont: anava... maya, et celle qu'engendrent les actions.
Suprabheda Agama
Leçon 6
Samedi
Le Monde où nous vivons
Sachant que le monde est parfait, nous pouvons ((line break))
faire face à la vie avec courage et compréhension.
D'où provient ce monde? Est-il réel? Dieu Siva, pour fournir aux âmes un milieu favorable à leur évolution, a créé ce monde et tous les autres mondes innombrables. Ils sont tous réels, mais relativement réels.
Tout ce qui existe, y compris notre monde, est l'effet de maya, le principe de la matière. Le monde est relativement réel par rapport à Dieu qui est absolument réel. Ce n'est pas dire que le monde soit irréel, ou illusoire, mais plutôt qu'il est changeant et transitoire. C'est une erreur de dire que le monde est irréel, car il est au contraire tout à fait réel pour l'âme qui le perçoit dans un état de conscience ordinaire. En outre, l'existence du monde est indispensable à l'acheminement vers Dieu. Nous disons donc qu'il est relativement réel par rapport à la Réalité immuable: Dieu Siva. Sans anava, karma et le monde de maya, l'âme ne pourrait pas connaître la vie terrestre et ses épreuves, ni apprendre, ni évoluer. C'est karma, la loi de la cause et de l'effet, de l'action et de la réaction, qui gouverne maya et ses manifestations. Anava est le principe de l'ignorance qui engendre le sens d'un moi distinct et autonome. On peut comparer maya à une salle de classe, karma à l'instituteur, et anava à l'ignorance de l'élève. Grâce à ces trois éléments nous pouvons apprendre et évoluer en tant qu'âmes individuelles, connaître la réalité profonde du monde, et enfin y percevoir la manifestation d'une intention divine. Le paramaguru Siva Yogaswami nous a appris: "Dieu Siva est dans le monde. Le monde entier est en lui. Il existe sous forme de terre, de feu, d'eau, d'air, d'éther, et de tout ce qui est."
Y aura-t-il une fin du monde? Le monde matériel existe en un nombre infini de cycles de création, de préservation, et de dissolution. Il ne disparaît qu'afin de réapparaître encore.
Parmi les vastes étendues d'espace et de temps, Dieu Siva crée l'univers, le laisse exister en lui, le réabsorbe, et le crée une fois encore, en un cycle cosmique qu'il répète à l'infini. Le temps et l'espace ne sont pas rectilignes. L'univers n'est pas tiré du néant à un moment donné ni destiné à exister perpétuellement. Il prend naissance, évolue, et se dissoud tour à tour, en une série de cycles qui ressemblent à ceux de nos saisons. Mais la durée des saisons cosmiques est immense, au-delà de notre conception. Chaque cycle finit en mahapralaya, heure cosmique où l'univers est totalement réabsorbé en Dieu, totalement anéanti. Ce sont tous les trois mondes, inclus le Temps et l'Espace mêmes, qui se trouvent réabsorbés en ce moment de grâce ultime où l'évolution de toutes les âmes est parfaite, où toute illusion d'individualité s'évapore, et où tout et tous s'en reviennent à lui. Dieu existe alors seul, en ses trois perfections, jusqu'à ce qu'il se remette à engendrer en lui-même une création toute nouvelle, et à mettre en marche un tout nouveau cycle de manifestation cosmique. Le paramaguru Siva Yogaswami nous a enseigné: "Le monde se dilate et se contracte éternellement. Dieu, l'âme, et le monde. Pour finir, le monde, lui aussi deviendra Dieu".
Pourquoi y a-t-il tant de souffrance et de misère dans le monde? La dualité fait le caractère de ce monde. Rien n'y existe sans son opposé. Or, nous avons: la joie et le chagrin, le bien et le mal, l'amour et la haine. Grâce à ceux-ci, nous évoluons et en venons enfin à avoir soif de cette grande Vérité qui transcende toute dualité.
La souffrance fait partie intégrante de la vie humaine, et on ne peut l'éviter tout à fait. Mais Il y a une intention divine en toute chose, même dans la souffrance. De même que la fournaise ardente fend la pierre pour en laisser couler l'or pur, de même la souffrance purifie nos âmes, et nous apprend enfin que la délivrance et le bonheur parfaits ne sont pas de ce monde car la paix et la joie y sont inévitablement et intimement liées à l'inquiétude et au chagrin. Ayant suffisamment éprouvé cette vérité pour la comprendre, l'âme mûrie s'adonne à la discipline spirituelle, et cherche refuge auprès des saints Pieds de Dieu Siva. Elle prie d'être délivrée de la dualité et de ses éternels hauts et bas.
Si la vérité et le bonheur ne sont pas de ce monde, doit-on alors s'extraire des affaires du monde? Non. Nous ne devons ni détester ni craindre ce monde qui est l'abondante création de notre Dieu Siva. Nous sommes censés y vivre l'esprit positif, faisant face à notre karma et accomplissant notre dharma.
Par amour de nous il créa les sept mondes.
Par amour de nous il créa les vastes cycles.
Par amour de nous il créa cinq éléments.
Par amour de nous il créa ce corps et le souffle.
Saint Tirumular
Leçon 7
Dimanche
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Il n'y a pas d'enfer éternel ou de pécher originel. Mais ((line break))
les karmas qu'on engendre peuvent entraîner de
grandes souffrances. D'où l'importance de
bien penser, bien parler, et bien agir.
C'est en ce monde qu'on exauce ses désirs, qu'on façonne sa destinée, et qu'on trouve un terrain fertile à son épanouissement. Vivant en ce monde, on s'achemine de l'ignorance à la sagesse, de l'obscurité à la lumière, de la mortalité à limmortalité. Le monde entier est un ashram où chacun accomplit sa sadhana. Nous devons aimer ce monde que Dieu Siva a créé à notre intention. Gurudeva nous a dit: "Le monde est une merveille. C'est Dieu lui-même qui nous en a fait cadeau. Il n'y a aucune raison de craindre quoi que ce soit. Le monde est une cour de récréation qu'il a bâtie pour ses enfants, où les âmes jeunes et les âgées peuvent se rencontrer et apprendre à se connaître, les jeunes éprouvant leur karma, et les âgées respectant leur dharma. Jeunesse apprend; âge comprend".
L'homme est-il pécheur, et le monde est-il mauvais? Non. L'homme et monde sont essentiellement bons. Il n'existe pas de péché inhérent, où de péché mortel par quoi l'âme est à jamais perdue. Mais le péché existe: il est la transgression consciente de la loi divine.
Ce qui s'appelle péché, les sages nomment ignorance. La nature véritable de l'homme est celle de son âme qui est parfaite bonté en l'image de Dieu, et que péché ne peut jamais atteindre ou souiller. Le péché n'existe qu'en fonction du caractère extérieur, instinctif, et intellectuel de l'homme. Il est une transgression du dharma. Il est relatif, mais il n'en est pas moins réel, étant capable de nous apporter bien des chagrins. Mais ses effets ne sont pas éternels; ils peuvent être effacés par la pénitence et les bienfaits qui paient la dette. C'est l'âme jeune, qui est à peine accoutumée à vivre sure cette planète et ne sait pas encore manifester ses qualités inhérentes, qui a tendence à pécher. L'âme âgée, par contre, désobéira rarement à la loi divine. L'ignorance incite au péché, tandis que la connaissance de la loi divine fait apparaître la bonté et la vertu. Gurudeva nous a expliqué: "Le péché est l'effet des pensées déformées que peut bien produire un esprit intellectuel ligoté par l'émotion. Pécher, c'est convertir de l'énergie mentale en faveur de nos instincts. Quand on est injuste et bas, qu'on s'adonne à la haine et la rancune, qu'on entretient ces sentiments pendant des années en cachant bien ses intrigues et ses dépravations, il est forcé qu'on en souffre. A mesure que l'âme se développe, elle prend conscience du lourd fardeau de fautes et de méfaits qu'elle porte péniblement. C'est alors que se manifeste en elle le désir de se racheter, de faire pénitence, et de retrouver la grâce divine".
Y a-t-il un enfer où les pécheurs souffrent éternellement? Non, il n'y a pas d'enfer éternel. Mais il existe des états d'âme infernaux et des naissances déplorables pour ceux qui pensent et qui agissent mal.
Il existe trois mondes: ce Premier Monde qui est l'univers physique, le Deuxième Monde, ou monde mental ou astral, qui existe à l'intérieur de ce monde-ci, et le Troisième Monde qui est le monde spirituel. Ceux-ci se sectionnent chacun en de diverses régions, ou plans, ou loka . Notre Terre se nomme Bhuloka . Les êtres célèstes, ou devas, vivent au Devaloka , et les dieux vivent au Sivaloka . L'enfer se nomme Narakaloka. Gurudeva nous a enseigné: "On dit parfois qu'en enfer règnent le feu, le désordre, la consternation, l'angoisse et le désespoir. Mais en fait, l'enfer n'existe que dans les états d'esprit, partout où il y a désordre mental, conflit mental et toutes ces humeurs qui tourmentent et suscitent les feux psychiques. Nous n'avons pas à mourir pour éprouver les états infernaux de l'esprit. Mais, bien sûr, si nous venons à mourir tandis que nous sommes plongé dans un état d'esprit infernal, éprouvant haine, remors, rancune, effroi et toute manière de pensées déformées, nous sommes alors fin prêt à arriver dans le Deuxième Monde et y éprouver l'enfer".
Y a-t-il un paradis sivaïte? Oui. Il existe, aux sommets de l'esprit superconscient, dans le Deuxième et Troisième Mondes, des sphères célestes qui se nomment Devaloka et Sivaloka où les âmes mûries continuent à évoluer même après la fin de leurs séjours terrestres.
