Chapitre Cinq
1. Notre Religion aujourd'hui
2. Les Symboles sacrés du sivaïsme
3. Les Fêtes et Festivals
4. L'Eglise saïva-siddhanta
Leçon 29
Lundi
Soirée en Famille
Gurudeva nous instruit sur le sivaïsme contemporain,
nos symboles, nos fêtes, et sur ce qu'est l'église hindoue.
Aspirant: Gurudeva, comment peut-on adapter le sivaïsme à notre vie de tous les jours?
Gurudeva: Nul besoin d'adapter: le sivaïsme est, de nature, parfaitement adapté à notre époque de technologie. Etudiez simplement ses enseignements, mettez-les en pratique, et voyez les beaux résultats.
Beaucoup d'Hindous essayent de vivre leur religion dans le passé, pensant que l'hindouisme appartient au passé, est un phénomène de l'histoire. Mais la religion est totatement inutile si on ne s'en sert pas activement dans le moment présent. Nous avons conçu ces leçons quotidiennes du Cours du Maître pour progressivement vous expliquer l'utilité du sivaïsme, et vous encourager à vous en servir librement pour améliorer votre vie de minute en minute, de jour en jour.
Aspirant: Est-ce que l'hindouisme se limite aux seul gens de l'Inde?
Gurudeva: Non, bien sûr. On trouve des Sivaïtes parmi tous les peuples et pays du monde.
La plupart des Sivaïtes habitent l'Inde, mais il y en a beaucoup d'autres ailleurs. L'hindouisme est la religion officielle du Népal, par exemple. Et à l'Ile Maurice, à Fiji, et au Sikkim, les Hindous sont en majorité. Notons par ailleurs, qu'hindouisme ou sivaïsme ne se confèrent pas uniquement à la naissance: on peut très bien s'y convertir plus tard, comme on a fait tout au long de l'histoire.
Aspirant: Quelle est la valeur des symboles sivaïtes?
Gurudeva: Les enseignes et symboles sivaïtes nous rappellent constamment les grands principes et vérités qui font notre foi. Ils sont énormément utiles pour enseigner la religion aux enfants, et comme motifs de décoration au temple, ou chez soi, au moment des fêtes et festivals. Mais surtout, nos symboles sont capables d'ouvrir les portes du Deuxième Monde, et spécifiquement, du paradis sivaïte.
Les grands portails d'or s'évanouissent, et nous nous trouvons dans le paradis sivaïte. C'était le moment magique de la mort. Maintenant que nous avons gagné cette région du Devaloka, nous pourrons facilement prendre naissance chez une famille sivaïte quand se terminera notre stage ici. Entre temps, tandis que nous nous reposons dans ce milieu céleste, nous pourrons poursuivre nos dévotions et continuer à nous instruire, notre évolution se poursuivant à merveille et sans interruption aucune. Réussir à entrer dans le paradis sivaïte, vraiment, cela mérite bien d'être poursuivi avec ardeur. Les graines de rudraksha, le tripundra et pottu, la sainte forme de Nandi, le Sivalingam et Nataraja sont autant de symboles qui ont le pouvoir d'ouvrir les portails du paradis lorsqu'on pense à eux avant de s'endormir, ou à l'heure de la transition où on abandonne le corps physique.
Aspirant: Y a-t-il des festivals qui ne se rattachent pas aux dieux?
Gurudeva: Oui, beaucoup. Les plus importants sont Dipavali, Thaï-pongal et Holi.
Pendant Dipavali (ou Divali), le festival des lumières du mois d'aïpassi en octobre/novembre, on célèbre la victoire du bien sur le mal, la puissance qu'a la lumière sur les ténèbres, la connaissance sur l'ignorance. C'est l'une des fêtes que célèbrent presque toutes les sectes hindoues, donc une occasion de marquer ce que nous avons en commun, collaborer, et faire avancer l'esprit de solidarité. Dipavali marque aussi le début de la nouvelle année financière, où on peut faire le bilan de l'année qui se termine, ou les budgets de celle qui commence. On célèbre souvent en donnant des vêtements neufs, et surtout en allumant d'innombrables petites lampes à huile dans la maison comme à l'extérieur. Thaï-pongal se célèbre le premier jour du mois de thaï, vers le 15 janvier. C'est un festival des récoltes où la communauté prie pour la prospérité. Holi est un festival de printemps qui célèbre la joie du renouveau pendant les derniers jours du mois de masi, février/mars. Elle se nomme aussi Kamadahan et commémore le jour où, selon la mythologie, Siva brûla Kama, le Dieu de l'amour et du désir. C'est une fête joyeuse où traditionnellement les jeunes jouent à se jeter les uns les autres des poudres de couleurs. Les fêtes et les festival occupent une importante place dans notre vie religieuse. Connaissez-les bien, et surtout leur sens.
O toi, flamme de grâce, aboutissement parfait,
Roi de tous ceux qui ont découvert la précieuse contemplation...
dont tu es la couronne... Toi, Siva,
Grand Dieu que j'ai saisi au-delà de la lumière,
vas-tu m'échapper encore?
Saint Manikkavasagar
Leçon 30
Mardi
Notre Religion aujourd'hui
Le sanatana-dharma est bien vigoureux
dans notre monde actuel.
Depuis quand est-ce que la religion sivaïte existe? En vérité, la religion sivaïte existe depuis toujours. Elle est la plus ancienne des religions du monde, la Foi éternelle, ou sanatana-dharma.
Le sivaïsme ne s'est pas établi sur Terre à un moment donné de l'histoire. Il existe depuis toujours au c¦ur de tout homme et de toute femme, dont il est la spiritualité innée. Il n'y a jamais eu un temps où les habitants de notre planète ne pratiquaient pas la religion sivaïte, n'adoraient pas Siva, le «Dieu de bon augure». Tous les enseignements profonds de cette religion éternelle--à propos de l'homme et de l'évolution qui l'éloigne d'abord de Dieu, et qui ensuite l'y ramène, à propos de la communion qu'on peut établir au temple avec les êtres très évolués des autres mondes, à propos de l'âme qui, guidée par ces mêmes êtres, s'épanouit progressivement, à propos du karma, du dharma et de la réincarnation--toutes ces précieuses connaissances n'on pas été rassemblées à une époque donnée afin d'être dissipées en une autre. La vérité, et le chemin qui nous y conduit, existent éternellement, sont vraies à toute époque, passée, présente, ou future.
Quelle est la tradition qui préserve aujourd'hui le sanatana-dharma tout entier? Le sanatana-dharma s'incorpore en sa totalité dans la saïva-siddhanta, telle que la présente saint Tirumular, dont la théologie embrasse à la fois Vedas et Agamas.
Toutes les religions du monde sont enfants et petits-enfants du sanatana-dharma, et préservent toutes plus ou moins de ses enseignements. Mais c'est l'hindouisme sivaïte, ou sivaïsme agamique, qui contient et préserve aujourd'hui le sanatana-dharma tout entier. C'est-à-dire que sur les six sectes qui constituent le sivaïsme, c'est la saïva-siddhanta qu'exposa saint Tirumular dans son Tirumantiram qui préserve le plus fidèlement le sanatana-dharma en sa totalité originelle, la même Foi éternelle qu'on trouve au c¦ur des Upanishads védiques et des Agamas.
Comment definit-on la théologie du sivaïsme? La religion sivaïte est unique en ce fait que Dieu y est à la fois manifeste et non manifeste, et que la réalité y est à la fois dualiste et non dualiste. Sa théologie se nomme «théisme moniste».
Le sivaïsme n'est ni panthéiste, ni polythéiste, ni monothéiste. Si l'on doit la classifier, ce sera par le terme «théisme moniste». Le monisme, par opposition au dualisme, dit que la réalité est un tout indivisible, dont aucun élément n'existe indépendemment de la totalité. Et le théisme consiste de la croyance en un Dieu, et en des dieux, qui sont à la fois omniprésents et transcendants. L'adepte sivaïte est moniste parce qu'il croit en une Réalité unique avec laquelle l'homme existe en union advaïtique, ou non dualiste. Il est théiste parce qu'il croit en un Dieu qui est Seigneur personnel et omniprésent en ce monde, aussi bien qu'en l'existence des dieux, ou mahadevas. Ainsi le sivaïsme englobe autant le dualisme que le monisme, autant le Vedanta advaïtique que le Siddhanta dvaïtique. Cette doctrine réunie s'appelle parfois suddha-saïva-siddhanta. Le paramaguru Siva Yogaswami nous a enseigné: «Le Sivathondan montrera le chemin par la clarté de son amour, et par ses savants exposés sur la nature de la realité qui révèleront que Vedanta et Siddhanta ne sont pas deux chemins divergeants, et qu'ils sont, en effet, deux perspectives sur un seul Etre unique et lumineux.»
Quel rapport y a-t-il entre le sivaïsme et le reste de l'hindouisme? Le sanatana-dharma, qu'on nomme aujourd'hui hindouisme, se compose de trois sectes principales: le sivaïsme, le vishnuisme, et le shaktisme. Il y a des milliers d'années, le sanatana-dharma n'était autre que le sivaïsme. Au cours de l'histoire, les autres sectes ont évolué, et le monde les appelle aujourd'hui collectivement: hindouisme.
Le sivaïsme est le précurseur de la religion polyforme qu'on nomme aujourd'hui hindouisme. Il était un temps où il n'existait pas de distinctions de secte; il n'existait que le sivaïsme. Aujourd'hui les trois sectes, sivaïsme, vishnuisme, et shaktisme, sont autant de profondes divisions qui promulguent des croyances à un tel point divergentes qu'on peut bien dire qu'il s'agit de trois religions indépendantes et autonomes. Cependant, ils ont toujours beaucoup en commun, dont les Vedas, par exemple, qui font autorité dans chacune des trois sectes, et les croyances qu'ils partagent: en la réincarnation, le karma, et l'existence des devas et mahadevas.
((the two parts of lesson 30 break off here in the original. In the French, of course, they dont need to break off at this same point.))
De même que la fumée et les étincelles se soulèvent du feu...
ainsi toute connaissance et toute sagesse est le souffle de l'Eternel.
Le Rig-Veda, le Yajur-Veda, et les autres sont ce Souffle. Brihadaranyaka Upanishad
Leçon 30 ((second part))
Mardi ((but not mentioned in the original part II of lesson 30))
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Première leçon à deux pages, où nous apprenons
le rapport entre sivaïsme, autres sectes hindoues,
et autres religions, et où nous voyons
qui sont les Sivaïtes d'aujourdh'ui.
Quelle est l'attitude sivaïte envers les autres religions? Bien que le sivaïsme et les autres religions diffèrent considérablement dans leurs croyances, le Sivaïte respecte et encourage tous ceux qui adorent Dieu et les dieux.
Toute pratique religieuse a comme objectif de rapprocher l'homme de Dieu, et par conséquent, le Sivaïte ne cherche jamas à intervenir entre aucun dévot et sa foi. Nous croyons qu'en toute religion la loi divine se manifeste, et qu'il n'y a pas de voie spirituelle qui soit exclusivement correcte, ou que tout homme doive poursuivre. Toute voie spirituelle est bonne et valable. Mais ce n'est pas dire que les religions soient identiques. Elles demeurent, en effet, bien différentes, et nous estimons que la nôtre est la plus grande de toutes, la religion primordiale. Gurudeva nous a enseigné: «Les Sivaïtes, habitant maintenant les quatre coins du monde, vivent parmi les adhérents d'autres religions, et collaborent avec eux, sans être influencés outre mesure par leurs croyances. Et, en tout pays, on connaît aujourd'hui les lois du karma et de la réincarnation, et on sait bien que le Sivaïte est celui qui adore Dieu Siva. Le Sivaïte poursuit donc son chemin tranquillement, s'addonnant à ses pratiques religieuses et à sa sadhana, sans se préoccuper à dresser des frontières mentales pour interdire l'accès ou signaler les différences. Il trace plutôt un grand cercle d'amour qui inclut le monde entier et tous les êtres. Il sait au fond de lui que le Dieu de toutes les religions n'est autre que Dieu Siva, celui dont on s'approche en dévotion, et en qui on trouve soulagement, courage et joie.»
Où habitent les Sivaïtes d'aujourd'hui? Il existe plus de trois cent millions de Sivaïtes à présent. La plupart vivent en Inde, bien sûr, mais il y en a aussi dans d'autres pays, et parfois en nombres considérables..
La plupart des Sivaïtes vivent en Inde, ce bastion de la religion sivaïte, et depuis cinq mille ans, notre Terre Sainte. Mais il se trouve des Sivaïtes dans presque tous les pays du monde, et surtout au Népal, à Sri Lanka, en Birmanie, à Bali et autre îles d'Indonésie, en Malaysia, en Australie, en Afrique, à l'île Maurice, à l'île de la Réunion, en Europe occidentale, aux îles de la Trinité-et-Tobago, au Canada, en Guyanne, aux Etats-Unis d'Amérique, au Moyen-Orient, et bien d'autres pays encore. La religion sivaïte est extrêmement riche en ressources, comprenant universités, collèges, hôpitaux, ashrams, adhinams, imprimeries, lieux de pélerinage, pour n'en nommer que quelques unes. Aujourd'hui nous trouvons des temples à Siva non seulement en Inde et à Sri Lanka, mais dans de nombreux pays où ont immigré les âmes sivaïtes. Outre ces ressources physiques, la religion sivaïte possède d'immenses richesses artistiques et intellectuelles, notamment en peinture, en sculpture, en architecture, en philosophie, et en érudition générale. Vraiment, notre religion est bien la plus riche de toutes.
Comment la religion sivaïte s'adapte-t-elle à notre époque de technologie? Les vérités profondes demeurent éternelles et immuables. Mais les formes extérieures de la pratique religieuse évoluent avec le temps. La religion sivaïte cherche à préserver ses traditions tout en s'adaptant aux changements socio-économiques qu'entraîne l'époque de technologie.
Le sivaïsme est orthodoxe et conservateur, mais il fait preuve en même temps de souplesse et de comprehension. Il est à la fois le plus rigoureux des chemins spirituels et le plus indulgent. Gurudeva nous a enseigné: «La religion sivaïte a servécu toutes les époques humaines parce qu'elle a toujours su s'adapter aux exigences du moment, en même temps qu'en son for intérieur, elle persistait soigneusement dans ses dévotions et continuait à préserver les valeurs éternelles. La forme extérieure que prennent nos occupations mondaines n'altèrent nullement le caractère de la poursuite spirituelle. La religion sivaïte soutient et enrichit tout homme, qu'il soit paysan, marchand, ouvrier d'usine, programmeur, ou dirigeant d'une grande entreprise. Dieu Siva, l'Omniprésent et le Transcendant, possède toutes les ressources propres à instruire l'homme à remonter aux sources. Bien que cette époque de technologie produise bien des changements et des nouveautés dans tous les domaines humains, il faut dire pourtant que ce ne sont pas des changements très profonds. L'homme moderne, en son essence, ressemble parfaitement à ses ancêtres, et ses pratiques religieuses sont, dans leur essence, identiques aux leurs. L'âge de technologie, pour celui qui pratique la dévotion et poursuit le saïva-dharma, ne change en rien les rapports qu'il entretient avec frères et s¦urs, parents, kulamguru, satguru, et Dieu et les dieux. Le saïva-dharma n'a pas changé. Il est le même aujourd'hui que depuis toujours.»
Il est l'Ancien qui créa,
il y bien longtemps et dans un ordre divin,
les êtres de ce monde et des autres...
Les six doctrines ne recherchent que les pieds
du même Dieu primordial et sans second.
Et lui il les comble toutes sans distinction. Saint Tirumular
{Note: under Pranava Aum, please be sure to put the Tamil symbol for Pranava Aum in the empty space between commas.}
{ Note: under Svastika, please enlarge the cross (+) in the text by a few points}Leçon 31 ((part one))
Mercredi
Les Symboles sacrés du sivaïsme
Parmi les innombrables symboles de notre religion,
nous en étudions ici vingt-quatre.
Pranava-Aum
Le Pranava-Aum désigne nada, le son primordial, le son imprégné de silence d'où provient toute la création. C'est en honneur du Seigneur Ganesha, qui s'identifie au Pranava-Aum, qu'on inscrit toujours celui-ci dans sa forme abrégée, , au haut des pages écrites.
Svastika
La svastika, ou croix gammée, est le symbole de la bonne fortune et du bon augure. Le mot même, svastika, signifie «c'est bien» en Sanskrit. La croix simple, + , représente le monde matériel, ou microcosme, que l'on peut comprendre directement par la raison ou l'intellect. Les bras à angle droit, par contre, représentent le monde spirituel qu'on connaît indirectement par intuition.
Sivalingam
Le plus ancien des symboles de Dieu Siva, le Sivalingam, consiste en une colonne de pierre dont la forme est indéfinie, la forme sans forme qui indique Parasivam, qu'on ne peut ni décrire ni représenter. La colonne même du lingam symbolise Siva en sa Réalité non manifeste, tandis que le yoni, la base dans laquelle il s'encastre, symbolise sa Shakti manifeste.
Tripundra et pottu
Le tripundra est le mieux connu des symboles sivaïtes. Il consiste de trois lignes parallèles qu'on dessine sur son front avec du vibhuti, saintes cendres qui représentent la pureté. Les trois lignes symbolisent l'anéantissement par le feu du triple lien d'anava, karma, et maya. Le pottu, point rouge qu'on met au milieu de la ligne inférieure, ou entre les sourcils à l'endroit du troisième ¦il, stimule notre sens du discernement.
Ankusa
L'ankusa, l'aiguillon que Ganesha tient généralement en sa main droite, sert à repousser les obstacles de notre route, grâce qu'il accorde lorsque le moment est propice dans le contexte de notre karma et dharma. L'ankusa est aussi la force de la crainte, qui sert à éloigner toute chose de nous. Ganesha se sert de son ankusa pour réveiller et faire marcher l'âme engourdie.
Tiruvadi
Les sandales que porte le satguru représentent ses saints pieds, ou tiruvadi, qui sont la source de sa shakti, sa grâce. Nous nous prosternons devant le satguru, et l'obéissons soigneusement. Nous adorons les saints pieds afin d'être délivrés de notre bassesse. Vraiment, la grâce abondante provient des tiruvadis.
Naga
Le naga, ou cobra, est le symbole de la kundalini qui sommeille sur les pétales du chakra muladhara. Naga inspire le fidèle sivaïte à ne pas s'attarder sur le chimin spirituel, et à s'évertuer à élever la kundalini, cette puissance spirituelle qu'il porte en lui, jusqu'aux sommets de l'union mystique en Parasivam. Le capuchon royal du cobra indique que toute âme sivaïte est de souche noble, et qu'elle se destine à retrouver son identité et son héritage véritables.
Nandi
Nandi, un énorme taureau blanc à la queue noire, dont le nom signifie «le joyeux», est le vahana du Seigneur Siva. Il est à la fois le dévot parfait, l'âme délivrée, vivant en communion avec Siva, son maître. Il est dharma, le symbole de la pureté, du dévouement, et de la sagesse. Il est la puissance et la joie de la religion sivaïte. Il ne porte jamais que le Seigneur Siva.
Leçon 31 (( This is Part 2 of that lesson))
((none is written on this page of the english version))
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Le symbole détient une vaste connaissance,
qu'il communique, silencieusement,
en atteignant l'être à ses differents niveaux.
Vel
Le vel, la lance du Seigneur Muruga, dont la pointe est large, longue et tranchante, nous rappelle que connaissance et discernement spirituels doivent être également larges, profonds, et perçants. Le Shakti-vel est l'ennemi mortel de l'arrogance et la bassesse humaines. Mais, pour l'âme mûrie, ce même vel est l'appui sûr et constant, le refuge dans l'adversité.
Kalasa
Le Seigneur Ganesha peut se représenter par un kalasa, qui se compose d'une noix de coco écalée qu'on pose, entourée de cinq feuilles de manguier, sur un pot. La noix de coco est sacrée au Seigneur Ganesha. Et lorsqu'on la brise à l'autel, on brise symboliquement le moi, la fierté, les préjugés et les craintes, pour révéler la blanche et douce chair de notre nature spirituelle.