Le monde spirituel, qui se compose de lumière et de béatitude, est le refuge naturel de toutes les âmes. Gurudeva nous a dit: "Le paradis sivaïte est la demeure du Seigneur Siva Mahesvara, Ame primordiale, et de son entourage de mahadevas au Troisième Monde et de devas au Deuxième Monde. Ce paradis se situe au c¦ur de l'homme".
De même que le feu vit déjà dans le bois,
et que le beurre se dissimule dans la crème,
ainsi en chacun de nous il demeure, notre Seigneur omniprésent. Saint Appar
((Chapter page))
Chapitre Deux
1. Le Dharma
2. La bonne Conduite
3. Le saint Temple à Siva
((Lesson#))
Leçon 8
((Lesson day))
Lundi
((Lesson title))
Soirée en Famille
((Lesson description))
Gurudeva nous montre la valeur du dharma, ((line break))
de la bonne conduite, et du divin temple.
((Lesson text))
((Question and short answer 1))
Aspirant: Gurudeva, est-ce que le dharma restreint notre liberté personnelle? Pourquoi faut-il le suivre?
Gurudeva: Le dharma est une servitude, oui, mais une servitude désirable. Le dharma est le chemin suivant quoi on ne crée que des karmas favorables à l'épanouissement spirituel. L'adharma , au contraire, c'est l'absence de dharma, de guides, ou de servitude désirable, chemin que nous voulons éviter, bien sûr, parce qu'il nous expose à toute manière d'influences néfastes provenant du monde extérieur et du plan astral.
((Long answer))
Le dharma qu'on a choisi, ou qui nous est donné, nous protège sur les plans physique, mental et psychique. Si vous n'avez pas encore choisi ou trouvé le vôtre pour cette vie, c'est bien: le fait de lire ces leçons, indique que vous êtes déjà bien parti pour le trouver. Ce sera par la grâce de Ganesha que, intérieurement à vous, votre dharma vous sera dévoilé. Vous constaterez bientôt que chacun doit découvrir le dharma qui lui est propre. Une fois qu'on l'a découvert, et qu'on le vit, il est facile au corps de l'âme resplendissant de pénétrer le corps physique. Etudiez bien le dharma, et tâchez d'en saisir la signification profonde.
((Question and short answer 2))
Aspirant: Beaucoup considèrent aujourd'hui que le sens de devoir et de vertu font veillot. Que leur dire?
Gurudeva: Ce n'est que par la bonne conduite que nous cessons enfin de faire les sombres karmas qui reviendront inéluctablement sur nous, pour troubler nos esprits, nos émotions et le déroulement de nos vies.
((Long answer))
Bien se conduire, c'est simplement vivre selon les règles. On ne pourra pas éviter tous les karmas malheureux, bien sûr, puisque nous sommes né avec une portion de dettes apportées de nos vie précédentes. Mais, assurément, nous ne voulons pas y ajouter! Comment faire? Obéissez tout simplement aux règles de la bonne conduite énumérées dans ces pages. Il ne suffira pas de les lire ou même les apprendre par c¦ur. Et il sera inutile de s'en servir pour juger les autres. Ce qu'il faut, c'est les mettre activement en pratique dans notre vie personnelle. Remarquez bien quels sont les éléments actifs qui façonnent votre caractère et votre vie. Commencez tout de suite à vous observer bien franchement. Notez les circonstances où vous pouvez vous améliorer, et puis, pendant une semaine, travaillez diligemment à agir en conséquence. Pendant un mois, chaque soir avant de vous endormir, relisez les yama et les niyama, et révisez votre journée pour juger dans quelle mesure vous avez réussi à les mettre en pratique. Cette simple discipline vous apprendra à bien surveiller vos pensées, vos paroles, et vos actions, et vous donnera un bon aperçu sur ce que peut être la vie contemplative.
((Question and short answer 3))
Aspirant: Quel rapport y a-t-il entre le temple et la vie de tous les jours?
Gurudeva: La prochaine fois que vous allez au temple, chosissez consciemment quelque problème, situation difficile qui vous pèse, une blessure peut-être, ou un attachement débilitant, et placez-le mentalement aux pieds de l'image divine, tandis que vous priez d'en être délivré. "Voyez" en même temps la substance mentale, qui est le problème, se dégager de votre corps, et aller se fondre dans l'image.
((Long answer))
Les devas savent, au moyen de rayons de lumière, anéantir la substance mentale qui nous tourmente, et effectivement "nettoyer" nos auras, intérieure et extérieure. Telle est la magie du temple. Essayez vous-même: la prochaine fois que vous éprouvez quelque pesanteur ou douleur mentale, rendez-vous au temple pour bénéficier de ses pouvoirs guérisseurs. Dieu et les dieux aiment à soulager les douleurs qui découlent de nos karmas, nouveaux et anciens. C'est parce qu'ils ont bien compris que le temple est la voie de communication entre Dieu et les hommes, que les Saïvasiddhantins en ont toujours construits et consacrés en abondance, faisant quoi, ils ont réussi à préserver leur précieuses connaissances jusqu`à nos jours. Notre religion nous somme d'assister au temple au moins une fois par semaine (outre les dévotions faites chez soi quotidiennement), d'aller en pélerinage à quelque temple lointain au moins une fois par an, et d'assister à autant de festivals au temple que possible, dont un minimum de trois chaque année, un chacun pour Siva, Muruga, et Ganesha. S'il n'y pas de temple où l'on vit, alors on doit tout de suite déménager ou bien se mettre à construire! Le sivaïsme repose entièrement sur ses trois piliers: son temple, son écriture sainte, et son satguru. Pour faire vivre la religion de Siva dans sa vie personnelle, le dévot doit profiter pleinement de ces trois trésors mis grâcieusement à sa disposition.
((bottom quotation))
Sur cet océan colèreux, la vie,
je vogue, étourdi et stupide, et ne peux plus que
te prier, Seigneur de Vottiyur, de m'accorder
la volonté de rechercher ta grâce salutaire.
Onzième Tirumuraï
((Lesson#))
Leçon 9
((Lesson day))
Mardi
((Lesson title))
Le Dharma
((Lesson description))
Le dharma se divise en quatre sections, ((line break))
dont la première désigne les lois de la nature.
((Lesson text))
((Question and short answer 1))
Qu'est-ce que le dharma? Dharma signifie à la fois: loi divine de Siva, ou loi de l'existence, et réalisation ordonnée d'une nature et d'une destinée inhérentes.
((Long answer))
Quand Dieu Siva a créé le monde, il y a fait règner l'ordre, et établi les lois qui devaient tout gouverner. Cet ensemble de lois divines (ou cette loi divine) qui s'applique à tous les niveaux de l'existence, nous nommons dharma. Le dharma s'applique autant à l'ordre universel qu'à la religion et à la moralité, cette dernière servant à nous maintenir à l'unisson avec cet ordre universel. C'est dharma qui nous préserve, nous et notre position idéale dans cet univers complexe. Toute vie, toute société, possède son propre dharma, la loi qui gouverne son existence. Se soumettre au dharma, c'est exister en harmonie avec la Vérité qui forme et meut l'univers, c'est s'approcher bien près et tout naturellement de Dieu Siva. Par contre, quitter le sentier du dharma, épouser l'adharma, et se livrer à la luxure, la colère, et l'envie, c'est aller à rebours de la loi divine et s'éloigner de Dieu.
((Question and short answer 2))
Quelles sont the quatre différentes sortes de dharma? Il y a quatre sortes de dharma qui régissent quatre niveaux distincts de l'existence: le dharma universel, le dharma humain, le dharma social et le dharma personnel.
((Long answer))
Même si on ne peut pas dire tout ce que dharma peut bien signifier, son sens et sa portée étant tellement vastes, il n'en est pas moins vrai qu'il influe sur chaque aspect de notre existence du plus superficiel jusqu'au plus profond, sur le plan physique comme sur le mental et le spirituel. C'est dharma qui fait les lois de la nature, qui fait vivre notre culture et transmet notre patrimoine spirituel. C'est dharma qui inspire la piété et la moralité, le sens du devoir et de la responsabilité. Et c'est lui qui nous mène, pas à pas, vers la connaissance de Dieu Siva. En Sanskrit, dharma universel se nomme ritadharma, dharma humain ashramadharma, dharma social varnashramadharma, et dharma personnel svadharma. Le paramaguru Siva Yogaswami nous a appris: "Nous sommes tous ouvriers de Siva. Le Soleil, la Lune, les étoiles, les devas, les asuras, et tous les êtres vivants travaillent un unisson avec la volonté divine de Siva. Le travail, c'est la religion. Fais ton travail, ton svadharma".
((Question and short answer 3))
Qu'est-ce que le dharma universel ? L'ordre cosmique, ou loi divine telle qu'elle se manifeste partout dans le domaine physique, se nomme dharma universel, ou ritadharma.
((Long answer))
Ritadharma nomme le principe universel et divin qui gouverne toute la nature, autant dans ses mouvements galactiques qu'en la vie de ses particules subatomiques, vaste concept qui, dans la pensée chinoise, se nomme Tao. Rita est à la fois notre destinée et le chemin qui nous y mène, à la fois la vie spirituelle et son objectif. Elle est l'intelligence qui régit la nature, la puissance cosmique qui ordonne et préserve l'univers. Gurudeva nous a dit: "Quand nos actions et nos pensées sont harmonieuses avec le dharma universel, ou la nature, nous percevons que l'homme en fait partie intégrante, qu'il ne lui est pas supérieur, et qu'il n'est pas fait pour la dominer. Le Sivaïte perçoit clairement qu'il a des devoirs envers elle, tout comme elle a des devoirs envers lui. Il sait, et n'oublie pas, que les éléments qui composent son corps physique sont empruntés à la nature, et qu'ils devront lui être rendus. Quel ordre impeccable nous voyons partout dans la nature! La noix de coco produira toujours un cocotier, et non pas quelque autre espèce. Et quelle complexité, et quelle immense variété! Jamais deux cocotiers ne seront parfaitement identiques. C'est parce qu'il comprend et apprécie ces choses, et qu'il sait qu'il fait partie intégrante de la nature, que le Sivaïte cherche diligemment à se mettre à l'unisson avec elle et avec l'ordre universel dont elle est l'expression".
((Question and short answer 4))
Qu'est-ce que notre dharma humain ? Nous nommons dharma humain, ou ashramdharma, le développement naturel de l'esprit, du coeur, et du corps physique au cours des quatre périodes de la vie humaine: périodes d'étudiant, de maître de maison, de conseiller, et de religieux solitaire.
((bottom quotation))
Ne néglige ni les Veda ni les sacrifices dûs aux dieux et aux ancêtres.
Traite comme Dieu même ton père, ta mère et tes invités.
Ne fais que ce qui est irréprochable.
Et vénère toujours les grands.
Taïttiriya Upanishad
((Lesson#))
Leçon 10
((Lesson day))
Mercredi
((Lesson title))
--
((Lesson description))
Le dharma gouverne toute vie, ((line break))
soit-elle cosmique, humaine, sociale ou personnelle. ((line break))
Trouver son svadaharma, sa destinée personelle, ((line break))
c'est trouver enfin le contentment et la sérénité.
((Lesson text))
((Long answer))
C'est en passant par les quatre ashrama, ou périodes de la vie, que nous accomplissons notre dharma humain le plus naturellement et le plus simplement possible. Les ashramas se comparent aux quatre périodes de la journée: le matin, le midi, l'après-midi, et le soir de la vie. Une fois l'enfance terminée et que nous avons reçu notre formation première, nous entrons dans le premier ashrama, où nous sommes étudiant. Pendant cette période de brahmachariya., qui s'étend généralement entre les âges de douze et vingt-quatre ans, nous développons les traits personnels, et apprenons le métier qui nous serviront plus tard. Lorsqu'on se marie et devenons grihasta, soit maître ou maîtresse de maison, on entre alors dans le deuxième ashrama. Les époux collaborent, entre les âges de vingt-cinq et quarante-huit ans plus ou moins, à élever leurs enfants, accumuler les biens dont ils ont besoin, continuer à s'instruire pour bien mener leur carrière, participer aux ¦uvres sociales, et pourvoir aux besoins de ceux qui vivent dans les trois autres ashramas. Une fois la famille élevée et qu'on se retire des affaires mondaines, on entre dans la troisième période de la vie, soit vanaprastha, où l'on est, entre quarante-neuf et soixante-douze ans, l'un des anciens de la communauté. La responsabilité principale est alors de faire part de notre expérience et sagesse aux plus jeunes, les guider et les conseiller. Et c'est après cette période, à soixante-douze ans, qu'on s'engage dans la quatrième période de la vie, sannyas (dont le dharma est différent de celui du moine qui est entré dans les ordres de sannyas). Ainsi, tandis que nos forces physiques diminuent, on se détache tout naturellement des soucis du monde, et on se tourne vers une discipline religieuse diligente qui consiste à étudier les saintes écritures, adorer Dieu, pratiquer l'austérité, la méditation et le yoga. Au cours des quatre étapes de notre dharma humain, donc, nous nous éveillons tout d'abord, nous prenons conscience de ce que la vie exige de nous (le matin de la vie), puis nous donnons pleine expression à ce que nous avons appris (le midi), ensuite nous réfléchissons sur ce que nous avons accompli et partageons la sagesse qu'on a bien pu gagner(l'après-midi). Enfin, on se retire du monde (le soir) . Le dharma humain se détermine aussi par notre sexe et la décision prise étant jeune de se marier ou non. Le paramaguru Siva Yogaswami nous a appris: "C'est en vivant bien les quatre madam de brahmachariya, grihasta, vanaprastha, et sannyasa, que l'on fait le pélerinage".
((Question and short answer 1))
Qu'est-ce que notre dharma social? Nous nommons dharma social, ou varnashramadharma, l'ensemble des devoirs et responsabilités que nous avons envers notre pays, notre communauté, et notre famille.
((Long answer))
Dans les anciennes sociétés hindoues de l'époque d'agriculture, le dharma se stipulait d'après la caste de l'individu, c'est-à-dire d'après la couleur de sa peau et son métier familial. Mais à présent, en cette époque de la technologie où les races humaines s'amalgament, la caste de l'individu se base non plus sur sa naissance, mais sur son niveau d'instruction, son métier, et sa compétence professionelle. Pour s'acquitter du dharma social, il suffit d'obéir aux lois du pays où nous vivons et d'accomplir nos devoirs envers communauté, famille, collègues, et amis. Les lois morales et religieuses qui s'étendent sur tous les apects de la vie font partie du dharma social. On ne peut trop insister sur ce fait: que la loi divine ne peut se manifester en notre vie de tous les jours qu'au moment ou on la respecte. Gurudeva nous a enseigné: "Le Sivaïte qui respecte le dharma social obéit aux lois du pays et de la communauté où il habite. Il ne s'avise pas de vivre d'après des principes personnels et hors-la-loi. Il cherche plutôt à satisfaire la loi divine en respectant les lois humaines en toute contrée où il puisse bien passer. Il sait trouver sa juste place parmi ses frères humains, ses compatriotes, les membres de sa communauté et de sa famille. Et il s'efforce toujours à se dépasser dans toutes ses entreprises, et à parfaitement accomplir son dharma dans tous les aspects de sa vie".
((Question and short answer 2))
Qu'est-ce que notre dharma personnel? Notre dharma personnel, ou svadharma, se détermine selon ces deux facteurs: 1) les dharmas universel, humain, et social tels qu'ils se présentent personellement à nous en cette vie présente, et 2) la totalité des karmas que nous avons accumulés au cours de toutes nos vies.
((Long answer))
Chaque être humain possède son dharma individuel et personnel, son svadharma. La forme particulière de celui-ci découle de deux éléments: 1) de tous les karmas, bons et mauvais, que nous avons accumulés au cours de cette vie-ci et de toutes nos vies précédentes, et que nous portons aujourd'hui en forme de graine (c'est-à-dire qui n'ont pas encore germé ou porté leurs fruits), et 2) des trois dharmas--universel, humain, et social--tels qu'ils se manifestent à nous personnellement en cette vie présente. La fusion de ces deux éléments, nos karmas et les trois dharmas, produisent en totalité un dharma individuel, un chemin idéal à suivre, qui est uniquement le nôtre. Comment faire pour le connaître? C'est ici que tout se simplifie: il suffit d'invoquer le Seigneur Ganesha et de se soumettre à sa volonté divine. Ce grand dieu de la mémoire, du temps, et de la sagesse connaît toutes nos vies et nos actions antérieures, et est capable de nous communiquer quel est, dans cette vie et dans le moment, le chemin le plus propice, celui qui, plus aisément que tout autre, nous mènera en tranquillité, évitant doutes et conflits, vers un objectif profondément satisfaisant. Tels sont l'amour et la grâce de ce grand dieu. Gurudeva nous a appris: "Le dharma est à l'individu ce que la croissance normale est à la graine: la réalisation ordonnée d'une nature et d'une destinées inhérentes".
((bottom quotation))
Puisque ce sont les pensées seules((advise these line breaks))
qui perpetuent le cycle terrestre,
appliquons-nous donc à bien penser.
Telle est l'ancienne sagesse.
Maïtranya-Brahmana Upanishad
((Lesson#))
Leçon 11
((Lesson day))
Jeudi
((Lesson title))
La bonne Conduite
((Lesson description))
C'est en pensant bien, parlant bien, et agissant bien((line break))
qu'on eveille l'âme en nous.
((Lesson text))
((Question and short answer 1))
En quoi consiste la bonne conduite? Notre conduite est bonne lorsque nos pensées, paroles, et actions se conforment à la loi divine et qu'elles expriment la pureté innée de l'âme.
((Long answer))
C'est à sa conduite qu'on reconnaît les qualités de l'individu. Lorsque le c¦ur et l'esprit sont épurés de bassesse, que les instincts sont tempérés et que la modération règne, c'est alors qu'on comprend bien la valeur du dharma, et que la bonne conduite se manifeste tout naturellement et spontanément. Le Sivaïte évite l'arrogance, étreint au contraire l'humilité. Il cherche à collaborer et rendre service plutôt qu'à contrarier. Il reconnaît avec joie les qualités de son prochain, et ne s'attarde pas sur ses fautes. Gurudeva nous a enseigné: "Les principes de bonne conduite doivent diriger toute notre vie. Nous devons chercher toujours à encourager et remonter notre frère humain plutôt que le blesser et l'abattre, exprimer amour et bonté, plutôt que rancune et méchanceté, manifester les belles qualités inhérentes à l'âme--la maîtrise de soi, la modestie, l'honnêteté--être le modèle, celui dont on recherche la compagnie, et non pas celui qu'on évite. Il n'est pas excessivement difficile d'atteindre à ces qualités. Elles se soulèvent d'elles-même chez celui qui pratique la vie religieuse sivaïte et se meut en bonne compagnie. On ne peut pas se dire bon dévot si on ne se conduit pas correctement, autant en son for intérieur que devant le monde". Et c'est le paramaguru Siva Yogaswami qui nous a dit: "Se conduire avec rectitude, c'est posséder la plus grande des richesses. La vertu doit être pour vous comme le bâton du montagnard: cela vous soutient toute votre vie, et on ne s'en sépare jamais".