Vata
Le vata, ou banian, est un symbole très ancien de la religion sivaïte, du sanatana-dharma. Cet arbre magnifique s'étend dans toutes les directions, puise sa substance par de nombreuses racines, étale largement son ombre rafraîchissante. Et le tout dépend d'un tronc unique et puissant. Vata nous rappelle que c'est à son ombre que Siva en forme de Dakshinamurthi enseigne, par le silence, l'éternelle sagesse.
Mayil
Le paon magnifique, Mayil, est le vahana du Seigneur Muruga. Il est le tueur des serpents, vif comme Muruga lui-même dont la grâce anéantit toutes nos bassesses. Mayil est beau et majestueux comme son maître. Il symbolise la force de Muruga à dompter le moi, la fierté, et la vanité.
Rudraksha
Les Sivaïtes estiment beaucoup les graines de rudraksha qui représentent pour eux les larmes de compassion que verse le Seigneur Siva pour l'humanité. Ils les portent toujours en souvenir de son amour intarissable. Tout Sivaïte pieux répète le panchakshara-mantram, Aum Namasivaya, et porte tripundra et rudrakshas.
Seval
Le Seigneur Muruga vainquit l'asura Surapadman et, de son Shakti-vel, le trancha en deux. Une moitié de son corps se transforma en le magnifique Mayil, et l'autre en seval, ou coq de combat, gros et rouge. Le Seigneur Muruga mis ce dernier sur son étendard, où il chante depuis lors pour annoncer l'aube de la sagesse.
Trisula
Le trisula, ou trident du Seigneur Siva, est le sceptre royal du saïva-dharma. Ses trois pointes représentent les trois shaktis--iccha, kriya, et jnana (désir, action, et sagesse)--par quoi Siva régit les trois mondes selon sa loi de dharma.
Mushika
Mushika, la souris, est le vahana du Seigneur Ganesha et le symbole même de l'abondance. C'est elle qui emporte la grâce de Ganesha dans tous les coins et recoins de l'esprit. Elle est omniprésente et toujours à l'¦uvre. Pourtant elle ne fait aucun bruit et se laisse rarement remarquer. C'est pourquoi on la compare à la grâce invisible qui influe constamment dans nos vies.
Leçon 32 ((This is part one of #32))
Jeudi
Symboles et Festivals
Les symboles sivaïtes transmettent la connaissance,
et nous ouvrent les portails des mondes intérieurs.
Kamandalu
C'est dans le kamandalu que le sannyasi porte son eau. Il est donc le symbole du sannyasi, de sa vie simple qui se suffit a elle-même, et de son serment de ne rechercher que Dieu Parasivam. Le sannyasi tient aussi le danda, ou bourdon, symbole de la sadhana et du tapas qui l'accompagnent partout.
Trikonam
Le trikonam, ou triangle, est un symbole qui, comme le lingam, représente Dieu Siva en son Etre absolu. Il représente l'élement le feu, et par conséquent, l'ascension spirituelle et la délivrance.
Bilva
Le fruit, la feuille, et la fleur de l'arbre bilva sont tous sacrés à Siva, qui porte une couronne de ses fleurs en sa chevelure. Il est méritoire de planter des bilvas autour du temple et de chez soi, car ils sanctifient l'endroit où ils se trouvent. Traditionnellement, on adore le Sivalingam par l'eau et les feuilles de bilva.
Shadkonam
Le shadkonam, ou étoile à six rayons, qu'on trouve dessinée sur les yantra de Muruga, se compose de deux triangles superposés. Celui dont la pointe est en haut représente Siva en tant que feu. Celui dont la pointe est en bas représente Shakti en tant qu'eau. Les deux, s'unissant, conçoivent le divin Enfant, Muruga, dont six est le nombre mystique.
Konraï
Les grappes de fleurs dorées du konraï, dont Dieu Siva porte une guirlande autour du cou, représentent sa grâce ruisselante comme le miel. Au Tamil Nadu, ces fleurs font, depuis toujours, partie des rites aux temples à Siva. Et on y fait souvent allusion dans les cantiques devarams.
Homa
Le homa, ou âtre sacré, est le symbole des rites védiques, dont beaucoup se célèbrent encore aujourd'hui. C'est par l'élement, le feu, que nous transmettons nos offrandes spéciales aux dieux. Et c'est devant ce même homa que le mariage sivaïte se solennise.
Kuthuvillaku
La lampe à huile, ou kuthuvillaku, que l'on allume au temple ou au sanctuaire familial, sert à créer une ambiance pure et sereine. Nous respectons le kuthuvillaku sacré, symbole du divin que chez nous, nous ne permettons jamais de s'éteindre.
Mangkolam
Le mangkolam est un motif qui s'inspire de la mangue, fruit qui symbolise le Seigneur Ganesha, et que celui-ci tient souvent dans la main. Par ses couleurs vives, sa forme unique, sa saveur et son parfum exquis, la mangue est le plus estimé des fruits, et symbolise la joie qu'apportent les poursuites terrestres légitimes. Le Seigneur Ganesha est le protecteur des arts--c'est peut-être pourquoi les artistes aiment se servir du mangkolam comme motif.
Leçon 32 ((this is the second part of lesson 32))
((There is no day written in on this part of the lesson in the original))
Les Fêtes et Festivals
Chaque fête et festival est une occasion
d'intensifier notre vie spirituelle.
Quel est le jour saint de la semaine Hindoue? Le vendredi est le jour saint où l'Hindou tâche de s'adonner diligemment au jeûne, à la dévotion, et à la méditation.
Nous célébrons le vendredi, le jour de la semaine qui est sacré et de bon augure. En ce jour, nous intensifions nos pratiques religieuses, et surtout notre sadhana. Nous adorons Siva-Shakti en forme d'Ardhanarisvara, puisant librement à son intarissable shakti, pour y trouver la force de faire face à la nouvelle semaine. Le vendredi, nous allons au temple, ou bien nous célébrons un puja spécial chez nous. Nous nettoyons et garnissons l'autel familial, faisons nos prières, notre japa, et étudions les saintes écritures. Le jeûne est pour nous une discipline habituelle, et nous jeûnons toujours le vendredi, ne prenant que fruits, jus de fruit, et lait. Après 18h, nous faisons notre repas comme d'habitude. Le vendredi, dans la plupart des temples, on célèbre des pujas spéciaux et de nombreuses archanas pour ceux qui recherchent quelque appuis divin. Le vendredi pour autant, n'est pas un jour de repos, et nous poursuivons nos occupations habituelles.
Combien de fêtes ou de festival y a-t-il au calendrier sivaïte? Nous célèbrons fidèlement chaque année neuf fêtes principales en honneur de l'un ou l'autre des dieux, deux en honneur du guru, et plusieurs autres qui se célèbrent chez soi.
Pendant l'année, les Sivaïtes célèbrent neuf fêtes ou festivals en honneur de l'un ou l'autre des dieux: Maha Sivaratri, Ganesha Chaturthi, Navaratri, Skanda Shasti, Sivalaya Dipam, Vinayaga Viratam, Markali Pillayar, Tiruvembavaï, et Thaï Pusam. Nous rendons hommage au satguru deux fois l'année, le jour de son anniversaire, ou Jayanthi, et pendant Guru Purnima. Nous participons aussi au festival annuel qui se célèbre au temple de chaque communauté sivaïte et qui dure généralement dix jours. Il y a, enfin, d'autres fêtes importantes qu'on célèbre chez soi, dont Dipavali, Thaï Pongal, et Holi.
Qu'est-ce que Maha Sivaratri? Pendant Maha Sivaratri, la plus grande nuit de Siva, la plus profonde et sacrée des fêtes sivaïtes, nous exaltons le Seigneur Siva, Source et ultime Essence de tout ce qui est.
Maha Sivaratri se célèbre le treizième jour de la lune décroissante de massi, en février/mars. Elle est la plus sacrée des fêtes sivaïtes, et l'occasion en même temps de discipline et de réjouissance. Nous jeûnons toute la journée et toute la nuit, ne prenant que fruits et lait. Nous veillons toute la nuit, à faire japa, prières, méditations, à chanter les louanges de Dieu Siva, raconter ses exploits et sa gloire. On chante à plusieurs reprises le Sri-Rudram et les 1008 noms de Siva. Et surtout, on profite de cette occasion pour redoubler de dévouement envers lui. On offre au Sivalingam des feuilles de bilva, du lait, de l'eau, et autres substances pures et précieuses. Et puis, on le garnit de guirlandes de rudrakshas et de fleurs. A 4h nous terminons la célébration et le jeûne.
Qu'est-ce que Ganesha-Chaturthi? Ganesha-Chaturthi est l'anniversaire de Ganesha.
L'anniversaire du Seigneur Ganesha se célèbre le jour de chaturthi, ou le quatrième jour après la pleine lune d'avani, au mois d'août/septembre. On embellit le temple et l'autel familial de feuilles de bananier, de canne à sucre et de guirlandes de feuilles de manguier, lui donnant ainsi l'aspect et l'ambiance d'une petite forêt. On apporte des offrandes de fruits et de sucreries, surtout des boulettes de modakam, que l'on place à l'entrée du sanctuaire de Ganesha. On lui offre des pujas spéciaux du matin au soir, et souvent même une procession aux alentours du temple. Chaque année, on se munit d'une statue de Ganesha en terre molle, dont la taille peut varier, et qu'on installe chez soi. On lui offrira des pujas pendant une période de deux à dix jours avant la fête. Et puis, le soir de la fête, on emporte la statue à la mer, à la riviere, au lac, ou au reservoir du temple, pour la submerger et la laisser cérémonieusement se dissoudre. Il est de bon augure de se réjouir et de prier ce Seigneur des obstacles de nous accorder réussite et abondance dans toutes nos entreprises.
Offrandes de parfums, de fleurs, d'encens, de lampes et de fruits,
telles sont les cinq opérations du puja traditionnel
qui culmine par l'offrande des lampes.
Kamika-Agama
Leçon 33 ((this the first part of this lesson))
Vendredi
Les Fêtes et Festivals
Le calendrier sivaïte indique les jours et les nuits
où, parce que les dévots se rassemblent,
nous pouvons redoubler d'enthousiasme religieux.
Qu'est-ce que Navaratri? Navaratri est l'une des plus sacrées des fêtes hindoues-sivaïtes, la plus importante après Maha Sivaratri. Ce jour-là, nous adorons Dieu Siva en sa forme de Parashakti.
On marque Navaratri (qui signifie «neuf nuits») pendant le neuf nuits qui suivent la nouvelle lune de puttathi, en septembre /octobre. On y adore Siva en sa form de Parashakti, Mère universelle, avec pujas, bhajans, et prières. Tandis que la fête de Maha Sivaratri rend hommage à Parasivam non manifeste, Navaratri, elle, célèbre la Shakti manifeste, ou Energie manifeste de Siva, inséparable de lui, la moitié dite «féminine» du Divin. Sans Siva, elle n'a pas d'existence. Et, sans Shakti, Siva demeure transcendant, silencieux, et non manifeste. Siva et Shakti ne font qu'un, éternellement conjoints, indissolubles, en union mystique perpétuelle. Pendant la Navaratri, nous adorons Parashakti en ses trois aspects. De même que Brahma, Vishnu, et Rudra ne sont autres que trois aspects du Dieu unique, de même Sarasvati, Lakshmi, et Durga sont trois aspects de Shakti, et donc de Dieu Siva. Nous dédions les trois premiers jours de Navaratri à Durga, que nous prions de bien vouloir nous conférer la force, la santé, et l'anéantissement de nos impuretés. Pendant les quatrième, cinquième, et sixième jours, nous adorons Lakshmi et la prions d'apporter en nos vies beauté, abondance, et tranquillité. Et enfin, on dédie les septième, huitième, et neuvième journées à la déesse Sarasvati, qu'on supplie de nous accorder les hautes qualités qui se manifestent en érudition, en art et culture. A la dixième journée de Navaratri, qui se nomme Vijaya Dasami, on se réjouit de la Verité et du Bien universels triomphants. Il est de très bon augure, en ce jour, de lancer de nouvelles entreprises et projets, surtout dans le domaine de l'éducation.
Qu'est-ce que Skanda-Shasti? Skanda-Shasti est un festival qui gravite autour du temple et commémore la victoire que le dieu Skanda remporta sur Surapadman, soit la victoire du bien sur le mal.
On célèbre Skanda-Shasti (shasti signifie «six») pendant les six jours qui suivent la nouvelle lune du mois d'aïpassi, en octobre/novembre. On marque chacune des six journées en allant au temple pour y participer aux festivités, aux processions, et aux pujas. On offre ses dévotions et prières au Seigneur Muruga en sa forme de Skanda, qui combattit le démon Surapadman pendant six longues journées, et qui le mis enfin à mort au soir du dernier jour. C'est pourquoi ce festival se termine en une fougue d'activités, le sixième soir commémorant la victoire que remportent la lumière et le bien sur les ténebres et le mal. On peut y voir des batailles simulées entre Skanda et Surapadman, celui-ci finissant toujours par être immolé par le feu. En ce jour, nous intensifions notre méditation et cherchons la grâce du Seigneur Muruga, qu'il nous aide à être délivrés de l'égoïsme, la fierté, et la vanité.
Qu'est-ce que Sivalaya-Dipam? Sivalaya Dipam est une fête joyeuse on l'on adore Dieu Siva en sa forme de lumière divine, resplendissante et infinie.
Sivalaya-Dipam, qui se nomme aussi Kartikaï-Dipam, se célèbre le jour de la pleine lune de kartikaï, en novembre/decembre. C'est pendant cette fête
que nous rendons hommage au lingam infini de lumière en quoi s'était manifesté le Seigneur Siva. Brahma et Vishnu tâchèrent d'en sonder la profondeur et la hauteur, mais en vain. Au soleil couchant, on allume de nombreuses bougies et lampes qu'on dispose dans chaque pièce de la maison et surtout aux fenêtres. Et puis, on célèbre un puja spécial avec japa et bhajan.
Qu'est-ce que Vinayaga-Viratam? Vinayaga-Viratam est un festival pour le Seigneur Ganesha qui dure vingt et un jours.
Le festival de Vinayaga-Viratam commence six jours après la nouvelle lune de kartikaï, en novembre/decembre. Pendant ces vingt et un jours, dans tous les temples à Ganesha, on célèbre des pujas spéciaux, et on raconte des histoire du Vinayaga-Puranam. Nombreux sont les dévots qui font v¦u (viratam signifie «v¦u») d'assister au puja au temple de Ganesha pour chacun des ces vingt et un jours, et ne prendre que le repas du soir pendant ce temps.
Tu es la région céleste et ses habitants.
Tu es le c¦ur des Vedas et de ses chants.
Tu es la lettre, le chiffre, et les sept mers.
Tu es notre Dieu, et les yeux qui savent te voir.
Tu es la terre, la lumière et l'obscurité.
Saint Appar
Leçon 33 ((second part of this lesson))
((no day is written on this part of the lesson in the original.))
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A l'occasion des grands jours,
les Sivaïtes du monde entier
se rendent au temple ou au sanctuaire familial
pour y célèbrer en simplicité ou en grandeur.
Qu'est-ce que Markali-Pillaïyar? Markali-Pillaïyar est un festival en honneur du Seigneur Ganesha qui se célèbre chez soi. Il dure un mois.
C'est en hiver surtout que, depuis toujours, l'humanité célèbre et fête le Seigneur Gahesha. Pendant le mois de markali, de la mi-décembre à la mi-janvier, nous vénérons le Seigneur Pillaïyar, le noble Enfant. Nous lui offrons nos dévotions, prières, et la répétion de ses noms. Pendant ce mois qui marque la période la plus spirituelle de l'année, on nettoie sa maison chaque jour, on s'efforce de méditer avec diligence, surtout entre 4h et 6h du matin, et on profite de cette série de jours propices pour inaugurer toute nouvelle sadhana, discipline spirituelle, ou pratique religieuse.
Qu'est-ce Tiruvembavaï? Tiruvembavaï est un festival qui dure dix jours et qui honore Siva-Nataraja.
Le festival de Tiruvembavaï se célèbre pendant les dix jours qui précèdent la pleine lune du mois de markali, en décembre/janvier. On marque cette importante fête de Nataraja par des pujas et des abishekams dans tous les temples à Siva. Et à 4h du matin à l'autel familial, on chante ou on récite les beaux cantiques mystiques de saint Manikkavasagar, les Tiruvembavaï. Chaque jour du festival, ou tout au moins pendant le dernier jour, les jeunes filles de la communauté vont au temple en petits groupes pour prier que les pluies soient abondantes, que le pays prospère, qu'elles soient elles-mêmes douées d'amour constant pour Siva, et qu'elles trouvent à épouser un ardent bhakta de Siva.
Que sont Jayanthi et Guru-Purnima? Au jour de Jayanthi, nous célébrons l'anniversaire de notre Gurudeva. Et au jour de Guru-Purnima, nous rendons hommage à tous les grands précepteurs spirituels, et surtout à notre satguru.
Nous célèbrons Jayanthi chaque année pendant toute une semaine. Le jour même de Jayanthi, nous faisons un puja spécial avec abishekam aux pieds de notre satguru. S'il n'est pas présent en sa forme physique, nous offrons notre amour et révérence aux tiruvadis, les sandales sacrées qui le représentent. Semblablement, nous rendons hommage au satguru lors de la Guru-Purnima qui se célèbre le jour de pleine lune (ou purnima) du mois d'adi, en juillet/août.
Qu'est-ce que Thaï-Pusam? Thaï-Pusam est un festival qui commémore le jour ou le Seigneur Muruga fut accordé le Shakti-vel.
Thaï-Pusam se célèbre le jour de la pleine lune de thaï, en janvier/février, une fête pittoresque qui commémore le jour ou le Seigneur Muruga reçut le Shakti-vel de la part de Parvati. C'est en ce même jour que Siva Nataraj fit une danse pour édifier les saints Viyagrapadar et Patanjali, les dieux, et les trois milles prêtres brahmanes de Chidambaram. On marque cette fête autant dans les temples à Muruga qu'en ceux à Siva.
Je te salue, Éclat infini.
Je te loue, Toi qui es l'eau, la pluie, le vent, l'éther.
Je te salue, Toi qui crée toutes le âmes, et demeure l'Incrée.
Je te salue, Toi qui es l'apogée de toutes les âmes...
Envers Celui qui contient en lui les chants et les sacrifices védiques,
le vrai et le faux, la joie et le chagrin, l'uni et le désuni,
l'attache et la délivrance, le commencement et la fin,
envers Celui-là, nous chantons nos louanges.
Saint Manikkavasagar
Leçon 34
Samedi
L'Eglise saïva-siddhanta
Qu'est-ce que l'«église» dans l'hindouisme contemporain?
Quelle est la mission de l'Eglise saïva-siddhanta?
Qui sont ses membres?
Qu'est-ce qu'une eglise? Nous nommons «église» tout organisme dont l'objectif est d'offrir régulièrement des cérémonies religieuses à ses fidèles.
Le terme «église», comporte un sens assez large qui ne se limite pas à une seule religion. Souvent, par exemple, on appelle église tout bâtiment consacré aux cérémonies religieuses, qu'elles soient bouddhistes, hindoues, chrétiennes ou autres. Le terme provient originellement du grec ekklelsia , «assemblée», deuxième sens qu'église porte toujours. Mais il y a d'autres sens encore. En tout, nous en comptons cinq: 1) le bâtiment où se font les dévotions religieuses, 2) l'ensemble des dévots, 3) le clergé, 4) l'organisme dirigeant d'une société religieuse, ou 5) son système d'administration. Dans son sens le plus large, donc, une église est une société de dévots qui partagent une même façon de penser, et qui collaborent à réaliser, individuellement et en commun, certains objectifs spirituels.
Quel rôle l'église joue-t-elle? Toute église est chargée de protéger et propager la foi qu'elle représente. A cette fin, elle subvient aux besoins spirituels de ses fidèles, et forme un clergé, qu'elle ordonne parfois.