((Question and short answer 2))
Quelles sont les conséquences de la mauvaise conduite? Tout simplement: lorqu'on pense, qu'on parle, et qu'on agit mal, on crée des karmas déplorables et bien de la souffrance, pour ses prochains autant que pour soi-même.
((Long answer))
Suivre les bons principes, écouter sa conscience qui est la voix de l'âme clairvoyante, c'est acquérir et préserver équilibre, sérénité et satisfaction. Se soumettre au contraire aux exigences de l'esprit instinctif-intellectuel, sans aucun recours à l'esprit superconscient qui est l'intelligence de l'âme, c'est déclencher la souffrance. L'esprit superconscient, lui, nous instruit et nous inspire toujours en direction de la vertu. Et conversement, bien se conduire c'est permettre à l'esprit superconscient de fonctionner normalement, de tenir bien en main les rênes de l'esprit instinctif-intellectuel, et de modérer et modifier les transports de celui-ci. Car si on le laisse faire, ou s'il s'emballe, il risque fort bien de nous emmener par les sombres chemins du doute et du desespoir où Dieu paraîtra nous avoir abandonné. Gurudeva nous a appris: "Si on ne respecte pas les principes de moralité, alors c'est le chaos intérieur et la mésentente générale. On se met à chercher compagnie et confrères bien loin, certainement, des milieux sivaïtes, parmi les grossiers, les insoucieux, les avares, les démunis de la maîtrise de soi, et qui encore? Le saïvadharma et ses enseignements s'évanouissent de notre conscience, ce qui nous permet de fabriquer de tous nouveaux karmas dont on ne peut savoir les conséquences. A mesure que ceux-ci s'accumulent, ils voilent notre intelligence et on en arrive à oublier jusqu'au dernier de ces principes religieux salutaires qui guidaient et inspiraient autrefois notre vie. Le Sivaïte qui se trouve dans cette situation n'a qu'un moyen de s'en sortir: c'est de faire pénitence et se jeter aux pieds de Dieu et des dieux pour implorer leur grâce. Quoi qu'il arrive, nous aurons toujours ce réconfort: que les dieux sont compatissants et que Dieu Siva aime toujours ses enfants et ses fidèles".
((Question and short answer 3))
Quelles sont les qualités principales? Les quatre qualités principales sont: la pureté, la dévotion, l'humilité, et la charité, dont la première, la pureté, est la vertu cardinale.
((Long answer))
La pureté ne nous est pas un étrangère, car elle est la qualité essentielle de l'âme. Gurudeva nous a toujours enseigné que la soi-disant pureté qui veut se mettre en vitrine, être reconnue, obtenir récompense, ne peut jamais être authentique. La vraie pureté, au contraire, est une disposition intérieure qui ne se fait pas remarquer. Nous la cultivons par la pensée et la parole, en ne faisant que ce qui est conçu avec amour, en renonçant à la colère et la vengeance, en suivant les principes de propreté et d'hygiène, et restant vierge jusqu'au mariage. Nous cultivons la pureté en recherchant toujours la compagnie des personnes honnêtes, et vivant une vie disciplinée. Quant à la dévotion, elle consiste en amour et dévouement envers Dieu Siva, envers les dieux et les saints de notre religion, et envers le guru, nos parents, collègues et amis. On cultive la dévotion en demeurant loyal et digne de confiance, en adorant Dieu, et restant toujours disposé à rendre service et être le véritable sivathondar.
((Note: here the English version cuts the lesson in the middle of this long answer. It may not be necessary to do this in the French version. In any case, we are cutting it here at the same spot as the original version.))
((bottom quotation))
L'impassibilité, c'est être égal devant plaisir ou douleur, ami ou enemi, bonne fortune ou mauvaise... A celui qui, par amour de sagesse, se refuse les plaisirs sensuels, moksha viendra d'elle-même, même s'il ne la recherche pas.
Devikalottara Agama
((Lesson#))
Leçon 12
((Lesson day))
Vendredi
((Lesson title))
--
((Lesson description))
En matière de bonne conduite, ((line break))
nos trois maîtres sont: ((line break))
notre conscience, les bonnes fréquentations, ((line break))
et les yamas et niyamas.
((Lesson text))
((Note: here the English version cuts the previous lesson in the middle of this long answer. It will probably not be necessary to do this in the French version. In any case, we are cutting it here at the same spot as the original version.))
((Long answer continued from Lesson 11))
Lorsque l'âme est mûrie par la vie, qu'elle baigne dans la compréhension et la compassion, qu'elle exprime spontanément douceur, modestie, simplicité, révérence, et soumission, on peut bien dire alors qu'elle fait preuve d'humilité. Cette dernière qualité bien précieuse se cultive de diverses façons, en cherchant par example à comprendre toujours plus profondément les épreuves de la vie, plutôt que de se contenter de laisser réagir l'instinct, en recherchant la présence divine en tout être et en toute chose, et en faisant preuve de patience envers nos cironstances personnelles, et d'indulgence envers nos prochains. Quant à la charité, elle consiste simplement à éprouver davantage d'amour et d'inquiétude pour autrui que pour soi-même. Il est vraiment charitable celui qui donne de ses biens, de son temps, et de lui-même, toujours généreux, jamais avare, sans se soucier d'une récompense personnelle. Cette qualité divine se cultive en venant au secours des pauvres, des malades, des sans-abri, des vieillards et des malheureux.
((Question and short answer 1))
Qui nous enseigne la moralité? En matière de moralité, le premier maître sera toujours notre conscience. On peut également chercher conseil dans les pages des saintes écritures, auprès du satguru, des swamis, des aînés de notre famille, et de nos bons amis.
((Long answer))
On ne peut jamais escamoter les lois divines, car elles font partie intégrante de nous-même. La mort même ne sait effacer l'effet de nos actions, et ce n'est que par la bonne conduite qu'on peut racheter les karmas malséants. Nous voyons donc combien il est important d'être bien instrui en matière de moralité. Nos meilleurs maîtres seront ceux dont la conduite est exemplaire. Ce sont eux que nous devons rechercher et écouter. L'¦uvre admirable, le Tirukural, est de loin l'écriture la plus édifiante qu'on connaisse. Tout Sivaïte se doit de la lire, la relire et tâcher, de jour en jour, d'en manifester la sagesse. Gurudeva nous a dit: "En cette époque de technologie, les sages ne jouissent que du seul pouvoir de donner conseil et montrer l'exemple. Nous devons les écouter attentivement, et user de notre sagesse personnelle quant à mettre leurs paroles en pratique. Il n'y a qu'un commandement: usez de votre sagesse en toute circonstance. Entretenez-vous avec les sages, posez-leur vos questions, réfléchissez à ce qu'ils disent, et que votre bon sens en soit le juge. La voix sonore de votre âme, votre conscience, vous laissera savoir ce que vous devez faire. On peut toujours compter sur ce guide savant et fidèle, son âme, car elle sait à l'avance la réaction qu'entraîne toute action. Ce n'est que lorsqu'on a compris le mécanisme subtil du karma qu'on peut apprécier ce bon et droit chemin qu'est le dharma. Et c'est alors qu'on s'évertue par tous les moyens possibles de ne plus jamais s'en éloigner".
((Question and short answer 2))
Y a-t-il des règles à suivre en matière de bonne conduite? Pour bien vivre notre vie, nous respections, outre les sages guides du Tirukural, les yama (restrictions) et les niyama (pratiques religieuses).
((Long answer))
Les yamas et les niyamas, qui résument la sagesse accumulée pendant des millénaires de culture sivaïte, sont de simples conseils, non pas des commandements. Les yamas indiquent ce qu'il faut éviter, tandis que les niyamas énumèrent les pratiques et attitudes religieuses à respecter. Apprenez-les par c¦ur, pour qu'ils restent avec vous et vous reviennent à l'esprit quand vous en aurez le plus besoin.
YAMAS
Les Restrictions Sivaïtes
1. Evite toute violence, même par la pensée.
2. Ne vole pas, ne convoite pas.
3. Maîtrise tes désirs.
4. Renonce à la luxure et à l'avidité.
5. Restreins l'arrogance et la colère.
6. Ne te livre pas aux mensonges, aux fausses promesses, et à l'abus de confiance.
7. Abstiens-toi de l'injustice et de l'ivresse.
8. Abandonne sur-le-champ toute tendence immorale et mauvaise fréquentation.
NIYAMAS
Les Pratiques Sivaïtes
1. Cultive la pureté par la pensée, la parole, et l'action.
2. Aime ton prochain.
3. Recherche la tranquillité et la satisfaction.
4. Cultive la piété par la dévotion et la méditation quotidiennes.
5. Sois indulgent et constant dans l'adversité.
6. Donne la dîme, sois généreux et désintéressé.
7. Lis et relis les saintes écritures.
8. Adonne-toi de temps à autre à la pénitence, à l'austérité, et au sacrifice.
((bottom quotation))
Se garder des pensées impures, voilà ce qu'est la vertu.
Tout le rest n'est que vanité...
La vertu apporte gloire et prospérité.
Qu'y a-t-il donc de plus précieux?
Saint Tiruvalluvar
((Lesson#))
Leçon 13
((Lesson day))
Samedi
((Lesson title))
Le saint Temple à Siva
((Lesson description))
C'est au temple que l'homme peut ((line break))
consciemment communier avec Dieu et les dieux.
((Lesson text))
((Question and short answer 1))
Quelle est l'importance du temple à Siva? Il n'existe aucun lieu aussi saint que le temple à Siva, car il est la demeure de notre Dieu suprême, et l'endroit le plus favorable à la communion entre les trois mondes.
((Long answer))
La religion sivaïte repose toute entière sur trois piliers--ses temples, ses saintes écritures, et ses satgurus--qui contiennent et préservent chacun toute l'ancienne sagesse. Pour cette raison, nous vénérons ces trois piliers de notre religion. Nous vénérons tout temple à Siva, car nous y reconnaissons, qu'il s'agisse d'un simple sanctuaire de village ou d'un vaste complexe aux tours imposantes, la demeure consacrée de notre Dieu suprême. C'est en ce lieu saint que nous trouvons refuge et que nous nous rapprochons bien près de lui. Il est vrai que Dieu existe partout et en toute chose, mais il est également vrai que c'est en cet endroit qu'on pourra le plus facilement éprouver cette vérité. De même, les trois mondes coexistent en tout lieu, mais c'est dans l'atmosphère purifiée du temple à Siva qu'ils réussissent le mieux à communier l'un avec l'autre. Et c'est pour cette raison que le dévot y vient régulièrement pour y établir un rapport de plus en plus intime et vigoureux avec les êtres célestes. Gurudeva nous a enseigné: "Le Seigneur Siva a établi de nombreux temples à travers le monde pour y faire part de son amour à ses enfants. Il l'a fait à dessein, car ses enfants, répandus aux quatre coins du monde, ont grand besoin de son amour omniprésent. Ils bâtissent des temples en son nom, y installent son image, et chantent ses louanges pour y invoquer sa présence. Le Seigneur Siva accepte l'invitation, et envoie son rayon pour en faire un temple vivant, rayon ou shakti d'amour intarissable qui brille au c¦ur de toute vie. Lorsque ce rayon se met à emplir le sanctum sanctorum, ou garbagriha, et à pénétrer le monde, les dévots sivaïtes reconnaissent qu'ils se trouvent en effet en un lieu des plus sacrés, où Dieu et les dieux ont établi contact avec eux".
((Question and short answer 2))
Les temples à Siva, par qui sont-ils fondés et construits? C'est Dieu Siva lui-même quil établit son temple et fait part de son projet à l'un de ses fidèles, souvent par une vision ou dans un rêve. Ce sont ensuite les artisans spécialisés qui bâtissent le temple, suivant généralement à la lettre les lois des Agamas.
((Long answer))
Les temples à Siva sont rarement conçus ou fondés par des hommes. Le plus souvent, ils sont établis par Dieu Siva qui fait part de son project à l'un ou plusieurs de ses fidèles. Une fois qu'on a trouvé le site qu'a désigné Siva, on engage des stapathi, des artisans spécialisés dans la construction des temples, dont la tradition se préserve et se transmet sans interruption de père en fils depuis des siècles et des millénaires. Aucune pierre ne sera mise en place, si ce n'est selon les principes d'architecture sacrée des Agamas. Une fois construit, et après la consécration, respectant toujours minutieusement les formes traditionelles, la bâtisse se transforme en véritable temple, un lieu sur cette Terre où les trois mondes arrivent à communiquer clairement et à collaborer pour édifier la race humaine et exaucer la loi divine. Cette voie de communication s'établit grâce au merveilleux rayon psychique qui passe, une fois le temple consacré, par le garbagriha et qui le relie au Troisième Monde. En un lieu à ce point purifié, notre Seigneur qui est la source même de toute sainteté, peut bien venir se manifester.
((Question and short answer 3))
Quand est-ce que nous devons aller au temple? Nous allons au temple à chaque fois que nous éprouvons le besoin de communier avec Dieu Siva, et surtout le vendredi, pendant les festivals, et au jour le plus saint de l'année: Mahasivaratri.
((Long answer))
Les Sivaïtes estiment qu'il est très important de vivre près d'un temple à Siva, car c'est autour de celui-ci que toute leur vie religieuse gravite. Et c'est pourquoi, partout où ils se trouvent, ils érigent des temples. Ils le font aussi parce qu'ils savent que cet acte charitable et méritoire portera ses fruits dans la vie présente et même dans les vies futures. On va au temple n'importe quel jour de la semaine, sauf, pour les femmes, au moment de leurs règles. Nous y allons chaque vendredi, et surtout à la période des festivals, lorsque la shakti atteint à son apogée. Si l'on est très dévoué, on s'y rendra tous les jours pour y assister au puja, la sainte cérémonie. Et, sans exception, tous les Sivaïtes s'y rendent pour la nuit de Mahasivaratri, le moment de l'année le plus sacré à Siva. Le paramaguru Siva Yogaswami nous a enseigné: "Levez-vous dès l'aube, lavez-vous les mains et les pieds. Allez au temple pour y adorez les saints pieds de Siva. C'est vertu. C'est bonne conduite. C'est rituel sacré".
((Question and short answer 4))
Quelles sont les activités qui se déroulent au temple, et comment s'y conduit-on? Au saint temple à Siva, on peut assister à des activités très diverses, à des cérémonies, par exemple, simples ou détaillées, ordinaires ou exceptionnelles, destinées à une foule, une famille, ou un individu. Mais nos dévotions sont toujours personnelles, même si les gestes extérieurs sont traditionels.
((bottom quotation))
C'est lorsqu'on a cessé d'adorer Siva dans son temple((rec'md line breaks))
que le mal afflige le souverain,
que les pluies font défaut,
que le vol et la corruption font ravage.
Ainsi a dit mon divin Nandi.
Saint Tirumular
((Lesson#))
Leçon 14
((Lesson day))
Dimanche
((Lesson title))
--
((Lesson description))
On respecte les coutumes du temple
qui, chacune, a son sens.
Le temple favorise toutes les experiences religieuses,
y compris la plus haute contemplation.
((Lesson text))
((Long answer))
Avant d'aller au temple, on se baigne un peu plus soigneusement que d'habitude, on met des habits propres, et on prépare une offrande: quelques simples fruits ou fleurs suffiront le plus souvent. On commence alors à diriger l'esprit vers les saints pieds de Dieu, en chantant des cantiques tout bas ou à haute voix. Arrivé au gopuram, l'entrée surplombée parfois d'une tour colossale, on laisse de côté ses chaussures et on entre. On invoquera tout d'abord la bénédiction de Ganesha à quelque autel ou sanctuaire rattaché au temple principal. Puis on fait, dans le sens des aiguilles d'une montre, le tour de la cour intérieure, on se rinse les mains, les pieds, et la bouche. Les hommes et les garçons ôtent leurs vêtements supérieurs. Et enfin on entre dans le temple même. Après s'être prosterné devant le kodimaram, ou mât du temple, on s'approche du garbagriha, le sanctuaire où se situe l'image divine. On en fait le tour (pradakshina), généralement trois fois, ou une seule fois, ou encore cinq, sept ou davantage, mais toujours en un nombre impair. Puis nous revenons à l'entrée du sanctum pour assister au puja. On reste généralement debout, les palmes des mains jointes en namaskaram. Mais, selon la coutume locale, il se peut qu'on s'assoie et qu'on chante des devaram ou bhajan (cantiques et chants). Après l'arati (offrande de la lumière), où les prêtres passent le camphre allumé devant Dieu ou le dieu, on se prosterne et puis on reçoit, dans la main droite toujours, les prasadam ou substances bénites. Une fois la cérémonie terminée, on reste quelque temps assis tranquillement à contempler Dieu, ne serait-ce qu'une ou deux minutes. On se prosterne, on fait encore une fois le pradakshina, et puis on s'en va. Le plus souvent, le puja se célèbre sept fois par jour, à 5h, 6h, 9h, 12h, 18h, 20h, et 22h. Outre ces cérémonies quotidiennes, une immense variété d'évènements peut se produire au temple typique. On peut y assister à des noces, des visites de pélerins, des sermons ou discours philosophiques, repas pour les pauvres, heures de bhajans, devarams, ou autre expression culturelle, et nombre d'activités qui se rattachent au festival annuel du temple. Ce festival annuel dure géneralement dix jours et gravite autour de l'une ou l'autre des grandes fêtes de l'année, chaque temple choisissant sa fête particulière. Presque tous les temples hindous participent à cette coutume.
((Question and short answer 1))
Qui sont les prêtres? Les prêtres sont des hommes mariés qui prennent soin du temple, et célèbrent les diverses cérémonies.
((Long answer))
Chaque temple possède son prêtre (pujari), ou ses prêtres. Tandis qu'un seul siffira à certains temples, d'autres temples aux multiples sanctuaires et aux nombreux festivals se verront obligés à en embaucher des centaines. Les prêtres principaux sont presque toujours mariés et de la caste des brahmanes, quoique souvent, leurs aides sont célibataires ou veufs. Le prêtre doit savoir tous les éléments d'un liturgie fort détaillée et complexe, connaître par c¦ur des centaines de chants, invocations, et mantram en Sanskrit. Il a généralement appris son métier dès sa plus tendre enfance sous la tutelle de son père, qui, lui tient aussi le métier de son père. Ainsi cette profession est une ancienne et vénérable tradition mystique qui se transmet de génération en génération. Le prêtre n'est pas un conseiller ni un pasteur, c'est-à-dire qu'il ne s'insère pas dans la vie personnelle des dévots. Il demeure le simple serviteur de Dieu, dont il garde et entretient la demeure.
((Question and short answer 2))
Est-ce que le temple et la dévotion sont réservés aux âmes jeunes et à ceux qui poursuivent chariyamarga et kriyamarga? Non, au contraire, le temple existe et fonctionne pour toutes les âmes, quelle que soit leur évoluiton. De plus, notre dévotion s'approfondit à mesure que nous nous épanouissons.