L'existence de toute église provient tout d'abord de l'association d'individus pieux qui--et voici l'idée importante--partagent les mêmes croyances. Le double objectif de cette assemblée est de préserver leurs traditions et leur foi, et de pourvoir à leurs propres besoins. Ce sera généralement un clergé qui se chargera de préserver et enseigner la théologie, tandis que les membres laïques et le clergé, ensemble, partageront la charge de subvenir aux autres besoins des fidèles. Pour accomplir cette tâche, ils font causeries et sermons, organisent des cérémonies religieuses, portent conseil aux jeunes, aux gens mariés, et à tout fidèle qui en éprouve le besoin. Ils instruisent les enfants en matières religieuses et laïques, entreprennent certaines missions, et organisent des ¦uvres sociales et culturelles. Il se peut que l'église possède et administre des écoles, hopitaux, séminaires, asiles pour les gens âgés et les orphelins, et autres institutions utiles ou nécessaires. C'est en établissant, et parfois en gérant, ces institutions que l'église assiste et éclaire ses fidèles dans les quatre aspects de leur vie: le spirituel, le culturel, le social, et l'économique.
Qu'est-ce que les membres d'une même église partagent en commun? Les membres d'une même eglise partagent les mêmes croyances--qui, en général, sont écrites en un crédo, et en une affirmation de la foi--se vouent aux mêmes écritures saintes, participent aux mêmes cérémonies religieuses, et reconnaissent la même autorité ecclesiastique.
L'église est un groupement de dévots qui partagent les mêmes croyances, les mêmes pratiques, en un même sentiment de fidélité envers ce qu'ils considèrent sacré. Les membres connaissent et vénèrent les mêmes écritures saintes, et vivent selon le même credo. Chacun s'entretient avec Dieu au moyen des rites et pratiques consacrées de son église. Et enfin, chacun se fie à la même autorité qui se manifeste par la même hièrarchie ecclesiastique.
Comment adhère-t-on à une église? Après avoir suffisamment étudié le catéchisme, le crédo et la structure de l'église en question, on peut choisir de s'y associer formellement par une cérémonie de confirmation.
Avant d'adhérer à l'église, il faut d'abord faire partie, bien sûr, de la religion qu'elle représente. Le plus souvent, on exige que le candidat s'instruise au préalable en matière de la religion et de l'église auxquelles il désire s'associer. Ainsi l'église s'assure-t-elle que tous les fidèles continueront à partager les mêmes croyances et mêmes façons de penser. L'étude se concentre ordinairement sur le catéchisme, le crédo, et l'affirmation de la foi, c'est-à-dire sur les doctrines principales de l'église--ce qu'elle enseigne à propos de Dieu, de l'âme, du monde, etc. Le candidat doit aussi parfois étudier l'histoire et la structure administrative de l'église. Souvent, une fois son étude terminée, il devra confesser sa foi devant une assemblée des dévots, déclarer qu'il épouse les croyances indiquées dans le catéchisme et le crédo, et promettre d'être fidèle à l'église, à ses membres, et à son clergé. C'est alors qu'on accepte le candidat et qu'il devient membre confirmé.
L'Omniprésent qui demeure au c¦ur de tous les êtres,
déversant généreusement de sa grâce,
leur accorde enfin la délivrance
en tournant leur regard vers lui-même. Svetasvatara-Upanishad
Leçon 35
Dimanche
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Notre Eglise, dont le c¦ur se situe à Hawaii, USA,
rend humblement service, ci et là dans le monde,
à tout chercheur et adepte hindou.
Qu'est-ce que le nom «Eglise saïva-siddhanta» signifie? Le nom provient du sanskrit, et se traduit ainsi: Eglise de l'Enseignement révélé par Dieu Siva.
Notre Eglise se nomme «saïva-siddhanta» parce qu'elle se fonde sur la théologie agamique saïva-siddhantine qu'a promulgée saint Tirumular, la théologie que nous cherchons à préserver et propager. On pourrait traduire Eglise saïva-siddhanta en tamoul par «saïva-siddhanta Tiruchabaï». Ce dernier mot correspondant à «église», et comprenant à la fois l'idée d'un bâtiment consacré, d'un organisme religieux, et d'une assemblée de dévots.
Qu'est-ce que le Kauaï-adhinam? Le Kauaï-adhinam est un monastère sivaïte, et le c¦ur de l' Eglise saïva-siddhanta.
Le Kauaï-adhinam se situe sur l'île de Kauaï, au nord-ouest de la chaîne hawaiienne. Comme tout monastère sivaïte, celui-ci fut fondé par le guru d'une lignée spirituelle reconnue, en ce cas: par Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami en 1970. Il habite toujours ce monastère, et y établit le temple Kadavul en l973. C'est ici que fonctionne le corps ecclésiastique de l'Eglise, qui se compose de Gurudeva et du saïva-swami-sangam, les swamis ou prêtres ordonnés qui ont prêté serment pour la vie. C'est en parfaite unanimité, toujours, qu'ils administrent en matière d'enseignement, de publications, de théologie, de doctrines et lois ecclésiastiques, et qu'ils protègent la foi et veillent à ce qu'elle demeure pure. Le site qu'occupe Kauaï-adhinam, les Hawaiiens l'appelaient Pihanakalani, ou terre imprègnée des cieux. Il était pour eux alii, lieu royal. Il surplombe le fleuve sacré, le Waïlua, Gange d'Hawaii qui va se jeter dans la mer six kilomètres plus loin. L'île de Kauaï se situe à 163 kimlomètres ouest de Honolulu et à 4300 kilomètres ouest des Etats-Unis métropoles.
D'ou proviennent l'autorité spirituelle de l' Eglise saïva-siddhanta, et les enseignements qu'elle propage? L'autorité spirituelle de l' Eglise saïva-siddhanta, et ses enseignements proviennent du prestigieux guru-paramparaï de Siva Yogaswami, lignée légitime de siddhars dans la tradition sivaïte.
La puissance spirituelle dont jouit l' Eglise saïva-siddhanta a été transmise à Gurudeva, Sivaya Subramuniyaswami le jour où il a été ordonné par Siva Yogaswami. L'Eglise est vouée à disséminer les enseignements et réaliser les objectifs de cette lignée spirituelle.
Quelles sont les trois catégories de membres de l'Eglise? Il y a trois niveaux de membres au sein de l'Eglise saïva-siddhanta: le membre associé, le membre préparatoire, et le membre confirmé.
Toute personne qui n'a pas l'intention de se faire membre confirmé, ou qui s'apprête à devenir membre préparatoire, peut être membre associé de l'Eglise. En cette qualité, on reçoit tout ce que publie l'Eglise, et on peut participer à certaines de ses nombreuses activités. La personne qui devient membre préparatoire s'apprête, sous les auspices de l'Eglise, à devenir membre confirmé, en étudiant le saïva-dharma en profondeur, et en pratiquant diligemment sa religion. La catégorie de membre confirmé se réserve aux dévots animés d'ardeur religieuse qui ont fait preuve de leur dévouement. Ils sont admis par une cérémonie de confirmation. Lorsque plusieurs membres confirmés s'associent, il établissent une mission de l'Eglise, ou même une saïva-dharmasala, s'ils établissent en même temps diverses institutions religieuses. Missions et saïva-dharmasalas sont administrées, d'une part, par un conseil des ministres, composé de membres élus, et d'autre part, par une société des anciens, les deux dirigeant la mission par l'unanimité. C'est ainsi que les membres confirmés de l'Eglise collaborent avec les saïva-swamis au profit de leur religion, à enseigner ses préceptes et, en tant que ministres et missionnaires laïques, à conseiller les autres membres de l'Eglise.
Les quatre voies divines
et leur degrés d'illumination correspondants,
les six écoles de Vedanta et Siddhanta,
Nandi les révéla tous pour édifier l'humanité
et la délivrer de l'incertitude.
Saint Tirumular
Chapitre Six
1. Première croyance, à propos de:
Dieu en tant que Réalité non manifeste
2. Deuxième croyance, à propos de:
Dieu manifeste, ou Amour omniprésent
3. Troisième croyance, à propos de Dieu:
Le Créateur, notre Seigneur personnel
Leçon 36
Lundi
Soirée en Famille
Ou Gurudeva nous aide à comprendre par l'intuition
les trois perfections de Dieu.
Aspirant: Gurudeva, l'expérience de Satchidananda nous semble parfois bien proche. Comment peut-on la saisir?
Gurudeva: Vous pouvez--en ce moment-même--toucher le Soi de vous en calmant le chitta, la substance mentale, par le pranayama.
L'esprit, dans son état naturel, ressemble à un lac parfaitement tranquille. Les ondulations qui apparaissent à la surface sont les karmas, les bons et les mauvais, les heureux, les malheureux et les mixtes. On peut, dans l'état de méditation, temporairement calmer ces karmas, ne serait-ce qu'un instant, et éprouver Sat (le vrai et le pur) Chit (substrat ou substance de l'esprit) Ananda (béatitude). C'est ainsi qu'on connaît le Dieu Siva en sa perfection deuxième. Essayez de sentir, de vraiment sentir, sa présence dans toute chose. Essayez à n'importe quel moment, de trouver un endroit où il n'est pas. Prouvez à vous-même que Dieu Siva existe bien partout. Cela vous donnera confiance et courage. Il ne suffit pas de simplement lire ces grandes vérités, il faut arriver à s'impressionner soi-même, convaincre son esprit subconscient, pour anéantir les incertitudes qui demeurent encore, même après l'étude intellectuelle. Vous verrez alors très clairement et sans plus aucun doute possible, qu'assurément Dieu Siva existe bien en vous, et que vous existez bien en lui.
Aspirant: Pourquoi est-ce que je ne peux pas voir l'Ame primordiale?
Gurudeva: C'est par le troisième ¦il que vous pouvez jouir de son darshan. J'ai pu voir Dieu Siva quatre ou cinq fois, dans mes méditations, dans son corps de lumière parfait. On ne peut jamais oublier une telle vision. Elle devient même de plus en plus vivante, à mesure que passent les années.
Quand il voudra se révéler à vous en son corps de l'Ame primordiale, il le fera. Pour vous préparer à cette expérience, exercez-vous à calmer l'esprit et à demeurer dans l'état de Satchidananda. Oui, c'est bien vrai: la nôtre est une religion qui se base sur l'expérience vécue. Ainsi, j'ai conçu ce Cours du Maître pour rendre l'esprit réceptif à cette expérience personnelle qu'est le darshan de Dieu Siva et celui des autres dieux. Bientôt, you saurez sans plus aucun doute que Dieu Siva existe au-delà de la forme, et pourtant qu'il possède la forme, et en même temps qu'il imprègne toute forme. Vous saurez qu'il est en même temps le Créateur et la chose créée.
Aspirant: Est-ce qu'on parle des trois perfections de Dieu Siva dans les Vedas?
Gurudeva: Ah oui, les trois perfections sont décrites dans de nombreux passages desVedas, et aussi des Agamas.
Les Vedas décrivent Dieu Siva en tant que Créateur de l'univers (créant par émanation), Dieu qui pense, qui agit, qui cause, qui aime l'être qu'il a créé, et qui est éternellement uni à lui. Dans cet aspect, il est le Dieu personnel, Mahesvara, que dans les Vedas on nomme parfois Pasupati. Ailleurs, c'est Satchitananda qu'on décrit, ou Dieu en tant qu'Energie pure, la Sakti, la Conscience ou le Substrat sur lequel se joue le drame de l'existence. Ailleurs encore, les Vedas nous enseignent que Dieu est le Brahman absolu, Celui qui n'est «neti... neti...», qui n'est pas ceci, et pas cela non plus, qui n'a pas de forme, de temps ou d'espace, qui est au-delà de l'existence. Ici, il s'agit de Celui que les Agamas nomment: Parasivam. Oui, il y a bien longtemps que ces enseignements on été inscrits au c¦ur des Vedas, des Agamas, et de nos Tirumuraï.
La naissance, la vie, et l'anéantissement du monde,
l'obscurcissement et la délivrance de l'âme--
toutes ces choses, et toutes leurs causes et
leurs conséquences, toutes,
doivent être attribuées à lui...
Ce sont les cinq activités de sa Danse de tandava...
Tout ce qui est, mobile ou immobile,
est à la fois Siva et sa Puissance.
Mrgendra-Agama et Raurava-Agama
Leçon 37
Mardi
Croyance hindoue sivaïte 1
A propos de Dieu
en tant que Réalité non manifeste.
Qui est-ce que le Seigneur Siva? Le Seigneur Siva est Dieu, l'Etre suprême et incréé, qui existe éternellement en trois perfections: Réalité absolue, Conscience pure, et Ame primordiale.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: L'Unité universelle c'est Siva. Ce qui n'a ni nom ni lieu, c'est Siva. La splendeur qu'on nomme Om, c'est Siva. Ce qui n'a pas de forme, c'est Siva. Ce qui est Vérité, c'est Siva. J'ai perçu la Vérité divine qui transcende tous les principes de la manifestation. Le sage Chellappa m'accorda la perception yogine par quoi je puis voir, éternellement établie au c¦ur du silence, l'essence de la Réalité. Fini les chagrins. Fini les joies. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Le Seigneur Siva, Dieu, ne fut jamais créé. Il existe depuis toujours. Et c'est lui qui a tout créé, y compris l'âme individuelle de chacun. Parasivam est sa perfection première et non manifeste. Satchidananda est sa perfection seconde, infinie, omniprésente, existant au c¦ur de toute action et particule de la Création. Et l'Ame primordiale est sa perfection troisième, notre Seigneur personnel, et Souverain des trois mondes. Lorsqu'on prie Dieu Siva, on peut se le représenter en forme de Sivalingam, de Nataraja, au d'Ardhanarisvara, ce dernier étant Siva-Sakti, ou la Substance première qui comble toute forme. Il est réconfortant de penser que le Seigneur Siva est notre divin Père-et-Mère, le créateur de notre âme. C'est dire à quel point il est proche de nous, et avec quel amour il veille sur nous, notre Seigneur Siva, le Grand et l'Unique. Vraiment, de telles qualités ne peuvent appartenir qu'à Dieu.
Pourquoi dit-on que Parasivam, la perfection première de Dieu Siva, est Réalité absolue? Dieu Siva est Réalité à la fois non manifeste et manifeste. Parasivam est la Réalité non manifeste, ou Etre absolu de Dieu, qui se distingue de ses deux autres perfections qui sont manifestes et participent à la forme.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: La Vérité est Une. Le reste n'est qu'illusion. On trahit la Vérité dès qu'on cherche à l'exprimer. Que voulez-vous que je vous dise? Il vous faut l'éprouver vous-même. Et c'est encore une erreur de s'exprimer ainsi. Comment peut-on décrire ce qui ne change jamais et est au-delà de la connaissance? Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Dieu Siva, voyez-vous, est absolu; il est la Réalité même. Pour découvrir Dieu Siva en sa perfection et sa Réalité ultimes, le yogi plonge dans les profondeurs de la contemplation. A mesure que, dans son esprit, se soulèvent les pensées et les idées qu'il s'est faites à propos du monde et du Dieu qu'il recherche, il se répète: «neti... neti... Non, ce n'est pas cela... et ce n'est pas cela non plus...» Sa conscience, à force de discipline, se calme, s'élargit, et devient Satchidananda. En cet état béatifique, le yogi existe partout, et en toute forme. Mais il n'oublie pas que son objectif est encore au-delà de sa béatitude, et il continue à se dire: «...neti...neti... non, ce n'est pas le Cela que je cherche...» Il se sert de mantra, de tantra, et d'une volonté invincible, jusqu'à ce que les derniers effets de la forme, du temps, et de l'espace se calment, et enfin disparaissent. Le yogi, en un profond état de nirvikalpa samadhi, se fond en Parasivam. Tels sont les mystères de notre grand Dieu Siva.
Le Soi est le Seigneur de tous les êtres,
Roi de l'existence.
De même que les rayons de la roue
se maintiennent par le moyeu et la jante,
de même tous les êtres, les dieux, les mondes,
toutes les vies, se maintiennent dans le Soi...
Ainsi le sage doit-il désirer vivre dans cette connaissance
et la considérer comme son unique refuge.
Brihadaranyaka-Upanishad
Leçon 38
Mercredi
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(( Belief 1))
Je crois en Dieu, Siva,
dont l'Etre absolu,
Parasivam,
transcende le temps, l'espace, et toute forme.
Que signifie le mot sanskrit «Parasivam»? Para signifie «suprême». Parasivam est donc Siva en son aspect le plus haut, son aspect ultime.
((Long answer))
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Personne ne peut convenablement décrire la Vérité. Même le grand Sankara n'y est pas arrivé. Si on dit Dieu existe, c'est faux. Si on dit Dieu n'existe pas, c'est également faux. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Parasivam est le Soi de Dieu Siva, son Etre non manifeste et absolu. Ce n'est qu'en union mystique qu'on peut le connaître, et, une fois connu, on ne peut jamais l'expliquer. Tel est le grand mystère qu'ont réalisé les yogis, les rishis, les saints, et les sages à travers les millénaires. Parasivam comble toute chose. Il est ce en quoi rien n'est absent. Il faut s'unir en lui en union mystique pour le connaître, cependant il n'existe pas, mais semble exister, et encore: l'existence même, tous les états d'esprit, et toutes les expériences possibles ne pourraient être, sans cette Realité ultime de Dieu Siva. Le chemin qui mène au sommet, c'est la science yogine qui le révèle, mais une fois l'objectif atteint, on devient cet objectif même, et on sourit, satisfait, sachant le secret, le secret sacré--Parasivam, le Soi Dieu au-delà de l'esprit. J'ai expliqué un jour, il y a des années: «Imaginez qu'au dessus de vous, il n'y ait rien. Qu'en dessous de vous, il n'y ait rien. A votre droite, rien. A votre gauche, rien. Devant vous, rien. Derrière vous, rien. Puis, fondez-vous, disparaissez, dans ce néant. Voilà l'explication idéale de la «réalisation» du Soi. Et cependant, ce néant n'est pas l'absence de quelque chose, un manque, comme le vide d'une boîte vide qui serait une lacune. Ce néant est au contraire la plénitude de toute chose, la force, la puissance qui soutient l'existence de tout ce qui est, ou paraît être...» Vraiment, un Dieu tellement souverain est bien l'Absolu.
Est-ce que Parasivam transcende le temps, l'espace et la forme dans les trois mondes? Oui. Dieu, l'Absolu, existe au-delà du temps, de l'espace, et de toute forme. Et puisque les trois mondes existent dans le temps et l'espace, il les trancende tous.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Siva Peruman est la Realité au-delà de toute dualité. Je me réjouis de penser que lui et moi, nous sommes inséparablement et à tout jamais unis. Il est au-delà de la naissance et de la mort, il transcende à la fois le temps et l'absence du temps. Il est éternel et immuable. Prendre conscience de ce qui est en nous et ne dépend pas de la forme, c'est atteindre le noyau de toute forme. Tout ce que nous éprouvons d'éphémère, est inséparable de l'Eternel. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Dieu Siva, existant là où il n'y a plus de forme, donne sa permission à la forme d'exister, parce qu'il existe dans cet état primordial, parce qu'il a toujours existé, exalté, en tant que Realité non manifeste. De telles hauteurs, on ne peut escalader par nos esprits limités, et même le plus fin des intellects ne pourra expliquer. On ne pourra jamais non plus décrire la qualité subtile de la béatitude qu'on éprouve après la réalisation de Parasivam, le Soi-Dieu. Est-ce que le feu peut se décrire? Est-ce que l'eau peut expliquer le feu? Est-ce qu'une goutte de pluie peut se séparer du lac où elle s'est fondue? Est-ce que le yogi peut parler de son experience ineffable? Aucune description n'est à la hauteur de définir Cela, à propos de quoi on ne peut pas dire qu'il existe, ni qu'il n'existe pas. Il sera toujours un secret sacré, ne sera jamais connu que de celui qui est arrivé à connaître. Vraiment, un Dieu à ce point sublime est bien notre grand Dieu Siva.
Le Transcendant a deux aspects:
l'un est le Son absolu (Sabdabrahman),
et l'autre est l'Absolu suprême (Para),
qui est celui que nous appelons Siva...
à cause de sa suprématie qui découle de
sa nature qui transcende esprit et parole.