((Long answer))
On n'évolue jamais au point de ne plus avoir besoin du temple. A mesure que nous grandissons spirituellement, nous éprouvons de plus en plus profondément les effets du temple. Au début, sur le chemin de chariya, nous n'allons au temple que par devoir, parce que nous y sommes obligés. Mais à l'époque de kriya, c'est par amour de Dieu que nous y allons. Et lorsque l'âme poursuit yoga, elle adore Dieu intérieurement, dans le sanctuaire du c¦ur. Mais même pour le yogi accompli, qui sait s'insérer à volonté dans les profondeurs superconscientes, le temple ne lui est pas indifférent. Quand il retourne à son état de conscience ordinaire, il n'éprouvera pas d'interruption dans sa dévotion, car le temple--la demeure de Dieu sur ce plan terrestre--est toujours là à l'attendre et lui offrir l'hospitalité divine. On trouve au temple le simple bhakta tout comme le jnani, adorant Dieu Siva côte à côte, puisant chacun à la source de la spiritualité selon sa capacité personnelle. Le paramaguru Siva Yogaswami nous a appris: "C'est la dévotion seule, sivabhakti, qui bénit l'homme. Tout le reste est vanité. Adonnez-vous donc, et sans cesse, au sivadhyanam. Méditons, et méditons encore pour éliminer les bassesses et monter vers la Réalité divine".
((bottom quotation))
C'est toi que nous prions de connaître, ((rec'md line breaks))
Souverain des souverains,
le plus éclatants des célestes,
Maîtres des maîtres, et Très-haut.
C'est toi que nous prions de connaître,
ultime Objet de nos dévotions,
Seigneur de l'univers.
Svetasvatara Upanishad
((Lesson#))
Leçon 15
((Lesson day))
Lundi
((Lesson title))
Soirée en Famille
((Lesson description))
Gurudeva donne des aperçus sur le puja,((line break))
les écritures saintes, et la sainteté.
((Lesson text))
((Question and short answer 1))
Aspirant: Gurudeva,comment faire pour n'avoir plus de doutes à propos des rites?
Gurudeva: Etudiez la question. Et tâchez de comprendre le fonctionnement du temple astral qu'on ne voit pas. Imaginez ce que ça peut être que de vivre au devaloka et regarder dans notre monde. Essayez de pénétrer mentalement dans le mécanisme interne du temple hindou. Puis, quelles que soient vos perceptions à propos de cet autre monde qui est en dedans du nôtre, gravez-les bien dans votre subconscient.
((Long answer))
Bientôt vous saurez sans plus aucun doute ce qui se passe dans le temple interne, et pourquoi on doit faire le puja chaque jour, et correctement. Vous verrez clairement ce qu'il faut faire pour que votre puja redouble d'efficacité, comment développer une attitude toujours plus illuminée à son égard. Vous verrez pourquoi l'autel personnel est le centre sacré de votre foyer, et pourquoi vous devez l'entretenir soigneusement et ne pas négliger. C'est là qu'habitent les devas tandis qu'ils vous protègent, vous illuminent le chemin, maintiennent une ambiance de pureté en désintégrant systématiquement toute manifestation mentale non favorable qui pourrait venir s'installer chez vous. Il y va de leur devoir d'aimer, protéger, et pourvoir aux besoins de tous les dévots de Siva. Quand on cultive soigneusement son puja personnel, c'est toute notre vie qui s'améliore. Il importe de savoir la signification des gestes et des paroles du puja. A cet effet nous avons publié, dans les Saïvadharmashastras, le traditionnel et très efficace Atmarthapuja (puja personnel pour l'autel familial) qu'on peut chanter en Sanskrit, en Tamoul, en Français ou toute langue moderne. Commencez à faire ce puja tout de suite pour adorer Dieu Siva chez vous comme il nous a demandé de faire.
((Question and short answer 2))
Aspirant: Comment faire pour s'y retrouver dans cette immense quantité d'écritures Hindoues?
Gurudeva: L'hindouisme ne se fonde pas, comme les autres religions, sur une seule écriture. D'ailleurs, aucune ¦uvre unique ne pourrait jamais contenir l'immensité de ses connaissances et enseignements. Ses écritures sont donc innombrables, et en effet, on pourrait bien s'y perdre. C'est pourquoi nous avons recueilli les principales écritures de notre nathasampradaya en une Sainte Bible de l'Hindouisme Sivaïte, disponible en plusieurs langues modernes.
((Long answer))
Cette Sainte Bible s'est prouvée bien égale à la tâche, mettant les précieux enseignements aisément à la portée de tous. Une fois que vous possédez votre copie des écritures saintes, gardez-les soigneusement dans votre sanctuaire familial, et lisez chaque jour. Il n'est pas besoin d'être un érudit pour s'inspirer de ces grands ouvrages. Lisez régulièrement, et lorsque, de temps à autre, se soulèvent les tempêtes du karma, ils seront votre secours et votre refuge. Ils vous donneront la force de persévérer.
((Question and short answer 3))
Aspirant: Y a-t-il des saints de nos jours?
Gurudeva: Eh oui! Vous aussi, vous pouvez être un saint ou une sainte. Vous n'avez qu'à vous connaître, et vous dévouer au travail désintéressé. Vous direz peut-être: "Facile à dire. Le faire, c'est autre chose...". Vous avez raison; ce n'est pas facile. Cependant les portes sont là, grandes ouvertes, même en cette vie présente.
((Long answer))
Au cours de ces leçons, vous commencerez à ressentir ce que peut bien être le côté mystique de notre religion, et à entrevoir les grandes possibilités qui s'offrent à toute et chaque âme de cette planète. Innombrables sont les occasions de s'améliorer, disponibles toutes au Sivaïte qui s'évertue à trouver Siva dans son prochain, et à percevoir franchement ses propres défauts qu'il considérera simplement comme autant d'obstacles à franchir. Constater les défauts d'autrui ne nous aidera nullement, mais voir et admettre les nôtres, c'est un grand avantage. Persévérez donc courageusement, ayez confiance, suivez l'exemple de nos saints, et le saint qui vit déjà en vous s'épanouira tout naturellement. Le Sivaïte cherche toujours à manifester cet être profond de lui-même, ainsi qu'à rendre service, et poursuivre le dharma. Il est humble, modeste, et s'il arrive que sa sainteté se fasse remarquer, alors il avoue vite ses fautes et loue le bien qu'il voit chez son prochain.
((bottom quotation))
Si, ayant appris la grandeur du Seigneur ((sugg line breaks))
à la couronne de cheveux enmêlés et
ornés de fleurs ruisselantes de miel,
vous voulez briser toutes les attaches,
venez vite rejoindre ceux qui ne cessent plus d'adorer
ses saints pieds aux bijoux étincelants. Saint Manikkavasagar
((Lesson#))
Leçon 16
((Lesson day))
Mardi
((Lesson title))
Notre Cérémonie sacrée, le Puja
((Lesson description))
Le rite est une discipline intérieure et personnelle
pour laquelle il convient de bien s'apprêter.
((Lesson text))
((Question and short answer 1))
Qu'est-ce qu'un puja? La célébration du puja est une des activités les plus sacrées et importantes de la vie sivaïte, car c'est le moment où on invoque Dieu et les dieux pour exprimer toute notre dévotion et amour.
((Long answer))
Par cette très sainte cérémonie, le puja, nous appelons Dieu et prions qu'il nous accorde sa grâce. Le puja est notre sainte communion où abondent merveilles, mystères, et tendres sentiments. Toute notre vie religieuse gravite autour de l'heure où on le célèbre, moment où nous nous rapprochons tout près et tout consciemment de notre dieu bien-aimé. La forme extérieure du puja peut varier selon l'occasion et selon la prière qu'on voudrait offrir. Pareillement, la dévotion peut se manifester diversement. Le puja peut servir, par exemple, à exprimer amour, ou reconnaissance, confession, pénitence, prières simples ou ardentes, à recevoir un sacrement, assister à une fête ou festival, ou enfin, chercher Dieu par la contemplation profonde dans les régions superconscientes de l'esprit. Le puja peut être extrêmement complexe, détaillé, et tout à fait orthodoxe, ou bien n'être qu'un simple rite quotidien qu'on célèbre chez soi au sanctuaire familial où n'importe quel membre de la famille peut officier. Ce rite personnel, ou atmartapuja, se célèbre souvent matin et soir dans les familles où règne la piété. Le paramaguru Siva Yogaswami nous a dit: "Si on offre aux saints pieds du Tout-Puissant chants et fleurs, même si on ne sait rien d'autre, on atteindra au salut. Matin, midi et soir, chantez vos louanges".
((Question and short answer 2))
Pendant le puja, est-ce que nous adorons vraiment l'image sculptée? Non. Nous adorons Dieu et les dieux qui, par leurs pouvoirs célestes, sont capables d'habiter l'image.
((Long answer))
Non, l'image divine ou murthi, n'est pas un simple symbole du divin; l'effet est bien plus profond que cela. Toute la sainte cérémonie sert a rendre le murthi digne de la presence divine et, au point culminant du puja, Dieu ou le dieu vient littéralement, en son corps étherique, habiter dans l'image. C'est un évènement céleste et bien mystèrieux qu'on peut comparer à une conversation téléphonique. Lorsqu'on parle avec un être cher au telephone, on ne parle pas au telephone, bien sûr! Nous nous servons simplement du telephone--pour parler à un être--qui vit peut-etre à des milliers de kilomètres. Sans le téléphone, on ne peut pas franchir ces distances en un instant. Et sans l'image consacrée, on ne peut pas facilement franchir tout ce qui nous sépare ordinairement des autres mondes. On peut sentir et reconnaître la présence divine dans le murthi. Et le dieu, lui, peut s'en servir comme d'un corps physique temporaire, ou comme d'une conduite qui atteint notre monde et par quoi il nous innonde d'amour, de puissance, et de bénédictions. Lorsque nous grandissons en dévotion, nous apprenons à révérer l'image du dieu, parce que nous comprenons qu'elle est effectivement sa présence physique, qu'elle est le lieu dans ce monde où il se manifeste régulièrement à nous, et où nous pouvons facilement le contacter. Nous savons qu'il est présent et conscient dans cet objet pendant la sainte cérémonie, conscient de nous, de nos pensées et nos sentiments, et qu'il ressent même le toucher du prêtre sur la pierre ou le métal.