Ajita-Agama
Leçon 39
Jeudi
Croyance hindoue sivaïte 2
A propos de Dieu manifeste,
ou Amour omniprésent
Est-ce que la conscience divine emplit tous les espaces et tout ce qui existe? Oui, l'esprit, ou la conscience, de Dieu Siva est cosmique. C'est-à-dire qu'elle existe partout en même temps, en chacun des trois mondes.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Si vous restez tranquille, vous le connaîtrez. Dieu est Amour. Dieu est Vérité. Dieu est tout ce qui existe. Dieu est partout. Dieu est comme l'océan et les vagues. Dans cet océan, il y a toutes sortes de poissons. Ils ne peuvent pas exister hors de cet océan. Même un grain de sable est comblé de présence divine. On ne pourra jamais sonder cet océan. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: L'esprit, c'est conscience, c'est connaissance. Autour de Parasivam rayonne éternellement la première manifestation de l'esprit: la superconscience, la connaissance infinie. Dieu Siva jouit d'une parfaite connaissance en son esprit superconscient qui est tout-amour, éternellement constant, infini. Il connaît toutes ses créatures, autant dans leur aspect superficiel que dans le plus profond. Son esprit exalté est superconscient, omniprésent, et infini. Son Etre existe en toute forme, vivante ou inerte, en même temps, partout, autant en cet univers-ci que dans tous les autres. Nos esprits limités ne pourront guère saisir ces idées--à moins qu'on ne se soit perfectionné en chariya, qu'on ait maîtrisé kriya, et escaladé les hauteurs de yoga. Ce n'est qu'après ces démarches préliminaires que le yogi, dans son état exalté, arrive à entrevoir, momentanément, l'état de conscience constant et infini de Dieu Siva. Ce Satchidananda ne connaît aucune borne, n'a ni commencement ni fin. Tout ce qui existe est en Satchidananda; et Satchidananda est en tout ce qui existe. A vrai dire, Satchidananda est l'esprit du Seigneur Siva. Ah, vraiment! Une intelligence tellement vaste doit bien être celle de notre Grand Dieu.
Pourquoi disons-nous que Dieu Siva, en sa deuxième perfection, est Amour omniprésent? Nous disons qu'il est omniprésent, ou immanent, parce qu'il existe en toute chose, et qu'il est proche, non pas éloigné, de l'homme. Nous disons qu'il est Amour parce qu'il est, en sa perfection seconde, le plus exalté des phénomenes, irradiant l'affection, la compassion, et la bienveillance.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: L'Amour, c'est Kadavul. L'Amour, c'est le monde. L'Amour, c'est tout ce qui vit. L'Amour, c'est toute chose. C'est l'Amour qui se manifeste en forme de création et de dissolution. Qui peut dire les merveilles et les mystères de l'Amour? Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Dieu Siva aime. La Conscience pure, ou Intelligence infinie, existe dans l'etat de Chit. La Connaissance pure ne perçoit pas de chose seconde, ne s'oppose à rien, n'établit de rapport avec personne, avec rien. Pourtant elle communie avec tout être et toute chose constamment et simultanément. Cet état de connaissance constante est Amour. Il n'est pas facile de comprendre un tel Dieu d'Amour, en tant que deuxième perfection de son Etre, mais essayons quand-même. Asseyez-vous, et soyez tranquille quelques instants. Puis, sentez, identifiez, la vie de votre corps. Elle vit bien, cette vie, elle préserve, elle est aimée. Si nous devions dire sa qualité essentielle, nous aurions à dire que c'est Amour. Dieu Siva est proche de nous, plus proche encore que notre vie. Il aime son dévot, son enfant. Il est notre Mère qui embrasse tendrement nos égratignures. Il est notre Père, qui nous élève, qui est parfois sévère, afin de discipliner nos élans instinctifs et intellectuels. Un tel amour ne peut provenir que de Dieu. Un tel Dieu d'Amour ne peut être, en vérité, que notre Dieu suprême et infini.
Comme le toucher est dans le vent,
comme le sucre est dans la canne,
comme le beurre est dans la crème,
comme le jus est dans le fruit,
comme le parfum est dans la fleur,
ainsi, mon Seigneur est en toute chose,
lui, l'Omniprésent...
Saint Tirumular
Leçon 40
Vendredi
--
Je crois en Dieu, Siva,
qui est Amour omniprésent,
Substrat universel, Substance première, et
Conscience pure qui court par toute forme.
Que signifie le terme «Conscience pure»? Nous nommons «Conscience pure» l'état de conscience originel, non-différencié, totalement et uniquement conscient de lui-même. Il se nomme encore: Existence pure, Connaissance pure, et Béatitude pure, est indépendant de toute pensée, transcende les limites du moi, et se manifeste en lumière, énergie, et connaissance divines.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Nous saluons l'Absolu! Nous saluons Sadasiva! Nous saluons cet Etre dont la forme est conscience! Je l'ai perçu, cet Etre unique qui existe partout et en toute chose. Il emporta sur-le-champ toutes mes incertitudes et mes inquiétudes. Il est partout dans l'univers, et dans chaque être vivant. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: La conscience, dans son état impur, c'est-à-dire quand elle participe à la dualité, se limite. Elle se limite à ne percevoir que ces portions d'elle-même dont elle a voulu se voir séparée. Dieu Siva est Conscience pure, tandis que toutes les âmes qu'il a créées vivent dans une conscience limitée. Elles devrons passer par plusieurs stades de l'évolution pour enfin arriver à entrevoir, simplement entrevoir, ce Satchidananda, cette Conscience pure, qui est la Conscience de leur Dieu. Telle est l'évolution de l'âme, et tel est son objectif. Le sceptre qui se lève et proclame la Loi, c'est la puissance serpentine qui s'élève et soulève l'esprit hors de l'état de conscience dualiste pour le transporter enfin dans l'état de Conscience pure, le saint et pur esprit divin. Voilà ce qui se passe chez le yogi qui, inébranlable en son samadhi, retourne à sa Source. Tel est le mystère de notre Dieu Siva.
Que veulent dire «Substrat universel» et «Substance première»? Ces termes tentent de décrire ce que peut bien être cette «présence» universelle de notre Dieu Siva qui est le terrain spirituel, ou l'essence ultime, de tout ce qui existe, et sans quoi rien ne subsisterait. Cette omniprésence divine se nomme aussi: Silence, Existence, Amour, Puissance, Conscience.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: L'¦il ne peut pas le voir, et pourtant, c'est la Chose qui cause l'¦il à voir. L'esprit ne peut pas le concevoir, pourtant c'est la Chose qui cause l'esprit à concevoir. Cette Chose, c'est l'Etre primordial qui n'a ni passé ni avenir. Le fruit, le jac, est énorme, cependant il tient à l'arbre par une queue très fine. Sa ténacité provient d'une force inhérente à la queue. De même, le monde entier et toutes ses activités ne tiennent qu'à une énergie infiniment subtile. Il n'importe guère ce qu'on nomme cette énergie «Dieu» ou autre. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Les trois mondes, et tous les êtres qui les peuplent, arrivent à communiquer et à communier entre eux grâce à l'omniprésence de Dieu manifeste. Dieu est à jamais présent par tous les trois mondes, et s'il devait, par quelque moyen mystique que même nos écritures sivaïtes n'on jamais conçu, ôter son omniprésence de l'un au l'autre des trois mondes, ils s'évanouiraient dans l'instant. C'est lui, la force qui préserve tout l'univers. C'est lui, l'Etre qui l'emplit et le comble tout entier. Vraiment, une telle toute-puissance ne peut appartenir qu'à notre grand Dieu Siva.
Au moment de la Création, le Grand Seigneur,
pensant à l'accomplissement du destin des hommes,
établit une Conscience immaculée consistant
de son Expansion dans les cinq directions.
A partir de cette Conscience, il créa huit
grands Seigneurs dont les noms furent les sons
qui lui étaient inhérents.
Mrgendra-Agama
Leçon 41
Samedi
Croyance hindoue sivaïte 3
A propos du Créateur,
notre Seigneur personnel
Pourquoi dit-on qu'en sa perfection troisième, Dieu Siva est Ame primordiale? «Ame primordiale» signifie Ame originelle, ou première. Le Seigneur Siva est l'Ame universelle et éternelle qui ne fut jamais créée, et qui créa toutes les autres âmes.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: De même qu'il n'y a qu'une seule âme dans le corps d'un individu qui le fait marcher, parler, et dormir, de même tous les mouvements du monde sont la danse du Seigneur... Siva suprême, tu as le pouvoir d'accomplir toute chose. Tu fais preuve de plus d'amour envers moi que mon père et ma mère. Tu es l'Ame de mon âme, c'est certain. Pour toi, il n'y a ni commencement ni fin. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: La simple vérité est que Dieu Siva existe. Nous n'avons pas à nous évertuer à expliquer son existence, ni à convaincre qui que ce soit. Sachez tout simplement que dans l'évolution de chaque être, il viendra un moment où il saura aussi ce que vous savez déjà. Connaître Dieu, c'est le connaître dans ses trois perfections. Et le connaître en tant qu'Ame primordiale, Créateur de toutes les âmes, c'est le connaître aussi intimement que ne le connaît le yogi qui l'aperçoit brièvement en sa perfection de Satchidananda, et aussi pleinement que le yogi accompli qui se fond en Parasivam, Dieu au-delà de toute notion de temps, d'espace, ou de cause. Vous aussi, vous pouvez connaître Dieu--dès aujourd'hui. Vous existez en son image. Vous lui ressemblez parfaitement. Aimer Dieu, c'est le connaître. Connaître Dieu, c'est sentir l'amour qu'il a pour vous. Ce Dieu à la compassion infinie veille avec autant d'amour sur nous et les menus détails de nos vies que sur cet immense univers. Vraiment, notre Seigneur Siva est Dieu, l'Unique et sans second.
Que signifie le terme «Siva-Sakti»? Sakti signifie puissance, force, ou énergie. Le Seigneur Siva, en son aspect de force génératrice, se nomme donc Siva-Sakti.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Le Dieu qui veille sur toute la Création, est aussi mon Dieu, à moi. Celui qui accorde largement sa grâce à ceux qui font preuve de foi, celui qui est la Vérité que connaissent les sages et dont ils chantent les louanges, celui qui est le Dieu de Vedanta et de Siddhanta, c'est le Dieu qui se nomme Siva, éternellement uni à Sakti, l'autre moitié de lui-même, le Dieu qui nous préserve, notre Père et notre Mère. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Si est la Réalité non manifeste de notre Seigneur, tandis que Va est son énergie manifeste, sa conscience, sa Sakti. Ainsi le nom Siva comprend à la fois Siva et Sakti, Père et Mère, Siva-Sakti. Siva est le nom de notre Seigneur affectueux et intime qui nous éduque tandis que nous grandissons sous les rayons de son amour infini. Et vous, vous êtes un prince ou une princesse du royaume de Siva. Vous êtes aimé, comme l'est l'enfant obéissant qui revient, revient toujours, en courant auprès de ses parents. Vous, l'être tendrement aimé du Seigneur Siva, Si-Va, revenez vous réfugier dans les bras grands ouverts de l'amour. Ce sont ces qualités profondément humaines que nous trouvons en Siva-Sakti. «Eminence... majesté... souveraineté...»: ces mots exaltés sont encore bien pauvres pour dire la puissance et l'éclat de Dieu Siva en ses trois perfections. «Siva-Sakti... Auteur de la Connaissance... Architecte de la Forme...»: l'esprit mortel peut-il saisir une réalité aussi vaste? Oui vraiment, c'est un Dieu grand à ce point, qui est cependant notre Seigneur personnel et intime.
Resplendissant, existant très proche,
agissant dans le c¦ur, grand,
soutenant toute chose,
c'est en lui que l'univers tournoie--
tout ce qui remue, respire, et clignote.
Connaissez Celui qui à la fois possède la forme
et n'a pas de forme, ultime objet de nos dévotions,
le Très-haut, au-delà de l'esprit
et de la conscience.
Mundaka-Upanishad
Leçon 42
Dimanche
--
Je crois en Dieu, Siva,
Ame primordiale et omniprésente,
Mahadeva suprême, Siva-Sakti,
le Créateur, Préservateur, et Destructeur
de tout ce qui existe.
Pourquoi dit-on que Dieu Siva est le Mahadeva suprême? Maha signifie «grand», et deva signifie «être lumineux». Les «grands êtres lumineux» sont les dieux, âmes vivant dans leur corps causal au Troisième Monde. Parmi eux, Siva est suprême.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Notre Père, qui exécute la danse éternelle, et que cependant même Brahma et Vishnu ne connaissent pas, il fit de moi son disciple... Qui est-ce qui existe en tant que Père et Mère? Sachez que c'est le Seigneur de ce monde-ci et des autres. Cet Etre parfait, Architecte de tout ce monde, Seigneur des tattvas, qui se divertit d'innombrables façons, ce Maître du Savoir qui préserve toute l'infinie diversité des arts et des sciences, sachez qu'il ne sera jamias séparé de moi, même l'espace d'un instant. Sivayavé! Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: C'est Dieu Siva qui créa tous les devas et les mahadevas. Vous êtes, vous qui vivez en un corps physique, un deva du Premier Monde. Et lui, il est le Mahesvara suprême, le plus grand des devas de tous les trois mondes, de toutes les galaxies. Tout existe en lui. Et il existe en tout. Telle est la grandeur de notre Dieu en sa forme manifeste, le Roi des rois, Monarque supérieur, Empereur de tous les univers. Telle est son immensité, telle est son autorité, que les hommes tremblent à l'idée de contrevenir à sa volonté. Et tel est l'amour qu'ils éprouvent pour lui, qu'ils vivent avec lui en la plus grande intimité. Et tellement ils parlent de lui, qu'ils ne peuvent rien dire sans prononcer son nom, car il est le son primordial. Un Seigneur, un Dieu, de cette envergure, vraiment, on ne peut le décrire qu'en prononçant Aum.
Comment est-ce Dieu Siva crée, préserve, et détruit tout ce qui existe? En tant que Mahadeva suprême, il manifeste par sa volonté toutes les âmes et toutes les formes. Par sa volonté, elles se préservent, et par sa volonté elles se fondent enfin en lui.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Création, préservation et destruction se déroulent toutes en même temps. Il n'y a qu'une chose que Dieu ne sache faire: il ne sait pas se séparer de moi. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Dieu Siva est le Créateur, le Préservateur, et le Destructeur. Selon les fonctions qu'elle remplit, Sa Majesté, Monarque de tous les royaumes, se nomme Brahma, Vishnu, et Rudra. Me croirez-vous si je vous dis que Siva n'a jamais rien détruit, mais plutôt qu'il crée les choses, qu'il en renouvelle constamment la forme, et qu'il les réasbsorbe enfin en lui-même? La chose qui fut créée jadis, n'est-elle pas en effet détruite lorsqu'après une éternité, elle se trouve réabsorbée? Et n'est-ce donc pas l'objectif de toute chose, d'après notre religion, de se réamalgamer parfaitement en notre Dieu? Nous ne sommes pas ainsi détruits. Nous sommes exaucés, comme l'eau qui s'en retourne à la mer. Nous abandonnons notre individualité pour redevenir infinité. Notre religion sivaïte n'est autre que sa loi, qu'il administre à travers tous les univers. Tels sont les mystères de notre Dieu. Que tout le monde sache que le Seigneur Siva règne suprême! Proclamez cette bonne nouvelle en tout lieu, que chacun s'en réjouisse.
La forme corporelle du Tout-puissant,
étant constituée de puissances, n'est pas
comparable à la nôtre. Le plus évident
en est l'absence d'anava. Sa forme corporelle,
ayant une tête etc., se constitue de cinq mantras
qui correspondent à chacune des cinq activités:
Isa, Tatpurusha, Aghora, Vama, et Aja.
Mrgendra-Agama
Chapitre Sept
1. Quatrième croyance, à propos de l':
Origine et identité de l'âme
2. Cinquième croyance, à propos des:
Trois mondes où vivent les âmes
3. Sixième croyance, à propos du:
Dieu au visage d'éléphant
Leçon 43
Lundi
Soirée en Famille
Où Gurudeva nous illumine à propos du libre arbitre
et de la communion avec les dieux.
Aspirant: Gurudeva, est-ce que l'âme est libre de choisir?
Gurudeva: Oui, le libre arbitre est l'une des facultés inhérentes à l'âme. Nous sommes toujours libres de choisir--de vivre selon la nature superconsciente de notre âme qui est éternellement à l'unisson avec la volonté divine, ou de vivre selon notre nature instinctive-intellectuelle
qui est souvent inharmonieuse avec l'âme et la volonté divine.
Dieu Siva, en nous créant, nous a pourvu des capacités à penser, discerner, juger, aimer et décider, toutes propres à nous rapprocher de son esprit divin, Satchidananda. Il nous a accordé la totale souveraineté de notre vie. Nous sommes libres, aucunement sujet à la prédestination. Il ne dépend au contraire que de nous, de façonner notre destin, les seules contraintes étant le dharma et le karma que nous nous sommes imposés par nos actions précédentes. Nous sommes seul responsable de nos décisions qui, elles, déterminent le déroulement de notre vie. Sagesse, donc, consiste à profiter du libre arbitre pour choisir à tout moment la vie pure et religieuse, et chercher toujours à accorder notre volonté personnelle à celle de Dieu Siva.
Aspirant: Dites-nous, s'il vous plaît, comment la grâce de Siva se manifeste pour nous délivrer des trois malas.
Gurudeva: La grâce de Siva commence à se faire sentir dès que vous vous tournez vers lui. Dès que vous pensez à lui, il en est conscient, et les devas et autres âmes célestes qui sont à son service se rapprochent de vous sur les plans mental et spirituel pour vous assister dans votre sadhana.
C'est d'abord l'ignorance qui se résorbe à cause de votre étude religieuse et de vos méditations. Puis, c'est le karma qui se radoucit parce que maintenant vous le comprenez, vous suivez fidèlement le dharma, vous ne haïssez plus le monde, et ne vous débattez plus contre lui. La dernière impureté à vous quitter, ce sera anava, le sens du moi, de la désunion. Oh, bien sûr, il y aura des moments où vous serez tellement pris par les choses de ce monde que vous oublierez Siva, et vous vous remettrez à faire des karmas tout neufs, qu'il vous faudra batailler plus tard. Heureusement, Dieu Siva est toujours là, toujours là à aimer tendrement son dévot. Donc, ayez confiance. L'expérience personnelle ne peut que renforcer votre foi.
Aspirant: Après le puja, et après que les dieux sont venus dans leurs corps éthériques, est-ce qu'ils s'en vont?
Gurudeva: Les dieux sont toujours présents. Seulement, la porte entre nos deux mondes, entre eux et nous, s'ouvre pendant le puja, et puis se referme ensuite.
Le Seigneur Ganesha, par exemple, est immédiatement disponible à n'importe quel moment. Vous pouvez capter son esprit tout comme vous captez un poste de télévision. A l'heure du puja fait à Ganesha, la petite porte du microcosme s'ouvre, et le voilà, de même que le programme de télévision apparaît dès qu'on allume le poste. Mais il y a une différence: la communication de télévision est à sens unique, tandis que celle du temple s'effectue dans les deux sens. Une fois que vous avez établi communication avec les dieux, ils sont encore plus conscients de vous que vous ne l'êtes d'eux.
Le corps, c'est le temple, l'âme, le linga.
Entre les deux, il y a pas d'espace...
Comme le porteur du flambeau, l'âme, à travers
ses nombreuses incarnations, se tient prête
aux limites du domaine des trois liens.
Puis, au commandement de Siva, et en un instant,
elle traverse les trois mondes.
Sukshma-Agama et Parakhya-Agama
Leçon 44
Mardi
Croyance hindoue sivaïte 4
A propos de l'origine
et de l'identité de l'âme
Comment est-ce que Dieu Siva crée l'âme? Au niveau profond de Satchidananda et Parasivam, l'âme est éternelle et incréée. Mais le corps de l'âme est individuel et fut, lui, créé en tant que prolongement de Dieu Siva lui-même.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: L'orfèvre fond de l'or pour en faire des bijoux. Siva, le célèbre Orfèvre, fond l'or de l'âme pour en faire d'innombrables joyaux, destinés chacun à tel ou tel usage... L'atma est une conséquence de la grâce divine. Dieu est devenu le Soleil et la Lune. Il est devenu les dieux, Indra et tous les autres. Il est lui-même devenu l'univers entier--et, oui, même cette âme et ce corps que vous voyez. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: On nous demande souvent: «Pourquoi est-ce que Siva crée des âmes?» Il lui est tout naturel de faire des âmes, comme il est naturel à notre esprit de faire des pensées. Nos pensées, dans l'atmosphere psychique, ont des formes et de la couleur. Vous aimez vos pensées, vous haïssez vos pensées. Une fois que vous les avez créées, elles ont le pouvoir d'évoquer en vous l'inquiétude et la crainte. Et pourtant, ce ne sont que des pensées. Nos pensées sont sujettes, tout comme nous les sommes, aux lois de l'évolution et du karma. Elles évoluent, donc, en créant et en résolvant des karmas jusqu'à ce qu'elles reviennent à nous, qu'elles se refondent en nous, en notre essence, redeviennent énergie pure, qui se manifestera encore en de nouvelles pensées. Cette énergie, cette force, cette puissance, nous nommons shakti. Bien qu'il soit éternellement existant et incréé, le Seigneur Siva se dégage perpétuellement de la Conscience pure pour se manifester en tant que première des formes manifestes. Il lui est tout naturel de créer la forme, de veiller sur elle et son évolution, et de la ramener avec amour en lui, jusque dans le Soi infini de lui-même. Telle est la nature de notre Père-et-Mère, notre Dieu.
Qu'est-ce que le triple lien? Le triple lien se compose d'anava (le moi), de karma (les conséquences des actions), et de maya (le monde). Ces trois principes servent autant à nous révéler la Vérité qu'à nous la cacher.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Vous devez comprendre que toute cette activité qui provient de maya nous aide à réaliser le Soi. C'est pour lui fournir l'expérience, que le Seigneur ne cesse d'exalter l'homme et de l'abattre tour à tour. Vous devez vous débarasser de toute illusion. Toutes les épreuves sont utiles et pour le bien... C'est la force de maya, cette illusion de la matière et du mouvememt, qui nous bande les yeux tout durant nos vies terrestres. Ne soyez pas épris de cette vie passagère. Nous sommes à tout jamais immortels, nous vivons au-delà du temps. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Il n'y a que le voyant, celui qui s'est délivré d'anava, de karma, et de maya, qui puisse contempler la forme à la chevelure rousse, la forme lumineuse et blanche comme le lait. Mais: l'amour que Siva éprouve pour nous, nous ne sommes jamais contraints à l'ignorer, et nous pouvons, à tout stade de notre évolution, en être conscients et le ressentir profondément. Est-ce que l'enfant connaît ses parents dans tous les aspects de leur vie tandis qu'ils le portent tendrement dans leurs bras? Est-ce que l'enfant qui court et joue connaît à fond ses parents tandis qu'il éprouve la joie de courir et de jouer, cet enfant parfois désobéissant? Il n'éprouve à leur egard que leur protection constante, qui ne veut pas qu'il se fasse de mal. Et si, malgré tout, il tombe et se blesse, c'est leur tendre réconfort qu'il éprouve alors. Ainsi, petits enfants que nous sommes, nous connaissons et nous éprouvons la présence de Dieu, son amour, et sa douce protection. Telles sont les qualités très «humaines» de notre grand Dieu Siva, le Suprême, le Créateur de tous les dieux.
C'est lui qui confère la puissance d'âme et la vigueur.
C'est par lui que les hommes et les devas cherchent à être instruits,
Celui dont l'ombre est la vie immortelle.
A quel Dieu donc ferons-nous nos offrandes?...
Le Purusha qui est le Soleil, qui est ici, et qui est là,
je suis lui.
Rig-Veda & Yajur-Veda
((*** Please note that in long answer to q. #1, we need to introduce an infinity sign in the space between two commas.***))
Leçon 45
Mercredi
--
Je crois que toute âme individuelle fut créée par Dieu Siva par émanation, qu'elle est (dans son essence incréée: Conscience pure et Etre absolu) identique à lui-même, et qu'elle reconnaîtra pleinement ce fait
lorsque le triple lien composé d'anava, karma et maya
sera défait par sa grâce.
L'âme est-elle déjà parfaite, ou le devient-elle? En l'essence de notre âme, nous sommes déjà identiques à la Vérité éternelle et incréée. Mais le corps de l'âme, qui se compose de lumière, évolue jusqu'à ce qu'il ressemble parfaitement au Seigneur Siva, tout comme la graine de l'arbre devient, un jour, un arbre.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Nous sommes déjà Cela. Il ne s'agit pas de le devenir... Tant soit peu qu'on contemple l'homme, on trouve en lui des attributs du Divin. Si l'on cherche plus loin, on découvre qu'il n'est autre que le Divin lui-même. Vous êtes la Vérité. Vous êtes indestructible. Vous êtes éternel. Vous êtes Paramatma... L'âme individuelle se fond dans le lumineux Siva. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Le signe de l'infini, , est l'un des symboles de Siva qui représente l'évolution, la vie se manifestant, vivant ses expériences, et puis s'en retournant à la Source. L'une des qualités essentielles de la forme, c'est de créer la forme. La forme ne peut exister si elle ne crée, ne préserve, et ne détruit, se soumettant ainsi à la loi universelle. Et, puisqu'en sa perfection troisième, en tant qu'Ame primordiale, en tant que Mahesvara, et en tant que Dieu personnel manifeste, Siva est Forme originelle et parfaite, il lui est tout naturel, donc, de créer des âmes qui lui ressemblent. Nous sommes créés par lui. Nous sommes ses serviteurs. Et, plus profondément encore, nous sommes tel qu'il est, lui. Au c¦ur de ce corps physique aux émotions turbulentes et à l'esprit éternellement préoccupé à s'instruire, demeure la perfection pure qui est identique aux deux perfections de Dieu Siva: Satchidananda et Parasivam.
Comment l'âme arrive-t-elle à prendre conscience de son identité divine? Lorsque l'âme est suffisamment mûrie par l'expérience terrestre, elle se tourne d'elle-même vers Dieu et, un jour, reçoit de la part d'un satguru, la grâce de Siva qui accorde la réalisation du Soi, Dieu.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Pour ceux qui sont épris de dévotion, jiva devient Siva. Reviendront-ils sur cette Terre? Non. C'est Siva qui crée les liens et la délivrance, et c'est également lui qui détruit l'un et l'autre. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Lorsque le dharma de l'âme individuelle et tous ses karmas accumulés se manifestent clairement, alors Siva trace, pour cette âme, le chemin qu'elle doit suivre. C'est-à-dire que, lorsque l'âme individuelle a accumulé, au cours de ses vies, suffisamment de karma, celui-ci prend une forme particulière et individuelle, et définit le chemin personnel que cette âme doit suivre: son svadharma. Ce n'est que lorsque le dharma se manifeste clairement, et que l'âme le poursuit pendant toute une série de vies, qu'elle ressent en elle un désir grandissant de connaître Dieu. C'est alors que cette âme se met à se débattre contre tout ce qui veut la retenir et la rattacher à son état de conscience ordinaire d'autrefois, bataille qui finira enfin par la mener à renoncer au dharma social, à entrer en sannyas, et à chercher Dieu à plein temps sous la direction du Satguru. Ce n'est que nous-même qui nous imaginons que Dieu est autre que nous. Abandonnons cette ignorance, offrons-la en sacrifice à la connaissance divine. Lâchons l'illusion et tenons bien à la Vérité. Résolvons nos karmas, accomplissons notre dharma, et revendiquons notre héritage en Param, et en la loi de notre Seigneur, le saïva-dharma. Se peut-il qu'il existe un Dieu plus grand que ce Seigneur des seigneurs?
Lorsque Jiva est indifférent aux deux actions,
les bonnes et les mauvaises,
la Sakti divine descent en forme de Guru
pour le délivrer des divers attributs.
Ayant reçu cette grâce, et achevé toutes les actions,
les trois impuretés s'évaporent et Jiva devient Siva.
Saint Tirumular
Leçon 46
Jeudi
Croyance hindoue sivaïte 5
A propos des trois mondes
où vivent les âmes.
Qu'est-ce que le Premier Monde? Le monde dense, ou matériel, dont on perçoit les phénomènes par les cinq sens, nous nommons: le Premier Monde.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: L'auguste Chellappan disait: «Pati est devenu pasu et pasa. Personne n'a jamais su expliquer ni comment ni pourquoi l'Absolu devient relatif...» Siva se réjouit à contempler les êtres humains qui sont pour lui autant de fleurs dans le jardin de son monde. C'est à cause de l'ignorance que nous nous embrouillons dans le plaisir et la douleur. Ce monde ne cesse de changer et se transformer. Il n'y a que Dieu qui demeure toujours le même. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: C'est en ce Premier Monde de matière dense qu'on rencontre nos expériences, qu'on fabrique notre karma, et qu'on s'acquitte des devoirs terrestres. C'est en ce Premier Monde que notre conscience se trouve limitée, qu'on oublie d'être conscient des deux autres mondes. Nous sommes comme quelqu'un qui vit dans une seule piece de sa maison jour et nuit depuis tellement longtemps, qu'il a oublié qu'on peut franchir la porte et aller dans des autres pièces bien agréables et utiles. Telles sont les limites qui s'imposent à l'âme vivant dans ce Premier Monde. Tant que nous ignorons que ces mondes intérieurs existent, et que nous savons encore moins reconnaître l'autorité qu'ils ont sur nous, nous jouissons d'une certaine liberté--qui pousse les ignorants vers les tentations et la confusion, et les sages vers les saints pieds des grands Seigneurs, souverains de nos vies. Les trois mondes se divisent aussi en quatorze régions distinctes, ou lokas, qu'on traduit aussi par le mot «monde», dont sept sont dits «inférieurs» et septs sont dits «supérieurs».
Qu'est-ce que le monde subtil, ou Deuxième monde? Où se trouve-t-il? Le Deuxième Monde se trouve «en dedans» de ce Premier Monde. C'est le plan subtil de l'existence où se rend l'âme lorsqu'on dort et quand le corps physique meurt.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Le macrocosme se trouve en dedans du microcosme qui est en moi, et je rend hommage au Seigneur, ô Siva, Siva!... Un jour que j'étais à l'hôpital, je vis un tout autre monde... Voyez la magnifique demeure qui est en vous! Je vous en donnerai la clé. Ouvrez et entrez dans cet heritage éternel. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Le Deuxième Monde presque tout entier est une reproduction exacte de ce Premier Monde. Pourtant il est plus avancé, car ses habitants sont instruits en une haute technologie, dans les arts et métiers, et tous les éléments de la culture. Ils sont formés et apprêtés à naître en ce monde-ci pour l'améliorer et édifier ses habitants. C'est en ce Deuxième Monde que les nouvelles inventions sont conçues, que les nouveaux produits chimiques sont composés, que l'écologie se stabilise, que les savants sont formés, et que les artistes apprennent la finesse. Plus tard, l'effet de ces activités internes apparaîtra sur le plan matériel. Ce processus et son influence sont incessant. On emploie souvent les termes «monde astral» et «monde subtil» en synonymes de Deuxième Monde. Le corps astral est une reproduction exacte du corps physique. Quand nous dormons, nous quittons souvent notre corps physique et voyageons par le Deuxième Monde au moyen de notre corps astral. Ce corps n'est pas l'âme. L'âme existe en elle-même, et ne fait qu'habiter le corps astral comme elle habite le corps physique.
De même que l'araignée est la source du fil,
de même que le feu est la source de l'étincelle,
ainsi tous les sens, tous les mondes, tous les dieux,
et tous les êtres sans exception, tous,
ont pour source le Soi...
Par son pouvoir divin, il règne sur tous les mondes.
Au moment de la Création et de la Dissolution,
il existe seul.
Brihadaranyaka-Upanishad & Svetasvatara-Upanishad
Leçon 47
Vendredi
--
Je crois qu'il existe trois mondes: le Premier
(Bhuloka, ou monde dense)
où les âmes se revêtent d'un corps physique,
le Deuxième (Devaloka, ou monde subtil)
où elles se revêtent d'un corps astral ou mental,
et le Troisième (Sivaloka, ou monde causal) où elles existent
en tant que mahadevas, dans leur corps naturel et lumineux.
Qu'est-ce que le Troisième Monde, et où se trouve-t-il? Le Troisième Monde se trouve «au dedans» du Deuxième Monde, à un niveau très profond. C'est le plan causal de l'existence où demeurent les dieux et les âmes très évoluées.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: N'oubliez jamais les très saints pieds du Seigneur, que vénèrent et adorent tous les sept mondes... O Siva, toi qui éclaire les cieux et que porte Nandi le taureau, ceux qui t'ayant vu, se réjouissent de te voir, ne viendront plus renaître ici. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: C'est dans le Troisième Monde que l'âme, une fois mûrie, s'en va demeurer en sa forme naturelle et lumineuse. L'âme individuelle est un corps rayonnant de lumière, et le véhicule par quoi la conscience pure se déplace et se rend d'une région de l'esprit à l'autre. Une fois qu'elle se libère des puissantes exigences du corps physique et de cet étau impitoyable, l'esprit intellectuel du corps astral, cette conscience pure se retrouve libre d'adorer les dieux et Dieu Siva. C'est au moyen de la sadhana, du japa, et des pratiques religieuses régulières que nous arrivons à brider les énergies fougueuses de l'instinct. Et c'est par la sadhana basée sur une bonne instruction religieuse qu'on purifie l'intellect. Une fois cette purification achevée, l'âme peut percevoir le Troisième Monde dans le sanctuaire du temple, ou, dans le cas du yogi qui est en un profond état de samadhi, par le sanctuaire du crâne, par le chakra sahasrara éveillé. Il existe sept régions supérieures et sept régions inférieures, en tout quatorze régions d'esprit, ou de conscience, où peut demeurer l'âme emprisonée par la dualité.
Quel est l'itinéraire de l'âme à travers les trois mondes? L'âme est créée au Troisième Monde. Pour évoluer, elle se revêtit d'un corps dense, et puis d'un autre plus dense encore, jusqu'à ce qu'elle possède un corps physique et qu'elle vive dans le Premier Monde. A mesure qu'elle évolue, elle abandonne ces corps denses, un à un, et s'en retourne au Deuxième Monde, et enfin au Troisième.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Maintenant que vous percevez que ce monde, le microcosme et le macrocosme, sont manifestations de Siva, faites votre travail avec dévouement et sans penser à vous-même, ainsi vous gagnerez la délivrance. Faites la connaissance de ceux qui, l'ayant vu, ne cessent de jouir de cette Vérité qui embrasse les trois mondes. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Considérez l'arbre. Il commence en forme de graine, devient une pousse, un jeune arbre, produit des feuilles, des fruits, et puis un jour il meurt. Mais ses graines, elles, continuent à vivre, deviennent arbre à leur tour, et perpétuent l'espèce. Notre espèce aussi se perpétue, allant du Troisieme Monde au Deuxieme, et du Deuxieme au Premier. Et même en ce Premier Monde, les corps se fabriquent d'une façon analogue, pour fournir un véhicule aux voyageurs provenant du Deuxième Monde. L'âme n'est pas créée au moment de la conception du corps physique. Chacun produit l'un des éléments essentiels au plan grandiose de la Création, plan qui se crée perpetuellement. Il n'y aura pas de fin du monde, pour aucun des trois mondes, sauf dans la realisation de la prophésie de mahapralaya. Alors, le souffle divin, à l'inspiration, anéantit toute chose. Mais l'inspiration cède à l'expiration qui est la nouvelle manifestation des trois mondes et de tous leurs habitants. Aum Namasivaya! Aum Namasivaya!
S'il y a naissance, il y aura mort, telle est la vie...
Mes amis, atteignons vite le temple d'Edirkolpadi
en chantant les louanges du Souverain
qui s'enduit de cendres,
dont la gorge est bleue,
dont la monture est le taureau,
et qui porte le céleste Gange
dans sa chevelure enmêlée.
Saint Sundarar
Leçon 48
Samedi
Croyance hindoue sivaïte 6
A propos du dieu
au visage d'éléphant
Qui est-ce que le Seigneur Ganesha? Le Seigneur Ganesha est un mahadeva, un grand dieu au visage d'éléphant, que créa Dieu Siva pour assister les âmes dans leur évolution. Il est le fils aîné de Siva, et le protecteur des arts et des sciences.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Je n'oublierai jamais le dieu au visage d'éléphant, fils de Sankara, au ventre massif, à la boucle dans l'oreille droite, le Seigneur qui accorda sa grâce à Indra, et dont mantra est la forme même. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: La Sakti, ou Va, du Seigeur Siva, sa puissance infinie, créa les cieux, la Terre, et le dieu Ganesha, le souverain de tous les cieux et de toutes les Terres. Dieu Siva, en créant ce fils, en fit le Souverain interplanétaire, intergalactique, et le destina à avoir empire sur tous les univers, grossiers et subtils, dont le Narakaloka. Son savoir est infini. Ce n'est autre que Ganesha lui-même, et ses multitudes de puissants ganas, qui aident les âmes, avec grande et divine douceur, à s'en ressortir du Narakaloka, l'abîme, et à s'adapter au Devaloka une fois que, par la pénitence, elles se sont acquittées de toutes leurs dettes. Il se distingue de la plupart des autres dieux par la complexité de son esprit, par son amour des cérémonies fastueuses, de l'adulation de sa personne, et de la répétition de son nom. C'est pourquoi nous dirigeons nos dévotions vers lui d'abord, avant d'adorer tout autre dieu, et avant toute entreprise mondaine ou religieuse. Tout être intelligent, homme, deva, dieu secondaire, ou mahadeva, doit d'abord adorer le Seigneur Ganesha avant d'oser espérer que son entreprise réussisse, ou que l'acte qu'il se prépare à faire produise l'effet voulu. C'est ainsi que ce tout-puissant monarque, Seigneur de l'univers, est vraiment un très grand dieu.
Pourquoi doit-on supplier le Seigneur Ganesha avant toute entreprise mondaine ou religieuse? Dieu Siva lui-même nous ordonne de supplier humblement le Seigneur Ganesha, qu'il enlève s'il juge bon, les obstacles de sur notre route.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Que le Guru suprême qui m'accorde sa grâce, me protège! Que le dieu au visage d'éléphant me protége! Que le bel enfant qui brandit la divine lance, me protège! Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Les parents dignes gouvernent leurs enfants, et les élèvent correctement pour les préparer à la vie adulte, qu'il deviennent à leur tour de dignes parents. Avant d'entreprendre quelque chose de nouveau, l'enfant bien élevé demande la permission à ses parents. Le bon employé demande la permission à son patron. Le sujet fidèle demande la permission à son roi. Pourquoi être surpris, donc, qu'on ait à demander la permission à Sa Majesté, le Roi de ce monde, le Chef de notre religion, avant de s'engager en telle ou telle activité? Son esprit est complexe, sa présence est immediate. Il est immediatement conscient de toute prière que l'on dirige vers lui. Il sait quels sont les obstacles qu'on le supplie d'ôter de notre passage. Il nous exaucera sans manquer, mais à condition que notre intention s'accorde à sa volonté. Ainsi, ce dieu, ce vraiment grand dieu, règne sur nos vies, exigeant qu'on le reconnaisse et qu'on l'adore.
Le yogi, assis dans une posture favorable,...
salue d'abord le Grand Seigneur, puis Uma,
Skanda, et Ganapati...
Ces Seigneurs, dont il est dit que, sur le pur chemin,
ils accomplissent certains devoirs qui découlent
d'un niveau de maya encore plus élevé que le leur,
sont à la proue des effets de ce haut domaine de maya. Mrgendra-Agama
Leçon 49
Dimanche
--
Je crois en le mahadeva, le Seigneur Ganesha,
fils de Siva-Sakti, que je dois supplier
avant toute entreprise mondaine ou religieuse.
Quelle est la fonction spéciale du Seigneur Ganesha? En tant que Vighnesvara, le Seigneur des obstacles, il règne sur notre évolution, soit en interdisant, soit en permettant, à certains évènements de se manifester dans notre vie.
Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Le Seigneur Ganesha possède les plans de l'Architecte, le schéma du chef-d'¦uvre divin qui comprend le passé et l'avenir de ce petit monde et de tous les univers. Ils lui furent confiés le jour où, par ordre de Dieu Siva, il prit son poste. Il règne avec compassion. Il discipline avec rigueur. On l'aime; on le redoute. Sa loi est juste, car son esprit est la Justice même. Il a un penchant pour les festivités, l'adulation de sa personne, la répétition de son nom, car ceux-ci introduisent le dévot en sa présence royale, en sa cour, et le rapprochent de lui sur les plans affectif et mental. C'est lui qui est à l'origine de tout le bien, et lui qui empêche le mal d'atteindre ceux qui ont fait pénitence en son nom. Il demeure en nous, et non pas ailleurs, plus proche de nous que le battement de notre c¦ur. Il dirige notre karma en synchronisant les évènements de notre vie. Ce Seigneur des obstacles nous empêche de nous blesser nous-même, ce que nous ferions sûrement si nous nous mettions à vivre selon quelque conception fragmentaire et relative des choses, ou si nous suppliions d'acquérir ce dont nous n'avons pas besoin, ou encore si nous entreprenions quelque chose sur quoi nous n'avons pas profondément réfléchi. Dans ce cas, pour bénir son dévot, il lui barre la route. Mais le Seigneur Ganesha ne fait pas tout à notre place: il s'attend à ce qu'on exerce nos facultés intellectuelles, à ce qu'on utilise le savoir inné qui est à notre portée, avant de lui soumettre nos pétitions. Il nous incombe de bien juger, et de prendre la bonne décision, celle que, afin d'exaucer notre prière, il aurait prise lui-même. C'est ainsi que ce tout-puissant mahadeva, dieu de la Sagesse, est un vraiment grand dieu.
Que devons-nous penser si, même après avoir supplié Ganesha, notre chemin est toujours bloqué? Cette situation peut indiquer que le moment, le moyen, ou l'objectif, ne sont pas propices par rapport à notre karma et dharma.
Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: L'architecte soumet ses plans à l'ingénieur. On les refuse à cause de certains détails techniques. L'un des directeurs soumet au président la lettre qu'il a rédigée. On la lui renvoie parce que le troisième paragraphe n'est pas assez explicite. Les deux, l'architecte et le directeur, croyaient sincèrement bien faire. Et l'ingénieur et le président accomplissaient aussi leur devoir en refusant. Le Seigneur Ganesha nous aime. Il nous mène par la main, gouverne et dirige avec justesse et rapidité lorsque le plan qu'on lui soumet est parfait. Mais lorsque celui-ci a besoin de révision, il délibère longuement, et généralement refuse. Dans ce cas, reprenez votre plan et révisez. Puisez avec confiance dans votre esprit superconscient pour y trouver les grandes idées dont vous avez besoin. Tâchez de prévoir le moment propice, et lorsque vous sentez qu'il est venu, agissez avec confiance. «Lorsque la volonté s'éveille et commande, même les dieux sont prêts à obéir», ou à collaborer sur-le-champ, à nous guider dans nos efforts, et à les mener à bien. Nous devons faire en sorte que notre esprit fonctionne à l'unisson avec celui de Ganesha. Nous sommes alors certains de réuissir. Ainsi ce dieu parfois nommé Bhakta-vighna-vinasana, Celui qui détruit les obstacles de ses dévots, est une très grande et merveilleuse création de Dieu Siva.
Si vous adorez Vinayaka au visage d'éléphant
et au reluisantes défenses blanches,
le désir et l'incertitude s'évanouissent, et
votre vie s'élargit généreusement.
Donc, apportez-lui vos offrandes d'amour,
les fruits les plus doux, dont la mangue, le jac, et la banane.
Par ces moyens, allégez le fardeau du karma.
Saint Auvaiyar
Chapitre Huit
1. Septième croyance, à propos du mahadeva:
Le dieu Skanda
2. Huitième croyance, à propos de:
La science ésoterique des temples
3. Neuvième croyance, à propos de:
Karma, samsara, et délivrance
Leçon 50
Lundi
Soirée en Famille
Où Gurudeva explique la grâce
et enseigne les bonnes attitudes envers le puja.
Aspirant: Gurudeva, qu'est-ce que la grâce révélatrice? Comment peut-on la mériter?
Gurudeva: La grâce révélatrice, c'est Siva accordant une profonde prise de conscience qui lève les voiles de l'ignorance pour laisser voir et connaître le Cela qui, depuis le début des temps, n'a jamais été ailleurs qu'en vous-même. La grâce provient de Dieu et des dieux. Pour vous préparer à la recevoir: soyez simplement perséverant et constant dans vos dévotions et vos disciplines.
Une fois que votre vie repose fermement sur la bhakti, une grande shakti, une grande puissance, se manifeste en vous. L'effet de la grâce, c'est un évènement ou une expérience qui, sans elle, n'aurait pas eut lieu. La grâce se manifeste lorsque l'âme en arrive à un certain point par rapport à son karma, parce que vous avez tout bien accompli jusqu'à ce moment-là. Nous devons nous attendre à ce que la grâce du Seigneur Siva nous comble de bénédictions et transforme notre vie. La grâce, c'est ce que désirent avec ardeur les dévots de Dieu Siva, ce pour quoi ils implorent, prient, et font tout leur possible pour bien faire. Pourtant, elle s'accorde souvent d'elle-même, sans qu'on s'y attende, sans qu'on ait demandé ou merité. Tel est l'amour que Siva déverse éternellement sur nous.
Aspirant: Comment est-ce que les dieux communiquent avec nous?
Gurudeva: Parfois par le rêve, par une vision, plus souvent par la transmission de pensée, et par d'autres moyens encore qu'on ne remarque pas.
Le plus souvent, la communication active, ou va-et-vient d'énergies, a lieu pendant les cérémonies faites au temple ou chez soi--les dieux projetant vers le dévot certaines couleurs et sonorités qui proviennent de leur propre corps de l'âme. On peut aussi les contacter par les flammes du homa, en y offrant des prières écrites. Dès que le papier devient cendre, son double étherique composé de matière pranique-astrale se détache de ce monde pour réapparaître immédiatement dans le Deuxième Monde. Là, il est recueilli de l'akasha par l'un des devas qui assistent à ce homa, y ayant été attirés par le tintement de la cloche. Il lit la prière à haute voix, puis la passe au deva ou au dieu qui est le mieux placé pour l'exaucer.
Aspirant: Quelle doit être notre attitude pendant le puja?
Gurudeva: Les paroles et les gestes sont certes bien importants, mais c'est surtout la qualité de nos sentiments intérieurs, nos pensées, notre dévotion et amour, qui font les plus convenables des offrandes. Rien n'est plus agréable aux dieux que la dévotion sincère. Et célébrer le puja, ou y assister, avec concentration et révérence, c'est offrir notre amour et notre profonde contemplation à leurs saints pieds. L'idéal, c'est d'atteindre à des niveaux de communication de plus en plus profonds, tandis qu'intérieurement, nous cultivons humilité et amour. Lorsqu'on officie soi-même, on ne jette pas simplement des fleurs vers l'image divine, on les offre vraiment, chacune. On verse l'eau de manière à baigner doucement le dieu. On fait chaque geste, chaque offrande, en pensant consciemment que le dieu est bien présent, conscient, et sensible à tout ce que nous faisons et pensons.
Se manifestant à eux, il leur révéla,
pour l'intérêt qu'il porte à leur épanouissement spirituel,
cette Conscience immaculée, qu'ils étaient dignes de recevoir...
C'est ainsi que Siva--en toute chose, à la fois l'Acteur et le Témoin, qui est éternellement dépourvu d'impuretés--défait de l'âme
qui lui était devenue une étrangère, son amas de liens.
Mrgendra-Agama
Leçon 51
Mardi
Croyance hindoue sivaïte 7
A propos du
dieu Skanda
Qui est-ce que le dieu Skanda, ou Muruga? Le Seigneur Skanda, qui se nomme aussi Muruga, est un mahadeva, un grand dieu, le frère cadet de Ganesha, que Dieu Siva a créé pour assister les âmes dans leur évolution.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: C'est Dieu Siva qui accomplit toutes les actions. Considérez les douze mains du Seigneur Muruga: chacune d'elles accomplit une certaine action. Il rit, il pleure, il protège, il tue. Ses actions sont innombrables et incessantes. Ce n'est pas facile à comprendre, et encore moins facile à expliquer. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Si créa le Seigneur Muruga; Va devint son Vel. Ainsi Muruga est Si-Va agissant, allant de planète en planète, volant à travers la vaste substance de l'esprit. On peut bien nommer ce dieu «le Libérateur», éternellement disponible à ceux qui l'invoquent au moment de la détresse. Il est le Roi des rois, la puissance qui demeure dans leurs sceptres. Il est la force même de toute royauté, de toute majesté terrestre. C'est lui qui accorde l'autorité. Lorsque son Vel communique la force au sceptre des souverains, la justice règne, la sagesse enrichit l'esprit des citoyens, les pluies sont abondantes, les champs sont fertiles, et tout prospère. Il est le commandant-en-chef des armées angéliques, un guerrier spirituel exemplaire, un seigneur intrépide, combattant toujours pour la vertu. Il est le Satguru primordial, le Seigneur qui règne sur toutes les religions et les fois du monde. Il est lui-même le personnage central autour de qui chacune d'elles gravite. Vraiment, le Seigneur Muruga est un grand mahadeva que Dieu Siva donna au monde, à l'univers, et à vous-même.
En quoi est-ce que Muruga diffère de Ganesha? Le Seigneur Ganesha guide l'âme doucement pendant son évolution première, tandis que le Seigneur Muruga, par sa puissance dynamique, insuffle à l'âme les connaissances spirituelles qui la font avancer avec vigueur jusqu'aux saints pieds du Seigneur Siva.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: O fils de Lanka! Dirigez-vous par la voie de la vertu afin de vous rattacher aux saints pieds de Muruga qui est en toute chose, qui est Lumière des lumières, et qui demeure au-delà de l'au-delà. Prosternez-vous chaque jour à ses saints pieds, et vous serez victorieux dans toutes vos entreprises. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Le Seigneur Ganesha, le dieu du temps et de la mémoire, dont la nature est Raison infinie, dont l'esprit ressemble à un ordinateur aux fonctions illimitées, le dieu qui est bien assis sur le chakra muladhara, veille à ce que tout être vivant se stabilise sur le chemin de l'évolution. Une fois que l'on est bien lancé sur ce droit chemin, c'est le Seigneur Muruga, dieu de la volonté, de la connaissance spirituelle, et de l'amour divin et pur comme celui d'un enfant, qui nous fait avancer vigoureusement le long de ce droit chemin, la religion, la loi de son Père. Ce dieu au teint de pourpre, bien assis sur le manipura chakra, bénit l'humanité et, lorsqu'on s'avance jusqu'à pénétrer les cieux intérieurs par la sadhana et le yoga, son domaine, il nous accorde encore davantage d'énergie spirituelle pour continuer le voyage. C'est lorsqu'on se met à adorer le Seigneur Muruga, qu'on s'engage sur le yoga-marga. C'est lui, ce dieu vierge, ce chef des moines, cher à tous les sannyasis, qui tient les rênes de la force de kundalini. Vraiment, le Seigneur Muruga est le Grand et l'Unique, telle que la forme peut bien se le représenter. Il est le dieu infiniment beau.
Même parmi les ténèbres de l'angoisse,
son visage aux six aspects ne cesse de briller.
Quand les périls abondent,
sa Lance divine signale: «Ne crains plus!»
C'est ainsi que dans le c¦ur de ceux qui répètent son nom,
il accorde ses pieds de grâce.
Partout et en toute chose existe-t-il.
Saint Nakkirar
Leçon 52
Mercredi
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Je crois en le mahadeva, le Seigneur Muruga,
fils de Siva-Sakti
dont le Vel, sa grâce,
tranche les liens de l'ignorance.
Qu'est-ce que le Vel? Le Vel est la lance du Seigneur Muruga, dont la pointe est le symbole du discernement spirituel, large et tranchant, qu'il nous faudra pour effectuer le pélerinage.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: A présent que vous avez compris combien la vie est passagère, saisissez bien les divins pieds du Seigneur dont le Vel accorde l'immortalité. Ils seront pour vous source de béatitude éternelle. Soyez convaincus de cette vérité, et prosternez-vous avec amour devant ses divins pieds. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: La shakti du Vel est l'autorité qu'a le bien sur le mal. C'est la force du discernement juste et profond qui triomphe du désordre et de la confusion qui règnent dans les domaines inférieurs au chakra où s'assied le Seigneur Ganesha. Par ce Vel, son sceptre, Sa Majesté le Seigneur Muruga tient à un immense pouvoir. Lorsqu'il le lance, le Vel atteint toujours le c¦ur de la cible, et puis s'en revient de lui-même à sa precieuse main. Le Vel sacré nous récompense lorsque la vertu règne. Mais, lorsqu'on transgresse la loi du dharma, il devient la force déchaînée du serpent au remors venimeux qui contrarie tous nos efforts. Ainsi, le Vel sacré que brandit l'intelligence transcendante de notre Seigneur nous affranchit, au moyen du tapas, de notre ignorance, de nos vanités et culpabilités pour nous laisser enfin libres de manifester l'intelligence, la modestie, et la pureté qui nous sont naturelles. Le Vel nous inspire à accomplir notre sadhana et à protéger le saïva-dharma avec beaucoup de diligence. Vraiment, quelle étonnante puissance possède ce Vel qui fut confié à ce grand mahadeva.
Quand est-ce que le Vel tranche les liens de l'ignorance? Les liens de l'ignorance consistent surtout de notre sens du moi, et de nos attachements, craintes, doutes, et mécontentements. Lorsque l'individu est suffisamment avancé, le Seigneur Muruga détruit tous ces liens pour révéler les qualités inhérentes à l'âme: le discernement spirituel et la compassion universelle.
((Long answer))
Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Dans le Deuxième Monde, sur le plan astral, l'énergie se personnifie en se revêtant de forme, de couleur, et de son. Lorsque nous nous préoccupons, nous troublons notre propre esprit, ce qui nous cause à nous préoccuper davantage. Cette activité forme, autour du corps astral, des ballons de couleurs sombres, de sons discordants, et de formes étranges. Lorsque ces créations jouent sur le système nerveux physique, elles nous oppriment, et c'est alors qu'on se met à prier au Seigneur Muruga: «O Seigneur, délivre-moi de mon angoisse...» Nous faisons pénitence et implorons sa bénédiction. Instantanément, ce dieu de l'Action, ce dieu compatissant, ce dieu qui vainquit les asuras, lance son Vel dans le Deuxième Monde. Celui-ci transperce les sons discordants, les couleurs, et les formes, fait éclater le ballon et en libère ainsi les éléments qui s'envolent loin de nous, emportant avec eux l'obscurité qui recouvrait notre esprit. Nous venons d'être bénis, notre esprit qui était troublé est à présent éclairci, et nos soucis se sont évaporés. Le moi a reçu le coup de grâce, et le discernement spirituel prend naissance en nous. Le yogi, noué dans sa position de lotus, vénère Karttikeya, tandis que son esprit devient aussi calme et lucide que Saravana, le lac de l'Essence divine. Oh, vraiment, quel grand dieu compatissant que notre Seigneur Muruga.
Pourquoi ne supplié-je pas en chantant de saints cantiques
le dieu aux six visages de me soulager de ce désarroi
qui provient des attachements mondains?
Il est le Suprême qui sait déraciner
les illusions qui proviennent de ce monde...
O Seigneur Shanmukha qu'accompagne le paon guerrier!
O Grâce manifeste!
Saint Arunagirinathar
Leçon 53
Jeudi
Croyance hindoue sivaïte 8
A propos de
la science ésoterique du temple.
Qu'est-ce que «la coopération et l'harmonie entre les trois mondes»? On dit qu'il y a cooperation et harmonie lorsque les mondes dense, subtil, et causal, agissent en concorde, et surtout lorsque les habitants de ce Premier Monde agissent consciemment en conformité avec les préceptes et prescriptions des mondes intérieurs.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Lorsqu'on aura compris ce que sont les trois mondes, le dense, le subtil, et le causal, la Dame à la chevelure parfumée, Sakti, déversera sa douce grâce... Lève-toi de bonne heure et loue ses pieds rayonnants. Adore et mets-toi des cendres au front. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Il existe certains rites qu'on peut faire dans n'importe quel temple et qui invoqueront le sacrement, c'est-à-dire qui permettront à l'indivitu de communiquer directement avec les mondes intérieurs. Le moyen de communication le plus intime et efficace, c'est la prière écrite et adressée au deva, mahadeva, ou à Dieu lui-même. On la brûle dans le homa, où elle se désagrège et disparaît de ce monde. Elle se reconstruit instantanément dans le Deuxième monde, formant une image astrale que les devas reçoivent et lisent. Ils la font passer immédiatement, selon son contenu, à l'un ou l'autre des serviteurs de Dieu, celui qui est le mieux placé pour l'exaucer. Lorsque nous écrivons et brûlons notre prière, notre souhait, ou la confession de ce qui nous préoccupe, nous pouvons être sûrs que les devas la reçoivent, et se mettent tout de suite à la tâche pour y faire réponse. Mais ils ne peuvent rien faire à moins qu'on ne le leur demande. Telle est la loi occulte. Nous jouissons bien de la faveur divine, d'avoir à notre disposition de telles ressources dans notre religion sivaïte, vraiment: la plus joyeuse et illustre de toutes les religions.
En quoi consiste la dévotion au temple? La dévotion au temple consiste en certaines cérémonies où les cloches, les clochettes, les flammes, les offrandes, les chants, et les cantiques attirent les devas et les mahadevas qui se manifestent dans leurs corps subtils, nous bénissent, et nous aident dans notre vie et évolution.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Je ne cesserai jamais de rendre hommage aux saints pieds des dévots qui disent qu'il est bon d'offrir des fleurs et de faire chaque jour nos dévotions envers Celui qui me pardonne mes erreurs, l'essence de Panchakshara. C'est en accomplissant bhakti que viennent les trois autres yogas. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Ce n'est pas sans formalités qu'on se présente au directeur d'une grande entreprise, au général d'une puissante armée, à une célèbre vedette de cinéma, à un monarque bienveillant, à un président de la république, ou à un premier ministre, tandis qu'on espère obtenir sa faveur. Et ce n'est pas sans trépidations, sans une tenue exemplaire, ou sans préparatifs faits soigneusement à l'avance, qu'on se présente à Dieu en sa demeure. La préparation mentale et physique est l'essence de la dévotion. C'est dévotion que d'approcher Dieu correctement, de se présenter comme il convient, d'offrir notre amour, notre adoration, et puis enfin de soumettre notre prière, notre requête. C'est dévotion que d'être content de se trouver en sa présence et de ne pas être pressé de partir, qui serait malpoli. Après le puja, il sied mieux de rester un peu, de jouir de la shakti, sa Présence. Vraiment, c'est pour énumérer les grandeurs de notre grande religion, que la parole nous fut accordée.
Je suis à ta merci, O Siva,
Seigneur du temple de Tiruchattimutram
et de toutes les âmes célestes!
Ce sont les cinq sens qui m'ont ainsi possedé,
et m'emportent loin de tes divins pieds.
Le désarroi et l'angoisse ont étreint ce c¦ur
qui te prie, Seigneur, de lui accorder de ta lumière.
Saint Appar
Leçon 54
Vendredi
--
Je crois que la religion n'est autre que coopération et harmonie
entre les trois mondes, et que, grâce à la dévotion
et aux cérémonies qui ont lieu dans les temples,
les êtres habitant l'un et l'autre de ces trois mondes
peuvent se rapprocher et communier.
Qu'est-ce qu'un temple? Le temple est le lieu où les trois mondes se sont donné rendez-vous. C'est la demeure vénérable et sanctifiée de Dieu Siva ou de l'un des dieux, par le centre de laquelle passe un rayon d'énergie spirituelle qui la relie au Troisième Monde.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: O Seigneur! O Etre primordial, qui accorde la béatitude aux dévots grandissants en amour! O Dieu suprême! Etre transcendant qui vit au temple de Nallur, transforme-moi, que je vive ici comme un dieu... En ce monde, vous pouvez acquérir une multitude de siddhis, mais ne vous égarez jamais du chemin de bhakti, et ne désobéissez pas aux bhaktas. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Les temples sivaïtes sont les plus anciens du monde. C'est là où demeurent Dieu et les dieux. Sachant que le dieu y habite, nous devons nous en approcher avec grande révérence et beaucoup d'humilité. Présentez-vous au temple comme vous feriez à un roi, un gouverneur, le président de la république, en anticipant avec quelque appréhension votre audience. Les plus grands des temples sont les demeures du Seigneur Siva, où se trouvent aussi les appartements privés de ses deux fils et d'autres personnages de son entourage. Il y a assez de place dans chacun des temples à Siva pour lui-même et les trente-trois millions de dieux. Nous avons véritablement été bénis d'être sivaïtes, perpétuellement invités à toutes ses demeures n'importe où au monde. Telle est la grandeur de notre vénérable religion!