((Question and short answer 3))
Comment se prépare-t-on pour le puja? Avant d'aller au temple pour assister au puja, on s'apprête soigneusement. On se baigne, on met des habits propres, on se calme l'esprit, et on prépare une offrande.
((Long answer))
L'effet que produira notre visite au temple dépend autant d'une soigneuse préparation que de notre dévotion. Avant d'assister au puja, ou de le célébrer, on doit se baigner, se rincer la bouche, mettre des vêtements propres, bien repassés et préférablement, si la coutume locale le permet, des saris pour les femmes et vetti, ou dhoti, et châle blancs pour les hommes. On choisit et on prépare ensuite l'offrande. Si c'est l'heure du repas, on remettra celui-ci à plus tard. Tout pendant ces préparatifs, nous prenons soin d'éviter toute pensée indigne ou mondaine, nous occupant plutôt à chanter des mantra, des cantiques ou les noms de Dieu tout bas ou à haute voix. Le paramaguru Siva Yogaswami nous a enseigné: "Embrassez tout l'univers par vos pensées. Ne négligez jamais vos prières ou les pujas. La prière est aussi importante au développement spirituel que la nourriture au corps physique. La prière n'est pas une fin, c'est un moyen d'atteindre. Adorez Dieu sans rien réclamer. Adorez-le par amour pur d'abord. Ensuite, faites vos demandes".
((Question and short answer 4))
Que signifient les gestes et les paroles du prêtre? Le prêtre est un savant en matière de dévotion. Au moyen de mantras, de mudras, et de rites ésotériques, il sait invoquer la présence divine.
((bottom quotation))
A quoi bon les connaissances
Si elles n'ont pas mené aux saints pieds
de celui qui est la Connaissance même? Saint Tiruvalluvar
((Lesson#))
Leçon 17
((Lesson day))
Mercredi
((Lesson title))
--
((Lesson description))
Chaque geste et parole du prêtre a son sens ésoterique.((sugg. line breaks))
Outre les dévotions faites au temple,
nous célébrons le puja à lautel familial
tous les jours, et préférablement à l'aube.
((Lesson text))
((Long answer))
Dans le temple sacré, personne, autre que le prêtre qualifié, ne peut entrer dans le sanctuaire, toucher l'image divine, ou célébrer le puja. Le prêtre, à chaque geste qu'il fait, et à chaque parole qu'il prononce, doit suivre fidèlement les indications des Agamas, afin de tirer du puja toute sa puissance ésotérique. Pour se purifier avant de célébrer l'office divin, il accomplit scrupuleusement ses ablutions et certaines disciplines indiquées. Et puis c'est l'atmosphère du temple, et surtout celle du sanctuaire, qu'il purifie rituellement. Pour lancer le puja, il médite d'abord sur le Seigneur Ganesha et le prie d'enlever tout ce qui pourrait nuire à la communion entre les trois mondes. Puis il supplie le dieu à qui il a dédié la cérémonie de venir demeurer dans l'image, d'accepter les offrandes et l'amour des dévots, d'entendre leurs prières, et de répandre son amour sur eux et par le monde. Il offre des grains de riz, le feu de camphre, de l'encens, du vibuthi (saintes cendres), de l'eau, du kumkum, du turméric, des fleurs, et de divers aliments. Parfois il fait un abhishekam, cérémonie où on verse par dessus l'image du lait, de l'eau de rose, du yaourt, ou de la pâte de bois de santal. A certains moments du puja, on fait sonner de grosses cloches, et, s'il se trouve des musiciens spécialisés, on entendra aussi de la musique de trompette, de tambour, ou de nagasvaram. A tout moment, le prêtre honore et veille tendrement sur Dieu, le sert et lui rend hommage comme il convient au Roi des rois. La cérémonie terminée, le prêtre distribue aux fidèles le prasadam, ou une partie des offrandes que le dieu a acceptées et qui se trouvent, par ce fait, sanctifiées.
((Question and short answer 1))
Qu'est-ce qu'un archana? L'archana est un genre de puja où on prononce le nom du dévot devant le dieu pour invoquer une bénédication particulière et personnelle.
((Long answer))
On peut demander au prêtre de faire un archana à chaque fois qu'une situation pointe, ou qu'un évènement spécial s'annonce dans notre vie, et pour lesquels on aimerait recevoir la bénédiction du dieu. Cette demande se fait généralement au temple et tout de suite après le puja principal. Le dévot apportera souvent une offrande, des fleurs et des fruits, qu'on aura lavés et sur quoi on aura évité de porter le souffle, des saintes cendres, kumkum, encens, camphre, eau de rose, pâte de bois de santal, et une offrande en espèces destinée au prêtre--le tout disposé joliment sur un plateau. Le prêtre nous demande notre nom, notre nakshatra, c'est-à-dire: en quel jour du mois lunaire, ou sous quel signe de la lune, nous sommes né. Si nous ne savons pas, nous lui disons simplement notre signe du zodiaque, Capricorne, par exemple. Il nous demande enfin quel est notre gotra, le nom du rishi auquel notre famille s'associe. Les membres de l'Eglise saïvasiddhanta, s'ils ne possèdent pas d'autre gotra disent: Subramuniyagotra. Le prêtre, après avoir communiqué tous ces renseignements au dieu à haute voix, fait un puja écourté qu'il destine uniquement à la personne, famille, ou au groupe en question, pour invoquer une bénédiction spéciale. La cérémonie terminée, le prêtre rendra le plateau et la plupart des offrandes au fidèle qui les avait apportés. Gurudeva nous a dit: "Commander un archana et faire prononcer à haute voix notre nom, nakshatra, et gotra devant le dieu, c'est nous identifier à lui et le supplier de bien vouloir réviser nos karmas, passés et futurs, et les mettre suffisament au point pour que notre requête se manifeste correctement".
((Question and short answer 2))
Quelle est l'importance de l'autel familial? Chaque Sivaïte maintient chez lui un sanctuaire personnel ou familial qui est le c¦ur du foyer. C'est un prolongement du temple, une demeure pour le dieu que nous adorons, et pour les devas gardiens des membres de la famille.
((Long answer))
Tout foyer sivaïte gravite autour du sanctuaire familial, une pièce mise à part où on cultive une ambiance semblable à celle du temple. C'est là que les membres de la famille célèbrent le puja, lisent les écritures saintes, accomplissent leur sadhana. C'est là qu'ils méditent, qu'ils chantent des bhajans et répètent leur japa. Dans le sanctuaire familial bien entretenu, on peut nettement sentir la présence de Dieu, et on ne peut s'empêcher de penser à lui, tellement l'ambiance y est très pure. Suivant la tradition, on célèbre le premier puja avant le lever du soleil (s'étant baigné auparavant) pour consacrer la nouvelle journée. Ceux qui y sont initiés, chantent le mantram gayatri. Mais on peut faire d'autres pujas à n'importe quelle heure de la journée. Ainsi, chez les familles pieuses, on se tourne vers Dieu régulièrement, au moins une fois chaque jour, souvent le matin et le soir, lui offrant fleurs, encens, et, avant nos repas, une partie de notre nourriture. Le dernier puja se déroule d'ailleurs généralement le soir juste avant le dîner. Cette cérémonie familiale est simple: on invoque le dieu, le plus souvent le Seigneur Ganesha, et on le supplie de se manifester dans le murthi et d'accepter nos offrandes ainsi que notre amour. Après l'arati, l'offrande de la lumière, on le prie de bien vouloir répandre sa grâce sur nous, notre famille, et tous les fidèles.
((bottom quotation))
Adorons le Souverain,
le Lumineux.
Svetasvatara Upanishad
((Lesson#))
Leçon 18
((Lesson day))
Jeudi
((Lesson title))
Les saintes Ecritures
((Lesson description))
Les enseignements éternels se contiennent tous
dans les Vedas, les Upanishads, et les Agamas.
((Lesson text))
((Question and short answer 1))
Quelles sont les plus anciennes écritures sivaïtes? Nos écritures les plus anciennes sont les Veda, composées il y a plus de 3 500 ans. Il existe quatre Vedas: le Rig, le Sama, le Yajur, et l'Atharva.
((Long answer))
Les Vedas, écrites en ancien Sanskrit, sont dites sruti, "révélées", c'est-à-dire qu'elles sont d'origine divine, révélées directment à l'homme par Dieu et les dieux. Il n'existe pas, en ce monde, d'écriture religieuse plus ancienne. Le paramaguru Siva Yogaswami nous a dit: "On peut arriver au sommet en grimpant pas à pas. Mais il est des êtres exceptionnels qui, à l'aide de sruti, guru, et perspicacité personnelle, s'envolent et montent comme des aigles".
((Question and short answer 2))
Qu'est-ce que les Vedas contiennent? Les Vedas contiennent deux genres d'écriture. On y trouve d'une part, de nombreux cantiques de louanges, de prières, ou d'invocations que les prêtres adressent aux dieux au cours des cérémonies védiques, et d'autre part, une série de dialogues où certains rishis font part à leurs disciples de leurs réalisations spirituelles.
((Long answer))
Chaque veda se divise en quatre sections: les samhita, les brahmana, les aranyaka, et les upanishad. Les trois premières sections consistent de cantiques, de directives pour bien les chanter, et de descriptions détaillées des nombreuses cérémonies et de leur sens mystique. L'influence de plusieurs traditions religieuses se dégage de ces sections. Ainsi, on y trouve des allusions non seulement à Siva, Muruga et Ganesha, mais à de nombreux autres dieux encore. La quatrième section est celle de la philosophie: les upanishads. Upanishad signifie: "S'asseoir avec dévotion près d'un être", soit près d'un guru qui répond aux questions de ses disciples et leur explique spontanément la nature de Dieu, de l'âme, et du monde.