Où est-ce que les trois mondes arrivent le mieux à communier? On peut adorer Dieu et communier avec lui et les mondes intérieurs n'importe où: soit au temple, à l'autel familial, ou au c¦ur de la contemplation du yogi. Mais c'est dans le temple consacré à Siva que les trois mondes arrivent à communier le plus parfaitement et le plus consciemment.
Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Dans la pièce consacrée à l'autel familial, les messagers du mahadeva qu'on y adore se réunissent pour écouter la prière du dévot et l'emporter à leur Maître. On peut adorer et invoquer les dieux n'importe où, pourvu qu'on y ait fait le sankalpam correct, ou préparation du lieu. Dieu est présent partout et en toute chose, car c'est lui qui créa tout, qui manifeste le temps, la forme, et l'espace, et qui existe même en ce qui sépare une forme de l'autre. On l'adore dans l'esprit, dans le c¦ur, par la gorge, et, chez le yogi plongé dans son yoga, dans le crâne, cette partie du corps étant la chapelle où l'on adore le Dieu suprême, Dieu Siva. Telle est la puissance de la dévotion et de la communion avec le centillion de devas, qu'il suffit du tintement d'une clochette, d'une lueur de flamme, d'un petit point rouge formé sur le front, d'une fleur offerte avec soin, pour que soient invoqués Dieu et les dieux. Après le puja, ou l'abhishekam, nous en sentons le résultat, le sannidhya, ou divine présence de la déesse, Mère de l'Amour, qui pénètre jusqu'aux derniers murs du temple. Vraiment, la finesse des ressources de notre religion proclame sa grandeur!
Le Dieu suprême est le saint Sivalingam,
l'âme incarnée est le puissant taureau,
et l'ignorance est l'autel consacré.
Ces choses se révèlent à ceux qui contemplent le temple à Siva...
Chariya, essentielle au salut, est le souffle
de la suddha-saïva en ce bas-monde.
Saint Tirumular
Leçon 55
Samedi
Croyance hindoue sivaïte 9
A propos de karma,
samsara, et la délivrance.
Qu'est-ce que le karma? Karma, en sanskrit, signifie «acte» ou «action», et par extension désigne le principe de «la cause et de l'effet». Dans le sens ésotérique, karma désigne la somme de toutes les actions de nos vies, présente et antérieures, ainsi que les réactions qu'elles entraînent, le tout formant notre avenir. Mais karma ne signifie pas «fatalité», car à tout moment l'homme jouit pleinement du libre arbitre.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Karma, c'est l'esprit en mouvement. Lorsque l'esprit est immobile, il n'y a plus de karma. Chaque action entraîne une réaction. Si on plante des courges, on récolte des courges. Si on sème la bonté, c'est la bonté qu'on récolte... On ne peut récolter que ce qu'on a planté soi-même. Or, on ne peut agir pour un autre. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Puisque chaque action entraîne une conséquence correspondante, les effets du karma peuvent être bénéfiques ou catastrophiques. Sagesse consiste donc à bien mener sa vie et anticiper la réaction avant d'agir. Toute réaction n'est pas nécessairement immédiate: certaines ont tendance à s'accumuler et rebondir soudainement. La pénitence est un karma qu'on s'inflige soi-même pour payer à l'avance la réaction qu'on anticipe en conséquence d'une certaine action. La pénitence bien accomplie intervient entre l'action et la réaction, équilibrant et radoucissant le karma.
Comment est-ce qu'on résout son karma? En appliquant aux expériences de notre vie les principes de la religion, nous résolvons notre karma, en n'en créons pas de nouveau.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: On ne peut pas se débarasser du mal simplement en l'exposant. Ce n'est que lorsqu'on tâche d'être bon, honnête, et faire preuve d'amour, que le mal disparaît... Invoquez la grâce de Dieu et empêchez à l'esprit de vagabonder par la voie des sens. Répétez les cinq syllabes sacrées avant que les karmas du passé ne se soulèvent et vous accablent... Les événements se déroulent selon prarabdha-karma. Ils n'affectent pas l'âme. Mais l'homme, par simple habitude, s'identifie à ces événements, et devient alors sujet au plaisir et à la douleur. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: La religion, la loi du Seigneur Siva, contient dans sa structure les actions et interactions qui sont capables de dissoudre les karmas négatifs, d'affirmer les karmas positifs, et d'amalgamer nos diverses énergies en un seul élan conforme au dharma. Quand on reconnaît quel est son dharma, et que la communauté le reconnaît aussi, alors on peut vivre son dharma. Le dharma bien vécu, bien accompli, nous fait éviter les aspects les plus rudes du karma. Et lorsqu'on s'adonne régulièrement à la sadhana, qu'on fait un pélerinage au moins une fois par an, et qu'on tâche de pourvoir aux besoins d'autrui, on invoque les énergies spirituelles qui dormaient en nous, nous avons le pouvoir de diriger nos esprits vers des pensées utiles, et nous évitons de fabriquer de nouveaux karmas opprimants. Ainsi, nos pratiques religieuses nous libèrent des lourdes chaînes du karma. En accomplissant notre dharma, nos devoirs sociaux et religieux en cette vie, nous nous disposons à connaître les mondes intérieurs en même temps que nous devenons de plus en plus efficaces dans le Premier Monde.
Comme le serpent qui change de peau,
comme l'oiseau qui sort de sa coquille,
comme le rêve qui s'évanouit au reveil,
ainsi l'âme, par la grâce de Siva, s'en va
de naissance en naissance,
arrivant au lieu destiné où elle éprouve les conséquences
des deux karmas, le bon et le mauvais.
Saint Tirumular
Leçon 56
Dimanche
--
Je crois en la loi du karma,
que toute âme doit elle-même récolter
l'effet de toutes ses actions,
et qu'elle continuera à se réincarner
jusqu'à ce qu'elle résolve tous les karmas
et parvienne à moksha, la délivrance.
Qu'est-ce que la réincarnation? La réincarnation, ou samsara en sanskrit, est le cycle naturel de la naissance, la mort, et la renaissance. Quand on meurt, l'âme se détache du corps physique et du Premier Monde, vit au Deuxième Monde pour quelque temps, et puis renaît en ce Premier Monde.
Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Depuis toujours, le principe de la réincarnation est l'élément consolateur de notre religion, qui élimine la crainte innée de la mort. Les Sivaïtes ne craignent pas la mort, mais ne sont pas, pour autant, impatients d'y arriver. Chacun sait que sa vie est éternelle. La conscience, à un moment donné, quitte le corps physique et continue sans interruption à vivre dans le corps astral qui est une reproduction exacte du corps physique. Dans le Deuxième Monde, l'esprit continue, l'émotion continue, les amitiés et la parenté continuent. Puis, tout juste avant de se réincarner, l'âme se débarasse du corps astral, et, dans son corps naturel et lumineux, s'élève jusqu'au Troisième Monde, où elle demeure brièvement. Puis elle revient au Premier Monde pour entrer en un sein maternel. On ne peut échapper ni à la vie ni à ses expériences. Le suicide ne fait qu'intensifier et accélérer le karma, qui produira tout de suite une série de naissances inférieures . Il faudra alors plusieurs vies pour que l'âme puisse en revenir exactement au même point de son évolution où elle se trouvait lors du suicide, et puis faire face une fois encore au même embrouillement du karma, qui n'a jamais cessé d'exister pour elle, et tâcher cette fois de bien le résoudre. Ainsi tourne éternellement la grande roue de samsara. Afin de gagner une bonne naissance, nous devons vivre selon les lois naturelles du dharma, et passer par le karma qui est le nôtre pour cette vie, tout en gardant l'esprit positif.
Qu'est-ce que moksha? Moksha est la délivrance. Lorsque moksha est atteinte, nous n'avons plus à renaître sur cette planète. L'âme continue alors à évoluer au Deuxième Monde, et puis plus tard, au Troisième Monde. Enfin, elle s'unira et se fondra dans le Seigneur Siva.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: L'homme peut arriver à connaître ses vies passées et futures. Mais en se débarassant du désir, il peut s'affranchir tout à fait du besoin de renaître... Durant toutes mes vies, il demeurait auprès de moi. Et c'est lui qui terminera cette vie présente. Et lui-même encore qui m'accorda la grâce de ne plus avoir à renaître. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Moksha se manifeste une fois que tous les karmas inutiles ont été résolus, que le dharma a été bien accompli, et que Dieu a été réalisé. Ainsi, avant d'atteindre moksha, l'âme doit avoir accompli tous les dharmas, toutes les castes, et vécu par toutes les diverses expériences de la vie, afin de n'être pas entraînée une fois encore à renaître à cause d'une action negligée. Moksha est le poteau indicateur qui signale que l'âme est dorénavant affranchie de samsara. Chaque Sivaïte qui poursuit le chemin spirituel cherche à atteindre moksha. Il sait que c'est là son objectif ultime, et qu'il y arrivera un jour. Pourtant, il sait aussi qu'il n'y arrivera pas nécessairement dans cette vie-ci, et ne s'imagine pas que cette vie sera la dernière. Bien qu'il ait eu de profondes expériences et réalisations spirituelles, le dévot sait bien qu'il reste encore beaucoup à faire sur cette Terre, et qu'il n'y a que quelques âmes exceptionnelles qui atteingnent moksha au cours de chaque siècle.
L'homme agit selon ses désirs. Après la mort,
il se rend au prochain monde portant dans son esprit
les empreintes subtiles de ses actions, et là,
il en récolte les fruits. Puis, il revient encore en ce monde d'action.
C'est ainsi que celui qui désire
se livre à la renaissance.
Brihadaranyaka-Upanishad
Chapitre Neuf
1. Dixième croyance, à propos du concept:
Le bien règne partout
2. Onzième croyance, à propos des margas:
Les quatre étapes du progrès spirituel
3. Douzième croyance, à propos du Panchakshara:
Les cinq syllabes sacrées
Leçon 57
Lundi
Soirée en Famille
Où Gurudeva explique que ce monde est parfait
et nous parle de chariya et de la dévotion envers le Guru.
Aspirant: Il y a tant de désordre et misère, Gurudeva, comment peut-on dire que le monde est parfait?
Gurudeva: C'est du sommet de la conscience cosmique qu'on perçoit la perfection du monde. Mon satguru, Siva Yogaswami, contemplait l'univers de ce point de vue «intérieur», d'où il constatait qu'il n'y a, sur cette Terre, aucun mal, aucune erreur, aucun désordre.
Du sommet de la montagne, nous voyons le rapport naturel qui existe entre les hautes falaises et les vagues de l'océan qui s'écrasent à ses pieds. C'est une merveille à contempler. Mais vus du bas, du rebord de l'une des falaises, ces mêmes phénomènes nous inquiétent, nous effraient. Ces deux points de vue extrêmes existent partout dans la nature, et dans vous-même. Dieu Siva met ses enfants sur Terre pour qu'ils connaissent les expériences de la vie. Et il surveille, surveille constamment, protège, et nous donne la main tout le long du voyage spirituel. Chaque âme doit passer par l'esprit instinctif, s'épanouir en lui, et arriver à le comprendre, doit passer par l'esprit intellectuel, s'épanouir en lui, et arriver à le comprendre, doit atteindre enfin l'esprit superconscient, et désormais y demeurer en béatitude. La Terre serait certes bien plus tranquille et agréable s'il n'y avait plus d'humains y faisant et vivant leurs karmas. L'écologie des plantes et des animaux est bien équilibrée. Nous, les humains, devrions bien prendre conscience du fait que nous aussi, nous faisons partie d'un vaste système écologique.
Aspirant: S'il vous plaît, illuminez-nous à propos de la voie de chariya.
Gurudeva: Cette étape est comme le stage enfantin où l'on entend toujours: «Fais ceci.» «Ne fais pas ça!» «Ceci is bien, cela n'est pas bien.» Chariya est la période spirituelle où nous apprenons à éviter de faire ce qui est mal et à faire ce qui est bien.
.
L'aspirant à la spiritualité doit éviter les excès de nourriture, la médisance, la colère, la haine, la convoitise, l'avidité et la ruse. Ces restrictions ou principes sont bien propices pour nous guider et nous stabiliser dans la vie spirituelle parce qu'ils indiquent les moyens de maîtriser l'esprit instinctif. Chariya, c'est faire ses premiers pas sur le chemin spirituel en faisant ce qui est bien et correct. C'est apprendre à maîtriser les élans instinctifs. C'est travailler pour l'amour du travail, plutôt que pour le résultat. Et enfin chariya, c'est accomplir tous nos devoirs envers parents, époux, enfants, famille, village, et temple local. En perfectionnant tous ces aspects de notre vie, nous accomplissons chariya.
Aspirant: Qu'est-ce que la dévotion envers les saints pieds du Satguru?
Gurudeva: Le Sivaïte adore les tiruvadi, ou saintes sandales, qui sont pour lui la source de la grâce.
De même que nos pieds touchent la Terre, les pieds du satguru représentent sa proximité, et le contact que nous avons avec lui. Ce n'est pas la personnalité du satguru ou son aspect humain que nous vénérons, mais le divin en lui. Quand il est présent physiquement, nous nous prosternons devant lui et touchons ses pieds. Et quand il est absent, nous dirigeons notre révérence envers les tiruvadis comme s'ils étaient lui-même. Les pieds du Satguru sont toujours doux et favorables, et facilitent l'accès aux regions intérieures de nous-même. Le guru est là pour nous aider à faire notre chemin, à éviter ou surmonter chaque obstacle qui surgit. Souvenez-vous toujours de cette règle clé: obéissez à votre guru.
Kriya adore Siva manifeste.
Yoga adore Siva non manifeste.
Jnana est le haut chemin, et
Chariya, c'est la dévotion du c¦ur exalté.
Saint Tirumular
Leçon 58
Mardi
Croyance hindoue sivaïte 10
A propos du concept:
le bien règne partout
Quelle est la nature intrinsèque de l'homme et du monde? Intrinsèque signifie «qui est inhérent et essentiel à un objet». Ce qui est inhérent et essentiel à tout être, c'est son âme, dont la nature est bonté parfaite. De même le monde, en son essence, est une création parfaite de Dieu Siva.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Le vénérable sage Chellappan disait souvent qu'il n'y a aucun mal, nulle part. Si Dieu existe partout et en toute chose, où donc peut-on trouver le mal? Les choses du monde sont éphémères et, pour cette raison, nous croyuons parfois avoir vu quelque principe mauvais. Mais en fin de compte, nous devons conclure que Dieu seul sait ce qu'il fait. L'ordre et l'équilibre règnent partout dans l'univers. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: L'âme rayonne d'amour, est une enfant de Siva qui est en train de grandir et de passer par le processus de l'évolution. A mesure qu'elle grandit, elle ressemble de plus en plus à son Père, Siva. La bonté, la pitié, la compassion, et l'amour sont les qualités intrinsèques de l'âme. Peut-on croire autrement? L'âme peut-elle exprimer autre chose que la sagesse, la connaissance pure, la joie, le contentement, et toutes ces fines qualités qui proviennent de la superconscience? L'âme, à tout moment de son évolution, demeure unie à dieu en sa perfection omniprésente, Satchidananda. D'où provient donc l'idée du mal et de la souffrance? Ce sont anava, karma et maya, les jouets de l'âme, qui sont cette apparente souffrance. Comme un enfant, nous jouons avec les jouets d'anava dans le parc pour enfants de maya, nous courrons, nous tombons, et karma nous égratigne. Alors, nous courons en pleurant vers Siva pour qu'il nous réconforte et nous guérisse de l'immaturité spirituelle.
Alors pourquoi y a-t-il des hommes qui font le mal? Les hommes font le mal lorsqu'ils ont perdu contact avec leur âme et vivent totalement d'après les instincts.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Quand le verre de la lanterne est endui de suie, on ne peut plus voir la lumière. Ainsi maya obscurcit l'âme. L'ordre règne en cet univers. Même le voleur et les malfaiteurs font partie de cet ordre. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Ceux qui en sont encore à leur première évolution semblent faire le mal car ils n'ont pas encore pris contact avec l'état de conscience divin de leur âme immortelle. Et ceux qui étaient bons hier et qui font le mal aujourd'hui n'étaient pas fermement établis dans cet état de conscience divin qui est éternellement leur nature intérieure. Les enfants sont parfois malicieux, on s'y attend, on les corrige, et ils s'adaptent enfin aux m¦urs des adultes. On s'attend à ce que les âmes jeunes soient malicieuses aussi, et on les corrige, on adapte leur karma à leur dharma, et la société les tient en bonne voie. L'idée du mal a davantage de prise dans l'esprit de la victime et du témoin que dans l'esprit du malfaiteur. Lorsque nous faisons preuve de compassion et d'indulgence, nous vivons en ce monde sans y être attaché. En toute action, nous savons discerner le motif et les impulsions instinctives ou intellectuelles qui en étaient la cause. Et lorsqu'on nous injure, nous savons comprendre que notre douleur n'est que la conséquence d'un karma qu'autrefois nous avions nous-même mis en marche, que celui qui nous a injurié n'en est que l'instrument, et qu'il devra lui aussi subir l'injure le jour où ce karma lui reviendra. Soyons compatissants, car vraiment, il n'y a pas de mal intrinsèque.
Ce qui est froid, ce qui est chaud,
la bonne fortune, et la mauvaise,
le pur et l'aigre,
l'amour et la haine envers les êtres,
l'effort et la paresse,
l'exalté et le déchu,
le riche et le pauvre,
le bien fondé et le mal fondé,
nul n'est autre qu'Isha lui-même,
nul autre que lui ne pouvons-nous connaître.
Ajita-Agama
Leçon 59
Mercredi
--
Je crois
qu'il n'existe
aucun mal
intrinsèque.
D'où provient cette nature instinctive? Le Seigneur Siva a créé toute chose, y compris les aspects instinctif, intellectuel, et superconscient de notre être.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: La faiblesse appartient au corps et à l'esprit. L'âme, elle, déborde de force et d'énergie... Il n'existe aucun mal, pas une seule chose qui soit mauvaise. Pourtant nous devons craindre de faire le mal. Ceux qui ne sont pas conscients de la bonté inhérente à leur âme vivront une vie troublée par les peines et les plaisirs de ce monde. Les sages se débarassent des idées de bien-et-mal, de bon-et-mauvais, et de moi-et-les-autres. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: D'où provient le mal? Il ne provient de nulle part. Il n'y a pas de source du mal. Ce qui semble être le mal ne provient que de l'ignorance elle-même. L'observateur ignorant se plaint des méfaits et des malfaiteurs, les craint, les critique, et tente ainsi de se justifier lui-même, croyant ainsi se distinguer. Mais l'ignorant juge mal. Il vaudrait bien mieux, au lieu de percevoir le bien et le mal par le monde, s'appliquer à comprendre la nature humaine en ses trois aspects: l'instinctif, l'intellectuel, et le superconscient. Quand l'aspect instinctif et bas domine l'homme il tend à la colère, la peur, l'avarice, la jalouisie, la rancune, et la médisance. Lorsque c'est l'intellect qui domine, l'homme analyse les choses et tend vers l'orgueil et l'arrogance. Et ce n'est qu'une fois que l'âme superconsciente se manifeste dans sa vie que ses belles qualités inhérentes font surface: la compassion, le discernement, la modestie, et bien d'autres encore. Tout ce qu'a créé le Seigneur existe en un parfait équilibre, mais ce n'est pas dire que le bien et le mal ont une influence égale dans nos vies. L'impression que le mal existe n'est qu'ignorance. Soyons compatissants, car vraiment, il n'y a aucun mal.