((Question and short answer 3))
Quelle est l'écriture sivaïte fondamentale? Ce sont les Agama sivaïtes, ou Saïvagama , qui font autorité dans la religion sivaïte et qui l'expliquent toute entière. Elles sont, comme les Vedas, sruti, écritures révélées. Elles ont été rédigées en Sanskrit il y a plus de 2 000 ans.
((Long answer))
Il existe vingt-huit agamas en tout, qui décrivent la religion hindoue-sivaïte dans tous ses aspects. Chaque agama se divise en quatre sections: chariya, kriya, yoga, et jnana. La section chariya énumère les principes moraux et les pratiques religieuses que le dévot doit respecter dans sa vie ordinaire. La section kriya décrit tout ce qui concerne la dévotion et le temple, autant les convenances que respectent les prêtres et les dévots que les principes d'architecture, les règles sur l'installation du murthi ou l'aménagement d'un festival. Et c'est dans la section yoga qu'on trouve une description des huit yogas, du plus élémentaire au plus avancé: yama, niyama, asana, pranayama, pratyahara, dharana, dhyana, et samadhi. Et enfin la section jnana consiste en un exposé détaillé de la philosophie sivaïte, de Pati (Dieu), pasu (l'âme), pasam (le monde), et des rapports qui existent entre eux. C'est bien, en effet, toute la religion sivaïte qui se révèle grâce aux saintes Agamas.
((Question and short answer 4))
Pourquoi le Tirumantiram de Tirumular est-ils unique parmi les écritures sivaïtes? La qualité très spèciale du Tirumantiram est qu'il rend en un seul volume tous les enseignements essentiels des vingt-huit agamas. En particulier, les deux grands fleuves philosophiques, Siddhanta et Vedanta, se rencontrent et se réunissent en cette ¦uvre.
((bottom quotation))
J'accompagne ceux qui cherchent Dieu. ((sugg. line breaks))
J'accompagne ceux qui chantent ses louanges.
Le Seigneur bénit ceux qui le recherchent,
et je recherche, moi, leurs saints pieds...
Là où abondent les sages de Siva, le malheur ne peut plus empiéter,
Prospérité et bonne Fortune frappent aux portes,
et le pays devient un paradis.
Saint Appar
((Lesson#))
Leçon 19
((Lesson day))
Vendredi
((Lesson title))
-
((Lesson description))
En plus des srutis, les Sivaïtes vénèrent
le Tirumantiram, le Tirukkural, les cantiques devarams,
et les enseignements de leur guruparamparaï.
Pour nous, les Natchintanaï de Siva Yogaswami sont écriture sainte.
((Lesson text))
((Long answer))
Tirumular, le grand saint sivaïtem, était tout d'abord un yogi accompli, un être qui avait réalisé en lui-même les profondes vérités spirituelles. Et ce sont sur ses propres réalisations ainsi que sur les Agamas qu'il se base pour écrire son Tirumantiram. Ce sont tous les principes de la religion sivaïte qu'il articule clairement et succinctement, et de telle manière que nous pouvons aisément en tirer le sens pratique et appliquer à notre vie. L'ouvrage, en son essence la plus profonde, n'est ni un cantique de dévotion ni un exposé intellectuel. Il s'adresse à l'homme au-delà du c¦ur et de la raison, et se base plutôt sur la perspective du yoga, cette reine des sciences qui mène l'homme à se connaître lui-même, science que Tirumular expose et exalte tout au long de ses 3 000 versets. Ainsi le fidèle qui veut s'adonner à la sadhana et au tapas y trouvera tous les principes du sadhanamarga, le chemin par quoi on met les principes religieux activement en pratique en sa propre vie. Plutôt que d'écrire en Sanskrit, le langage religieux traditionnel, Tirumular composa ses vers en Tamoul, la langue courante de l'Inde du Sud. Ainsi, son ¦uvre réussit à mettre les grands enseignements éternels à la portée de tous. C'est pourquoi on appelle le Tirumantiram "l'agama tamoule". Il fait partie de notre Sainte Bible de la Religion hindoue-sivaïte.
((Question and short answer 1))
Quelle est l'importance du Tirukkural du saint Tiruvalluvar? Le Tirukkural se distingue comme la plus grande écriture de moralité du monde. On la considère le Dharmasastra tamoul.
((Long answer))
Le saint Tiruvalluvar a composé son Tirukkural il y a plus de 2 000 ans, ¦uvre qui expose, en forme de couplets lyriques, tous les principes de moralité dont on peut bien avoir besoin toute sa vie durant. Il comprend cent trente-trois chapitres de dix couplets chacun. Chaque chapitre dépeint une qualité ou un défaut humain, et chaque couplet est un aperçu sur cette qualité ou défaut, tellement tranchant le plus souvent, qu'il transmet en un instant une compréhension profonde et inoubliable. On peut bien dire que cette ¦uvre est la sainte écriture du chariyamarga. Le Tirukkural, ou "saint Kural", qu'on admire aussi en tant qu'¦uvre littéraire géniale, la plus grande en langue tamoule, fait partie de la Sainte Bible de la Religion hindoue-sivaïte. Le paramaguru Siva Yogaswamis nous a dit: "Apprenez à vous connaître. Vous n'avez pas à étudier. Pourtant l'étude est l'une des formes du yoga. Etudiez bien le Tirukkural".
((Question and short answer 2))
Y a-t-il d'autres écritures importantes à notre vie religieuse? Outre les écritures philosophiques et morales, nous tirons grand profit des enseignements écrits de notre guruparamparaï ainsi que des nombreuses ¦uvres de dévotions, dont les cantiques des quatre samayachariya: les saints Sambandar, Appar, Sundarar et Manikkavasagar.
((Long answer))
Les quatre saints--Sambandar, Appar, Sundarar et Manikkavasagar--ont tous vécu entre les VIIe et IXe siècles, lors de la grande renaissance sivaïte dont ils étaient en grand partie la cause. En bhakta exemplaires, qui ne vivaient que pour Dieu, ils pélerinaient constamment tout à travers le pays tamoul, visitant d'innombrables temples à Siva, et chantant les louanges des murthis qu'ils y trouvaient. Partout où ils passaient, par leur simple présence, par la qualité de leur dévotion, et par leurs belles chansons, qu'on a nommées depuis "cantiques devaram", ou simplement "les devarams", ces grandes âmes gagnaient tous les c¦urs sivaïtes. Notre religion ne consiste pas en une révélation fixe, ou figée une fois pour toutes. Ainsi, les écritures du guruparamparaï de Siva Yogaswami sont pour nous autant d'authentiques écritures saintes, qui font autorité dans notre vie religieuse quotidienne. Nous comprenons parmi celles-ci les Natchintanaï ("bonnes pensées") de Siva Yogaswami et les écritures de Gurudeva, Sivaya Subramuniyaswami.
((Question and short answer 3))
Quelle est la voie spirituelle que Siva Yogaswami préconise dans ses Natchintanaï? Notre paramaguru nous recommende vivement sivathondu et sivadhyanam, altruisme et méditation.
((Long answer))
Notre croyance en Dieu est absolument nécessaire, mais elle ne peut, d'elle-même, nous mener à la délivrance. Durant toute sa vie, et notamment dans les Natchintanaï, Siva Yogaswami enseigne les principes du sadhanamarga. C'est-à-dire que croyance et connaissance doivent être complémentées par le travail, la discipline, l'épanouissement personnel, la purification, et surtout: la transformation intérieure. Notre sadhanamarga consiste en partie à étudier et mettre en pratique les principes du Saint Kural, et suivre ce précieux mahavakiam de notre paramaguru: "demeure summa", sache rester tranquille, calme, silencieux et contemplatif. Il nous a enseigné encore: "Apprends à savoir qui tu es. Il faudra d'abord apprendre à te concentrer. Exerce-toi à te souvenir de Siva sans relâche, et à le trouver partout. Contemple sa forme, et fais ce qu'il demande. Transforme tout ce que tu fais en sivathondu. Renonce à l'égoïsme, et fais ton sivadhyanam. Si tu fais ça, tout s'accomplira bien pour toi".
((bottom quotation))
Ressemblance à Siva
provient de proximité de lui, et
communion avec lui.
Suprabhedagama
((Lesson#))
Leçon 20
((Lesson day))
Samedi
((Lesson title))
Les Saints, les Sages, et les Satgurus
((Lesson description))
Comme le chef de cordée qui mène au sommet,
le satguru nous mène à la Vérité.
((Lesson text))
((Question and short answer 1))
Qui sont les personnes saintes de la religion sivaïte? Dans la religion sivaïte, le terme "personne sainte" désigne l'être qui, grâce à ses dévotions et méditations, communie avec Dieu et les dieux. On en distingue trois catégories: le saint proprement dit, le sage, et le satguru.
((Long answer))
La religion sivaïte , à tout moment de son histoire, a été favorisée par l'existence de nombreuses personnes saintes. C'est l'une de ses plus grandes richesses. Nous disons qu'elles sont saintes à cause de leur grand amour pour Dieu Siva et les dieux, leur dévouement envers notre foi, et leurs profondes perceptions. Parce qu'il est extrêmement difficile d'être à un tel point dévoué, nous vénérons tout naturellement ceux qui ont ainsi gagné la grâce de Siva. Bien que nous ne les adorons pas au même titre que les dieux, nous portons envers eux de tendres sentiments, leur rendons hommage, et tâchons de nous laisser in