Pourquoi est-ce que Dieu Siva créa l'instinct et l'intellect? Dieu Siva créa notre nature instinctive et intellectuelle pour fournir à notre âme l'expérience qu'il lui faut pour se développer et évoluer.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Si tout était parfait, il n'y aurait nul besoin de naître... De même que le médecin réunit plusieurs herbes en un seul médicament pour guérir le patient, de même le grand Médecin ominiscient donne à l'âme un corps, des facultés mentales, un monde, et de nombreuses expériences pour la guérir de sa maladie et l'établir dans la béatitude de la délivrance. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Le Seigneur Siva a créé toutes les âmes. Et, pour gouverner leur évolution, il a créé les mahadevas. Le Seigneur Ganesha veille sur l'âme jeune, dans sa première évolution. Le Seigneur Muruga veille sur l'âme adulte et âgée. Les instincts, ou tendances animales des âmes jeunes, sont puissants. L'intellect qui n'est pas encore développé est incapable de les gouverner. Mais une fois qu'il se développe, la nature instinctive se résorbe et se calme. Et puis enfin, lorsque l'âme elle-même se développe, et qu'elle domine l'intellect qui était devenu grand et fort, elle ôte le harnais que celui-ci avait imposé sur elle en même temps que sur la nature instinctive. L'âme se trouve profondément gênée par la grossièreté du corps physique, dont les impulsions, les envies, et les craintes lui sont bien étrangères. Toutefois, cette différence entre l'âme et l'être extérieur de l'homme diminue de jour en jour à mesure qu'on s'adonne régulièrement à la pratique religieuse et, de temps en temps, à la sadhana. Faisons preuve de compassion, sachant qu'il n'existe aucun mal intrinsèque.
Ses actions font le caractère de l'homme.
S'il fait le bien, il devient bon.
S'il fait le mal, il devient mauvais.
Par ses actions pures, il se purifie,
par les impures, il se pollue...
Après la mort, il se rend au prochain monde
portant dans son esprit
les impression subtiles de ses actions.
Brihadaranyaka-Upanishad
Leçon 60
Jeudi
Croyance hindoue sivaïte 11
A propos des margas,
les quatre étapes spirituelles
Qu'est-ce que chariya? Nous nommons chariya le stade spirituel où l'on se purifie en apprenant à vivre selon les principes religieux et moraux traditionnels.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Le seul chemin spirituel que je connaisse, c'est le chemin de la vertu. Il n'y a pas d'autre chemin, je vous assure. Je vous assure qu'il n'y a pas de moyen plus facile pour arriver à la connaissance de soi... La pratique de sivathondu en ce monde, c'est chariya, c'est kriya, c'est yoga, et c'est jnana. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: L'individu pratique chariya parce qu'il doit le faire. La société l'y oblige. Il a beau, dans sa nature instinctive, résister et protester, ses parents, par bonté et amour de lui, établiront fermement les principes de chariya dans sa vie. On pratique souvent chariya avec l'idée que Dieu existe extérieurement à nous, qu'il est autre que nous, et loin de nous. Ainsi il se peut qu'on le craigne, et qu'on l'adore par respect de cette crainte. Nous allons au temple parce qu'il le faut. Nous faisons nos dévotions à l'autel familial parce qu'il le faut, bien qu'on pensera peut-être que c'est perdre son temps et qu'on aimerait mieux faire autre chose. Même l'action qui consiste à échapper aux pratiques religieuses pour faire ce qui nous plaît davantage, en sachant bien ce qu'on fait, même cette action fait partie intégrante de chariya-marga. Pour accomplir le saïva-dharma, il est absolument nécessaire de poursuivre chariya, de pratiquer le karma-yoga, et d'intégrer toutes ces pratiques en notre vie de tous les jours. Tout Sivaïte poursuit le chemin qui va de chariya à kriya, à yoga, à jnana, et aboutit enfin à moksha.
Qu'est-ce que kriya? Nous nommons kriya le stade spirituel où l'on se rapproche de Dieu Siva et des dieux, et où l'amour pour eux grandit tandis qu'on fait régulièrement ses dévotions au temple et en soi-même.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Travaillez pour le travail. Aimez pour l'amour. Ce monde est un vaste temple où se rendent toute sorte de pélerins: des bons, des mauvais, et des indifférents... Occupons-nous à bien faire nos dévotions au lieu de critiquer nos voisins... Nous pratiquons tous le yoga. Karma-yoga consiste à agir tout en faisant abnégation de soi. Siva-yoga consiste à agir uniquement pour le Seigneur. Yoga veut dire avant tout qu'on se concentre mentalement. Tous les autres yogas suivent une fois qu'on a accompli bhakti-yoga. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Le saïva-dharma exige qu'on accomplisse bhakti-yoga pendant qu'on est en kriya-marga, c'est-à-dire qu'on cultive une dévotion profonde, que l'intellect s'adoucisse et devienne souple et flexible, tandis que l'amour, lui, se stabilise et se consolide. L'enfant, l'adolescent, ou l'adulte qui aime Dieu, a hâte d'arriver en sa demeure divine, son temple. Dès qu'il y est, il éprouve espoir et réjouissance. Son âme est déjà perfectionnée en chariya, chose qu'il a accomplie dans une vie précédante. Il fut un temps où il était bien malicieux, mais plus à present. Savoir accomplir kriya est une qualité sivaïte qui, chez le bhakta, est innée. Je dis qu'elle lui est innée parce qu'en ayant accompli chariya dans une autre vie, il a engendré un karma qui évolue, et qui en arrive maintenant à ce stade où la compréhension de Dieu, des dieux, et des devas s'approfondit et s'élargit tout naturellement. Et c'est avec joie que cette âme fleurissante fait maintenant ses dévotions au temple, non plus parce qu'elle y est obligée, mais parce qu'elle y éprouve une satisfaction profonde. Il n'y a plus que le temple qui puisse assouvir son désir. Elle chante avec joie. Elle étudie les écritures saintes. Elle est bien établie en kriya, et bien lancée pour arriver à yoga, jnana, et enfin à moksha.
Celui-là seul est vraiment instruit,
a bien reussi, et marche vers
une destinée favorable,
qui bride son esprit et
ne le laisse plus vaguer comme le vent.
Il a obtenu la précieuse récompense
des chercheurs ardents, possède
la plus haute vertu,
a atteint la sagesse, et la force spirituelle.
Le voilà bien lancé sur la voie de la délivrance.
Devikolattara-Agama
Leçon 61
Vendredi
--
Je crois qu'il faut absolument poursuivre chariya
(le chemin de la vertu), kriya (le chemin de la dévotion),
et yoga (le chemin qui, par la grâce du Satguru vivant,
mène à l'union mystique en Parasivam)
avant d'atteindre à l'état de jnana.
Qu'est-ce que yoga? Nous nommons yoga le stade spirituel où l'on adore Dieu et les dieux en soi-même, et où l'on pratique diligemment la méditation sous la direction d'un satguru dont la grâce mène à l'aboutissement du yoga-marga: la réalisation de Parasivam.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Les vagues se soulèvent sur l'ocean. De même, les pensées se soulèvent dans l'esprit. Le yoga consiste à gouverner les pensées à mesure qu'elles se soulèvent. Les grandes âmes nous apprennent toutes que le mot yoga signifie «union»... Pour arriver à Dieu, l'esprit ne doit plus tendre qu'en une seule direction. Ce n'est pas chose commode que de maîtriser l'esprit. On n'y arrive pas en un jour, ou même en une année. C'est à force de diligence, de constance, et de grands efforts qu'on arrive, petit à petit, à gouverner ses pensées. Ainsi l'esprit sauvage se laisse enfin dompter. Il n'y a pas de plus grand triomphe pour l'homme... Ayant atteint l'état de yoga-samadhi, vous comprendrez la vanité du plaisir et de ses objets. C'est grâce à ces simples enseignements que mon Gurunathan me fit arriver, par mes propres moyens, jusqu'aux tréfonds de moi-même. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Le Satguru, c'est celui qui a réalisé l'absolu Sivam, et qui connaît le chemin qui passe par chariya, kriya, yoga, jnana et mène jusqu'à moksha. Les plus hautes pratiques sivaïtes sont celles du yoga. Le jnana n'est qu'une simple conséquence du yoga perfectionné. Il en est la récompense. Lorsque l'adepte a atteint les sommets de kriya-marga, et qu'il se met à pratiquer le yoga, les dieux l'accueillent dans leur monde, où il arrive en passant par cette forteresse de feu, son corps. Les dieux élèvent le feu de kundalini jusqu'au Deuxième Monde d'abord, et jusqu'au Troisième ensuite. Le yogi a bien besoin, en effet, de ce doux guide, son satguru.
Qu'est-ce que jnana? Nous nommons «jnana» la grande sagesse divine qui rayonne autour de l'âme mûrie et illuminée. Jnana est l'état d'esprit tout imprégné de béatitude et de connaissance divines, où vit l'âme tandis qu'elle résout ses derniers karmas terrestres.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Il n'est rien de plus admirable que de vivre sur cette Terre en jivanmukti, et de se conformer aux coutumes et aux exigences de cette vie terrestre tout en sachant ce que savent les yogis qui ont accompli de rigoureux tapas: que l'âme aujourd'hui ne diffère aucunement de ce qu'elle fut autrefois, ni de ce qu'elle sera dans l'avenir. Ainsi, tandis qu'ils sont encore parmi nous et en ce monde, ces êtres admirables vivent tirés d'erreur, l'esprit eclairci... C'est sivathondu qui, sur cette Terre, nous mène aux sommets de chariya, kriya, et yoga, et qui s'épanouit enfin en Siva-jnanam: le grand éclaircissement. L'origine de toute connaissance brille éternellement en moi; je n'ai pas à apprendre. Je tiens en ma main le secret de l'existence. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: L'état de jnana est la conséquence naturelle des pratiques du yoga. Chez l'âme encore jeune, l'esprit instinctif est une forteresse inébranlable. Chez l'âme adolescente, l'esprit intellectuel est complexe, et ne laisse percevoir d'autre réalité que celle de ce Premier Monde. Chez l'âme que s'est perfectionnée en kriya et qui a des tendences mystiques, l'esprit sub-superconscient est irrésistiblement attiré vers les deux perfections de Dieu Siva: Satchidananda et Parasivam. Grâce au yoga, cette âme arrivera à pénétrer un jour, soudainement, dans l'esprit superconscient du Seigneur--dans l'expérience de la béatitude, de l'omniscience, du silence parfait. L'intellect s'effondre alors tout entier, et l'âme est libre de prendre son plein essor, et aller se fondre en Parasivam. Cette âme, cet être, est devenu un jnani, celui qui a connu ce qu'il y avait à connaître, celui qui demeure désormais en un état d'esprit tout nouveau que l'on nomme «superconscent». Il sait dorénavant la réponse avant même d'avoir formulé la question; il possède la solution avant d'avoir confronté le problème.
Le Soi ne se laisse par saisir
par les faibles, les tièdes, ou les hypocrites.
Conscience de Soi s'épanouit à mesure que
se développe la force spirituelle, la constance,
et le détachement sincère...
Ayant connu le Soi, le sage trouve enfin la satisfaction.
Désormais, l'évolution étant terminée,
la sérénité étant acquise,
le désir s'étant à tout jamais envolé,
il ne vit plus qu'en union parfaite
avec tout ce qui est.
Mundaka-Upanishad
Leçon 62
Samedi
Croyance hindoue sivaïte 12
A propos des
cinq syllabes sacrées.
Quel est le sens littéral de «Namasivaya»? Le sens littéral et exotérique de Namasivaya est: «adoration envers Dieu Siva». Ce mantra, ou formule invocatrice, se nomme Panchakshara, les cinq syllabes.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Portez des graines de rudraksha et répétez le Panchakshara. Puis, laissez votre c¦ur s'adoucir et fondre. Répétez les cinq syllabes et, comblés d'amour, vous découvrirez sa volonté divine. Répétez, et vous vous purgerez de l'impureté, de l'angoisse et de l'incertitude. Nous te saluons, Namasivaya! Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Le mantra Panchakshara est le Verbe, le nom du Divin, et son essence totale. Mais il ne suffit pas simplement de pouvoir le répéter, il faut y avoir été initié, c'est-à-dire autorisé à le répéter. Ce n'est qu'alors qu'il a de la force. De même, un chèque qu'on écrit n'a de la force que lorsqu'il correspond à des fonds en banque. Ce n'est que la personne initiée, et dont la famille est accomplie en chariya, qui puisse répéter ce mantra. Namasivaya est le portail d'entrée du yoga-marga. Mon Gurunathan m'ouvrit ce passage lorsque, de vive voix, il me transmit Namasivaya. Depuis ce moment, ma vie entière gravite autour des cinq syllabes sacrées, toute ma force en provient, et grâce à elles, ma destinée se manifeste. Simplement apprendre Namasivaya en le lisant dans un livre, ou en l'entendant prononcer par quelque personne non autorisée, c'est recevoir de la monnaie périmée qu'on ne peut dépenser. Le secret de Namasivaya, c'est de l'entendre dire au moment propice par celui qui est destiné à vous le transmettre. Ce n'est qu'alors qu'il sera pour vous le plus puissant mantra de la religion sivaïte.
Quel est le sens ésotérique des cinq syllabes sacrées? Chacune des cinq syllabes est un symbole: Si représente Siva; Va, sa grâce révélatrice; Ya, l'âme; Na, sa grâce obscuratrice; et Ma,le monde.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Les cinq syllabes firent naître ce corps. Les cinq syllabes firent resplendir l'âme. Les cinq syllabes engendrèrent la béatitude. Les cinq syllabes me continrent tout entier. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Namasivaya est tellement et profondément sivaïte que la seule prononciation de ces syllabes suffit à libérer l'âme du perfide esprit instinctif et des chaînes d'acier que forge l'esprit intellectuel. Namasivaya calme l'instinct, fond les chaînes d'acier, et cause cet intellect intelligent à se retourner sur lui-même, à se contempler, et à percevoir sa propre ignorance. N'oublions jamais que mantra, c'est la vie, que mantra, c'est l'action, que mantra, c'est l'amour, et que de répéter le mantra, c'est-à-dire pratiquer japa, c'est éveiller la sagesse qui dort en nous. Le premier yoga à pratiquer en vue d'atteindre jnana, c'est japa-yoga. Pratiquez le japa au temple. Pratiquez-le sous l'arbre sacré. Pratiquez-le dans la grotte isolée. J'ai pratiqué le japa toute ma vie, c'est ma sadhana silencieuse. Maintenant la répétition est devenue automatique. Comment pratique-t-on le japa? Aum Namasivaya, Aum Namasivaya, Aum Namasivaya... Voilà comment on pratique le japa!
La main qui bat le tambour: Si.
La main qui s'incline: Va.
La main qui offre le refuge: Ya.
La main qui élève le feu: Na.
Le pied de lotus, posé fermement sur anava: Ma.
Ainsi s'explique la divine Danse de Si Va Ya Na Ma.
Saint Tirumular
Leçon 62 ((second part of this lesson))
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Je crois en le mantra Panchakshara,
les cinq syllabes sacrées, «Na Ma Si Va Ya»,
mantra émient et essentiel du sivaïsme.
Pourquoi le Panchakshara est-il notre mantra éminent et essentiel? Nous disons que le Panchakshara est éminent parce qu'il est le plus sacré des noms de Dieu. Nous disons qu'il est essentiel parce qu'il contient, dans son sens ésotérique, l'essence de toute la philosophie sivaïte.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: A vrai dire, Namasivaya est à la fois Veda et Agama. Il contient tous les tantras. Il est la substance de nos âmes, de nos corps, et de nos biens. Namasivaya est notre appui fidèle et notre protecteur. Ne cessez jamais de prononcer Namasivaya. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Chaque son trouve son complément dans le silence. Ainsi nous avons: Na et le silence, Ma et le silence, Si et le silence, Va et le silence, Ya et le silence. Lorsque l'esprit s'extasie et se perd dans Namasivaya ou Sivayanama, est-ce que ce n'est pas, en effet, au silence des espaces entre les sons que l'âme se raccroche, et à la force de ce silence? L'âme se nourrit de son. Le son qu'émet une certaine voix peut vous blesser, vous choquer, vous réjouir, ou vous combler. Les vibrations subtiles que chaque syllabe engendre, et qui demeurent après que le son s'est évanoui, ce sont les fleurs et les fruits qui nourrissent l'âme, et lui donnent la force de grandir et de s'épanouir rapidement. L'adepte qu'on a initié correctement répète Namasivaya à haute voix. Et puis, lorsqu'il pratique son japa intérieurement, c'est Sivayanama qu'il prononce, dans le silence, et dans la subtilité. Il existe cinq façons de prononcer ce mantra, chacune visant un objectif spirituel particulier. Je salue les cinq syllabes et le Silence qui palpite parmi elles! Je salue le saïva-dharma qui s'en dégage! Je salue Namasivaya!
Quelle est la façon correcte de réciter ce mantra? On peut réciter Aum Namasivaya soit à haute voix ou mentalement, et en comptant, si l'on veut, sur un chapelet de graines de rudraksha ou de bois de santal.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Afin que la foi sivaïte prospère, que la vérité se propage, que nos esprits soient convaincus de l'existence de Dieu, que le nombre des fidèles sincères s'accroisse partout dans le monde, récitons Namasivaya pendant toute la durée de nos vies... Ah! Quelle joie de chanter le mantra primordial qui mène au but: la délivrance. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Nous devons répéter Aum Namasivaya de nombreuses, nombreuses, fois en tournant notre chapelet de rudrakshas lorsque le Soleil se couche, lorsqu'il se lève, et à midi, quand il est haut. «Aum Namasivaya», le Sivaïte répète. Aum Namasivaya nourrit son âme, éclaircit son intellect, et calme ses instincts. Prenez les graines de rudraksha, les saintes larmes qu'a versé Dieu Siva pour l'humanité, prenez-les dans la main droite. Faites glisser l'une des graines par dessus le majeur en poussant avec le pouce, et marquez le temps d'arrêt tandis que vous prononcez le mantra. Répétez ainsi pour chaque graine. Chantez «Aum Namasivaya». Il y a diverses façons de le prononcer: faites à la manière de celui qui vous a initié. Il est interdit de s'y essayer sans être autorisé! Ceux qui n'ont pas été initiés correctement et qui veulent pratiquer le japa peuvent toujours réciter «AUM». Aum est votre héritage naturel, un mantra magnifique dont vous pouvez vous servir à volonté et sans risques, à n'importe quel stage de la vie et de l'évolution. C'est le mantra Aum qui vous fera trouver celui qui est destiné à vous initier aux merveilles de Namasivaya.
Si, les mains jointes en adoration,
on s'en remet entièrement au resplendissant Seigneur des Vedas,
tout en ne cessant d'invoquer ses saints pieds de grâce,
alors son nom le plus sacré, Namasivaya,
sera notre radeau de sauvetage,
même lorsque la charge est lourde,
et que l'océan gronde.
Saint Appar
Leçon 63
Dimanche
L'affirmation de notre foi
La formule qui résume
notre credo.
Comment affirme-t-on notre foi? Nous affirmons notre foi par cette simple phrase qui résume toutes les croyances et enseignements de notre religion: «Dieu est Amour omniprésent et Réalité transcendante.»
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Infiniment glorieux par son aspect transcendant, infiniment beau par son aspect immanent--ceux qui ont pu le reconnaître ainsi, leur bien-aimé se manifestant en des formes pleines de grâce, ceux-là sont les vrais vainqueurs qui ont atteint la béatitude éternelle... Gloire à cette divine grâce transcendante, qui est cependant la Cause première de l'existence. Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Quand vient le matin, je me réveille en entendant mon esprit qui répète, «Anbe Sivamayam, sattiyame Parasivam» et en sentant l'amour de Dieu Siva qui dirige ma troisième vision sur moksha. «Anbe Sivamayam, sattiyame Parasivam: Dieu est Amour omniprésent et Réalité transcendante.» C'est ainsi que je commence ma journée, en affirmant ma foi. Nous devons fortifier nos esprits par de puissantes affirmations qui perceront jusque dans les catacombes de nos esprits, pour y enregister les vérités essentielles et ultimes de notre religion. Ainsi, on marque profondément l'esprit et on se fait une mémoire qui engendre la force spirituelle et vient à notre rescousse à l'heure de la tentation, la détresse, ou l'angoisse. Il ne tient qu'à nous de fortifier notre esprit, et refaire les instincts et l'intellect, au moyen de ces quatre mots tamouls qui, avec Aum, en font cinq: «Anbe Sivamayam, sattiyame Parasivam. Aum.» Ou bien, en français: «Dieu Siva est Amour omniprésent et Réalité transcendante. Aum.» Oui, oui, oui, c'est ainsi que nous affirmons notre foi. Répétez souvent cette phrase, qu'elle marque profondément votre esprit. Répétez, répétez, que l'impression aille de profondeur en profondeur.
Que signifie notre affirmation de la foi? Lorsque nous répétons cette phrase, intérieurement ou à haute voix, nous affirmons notre croyance en un Dieu à la fois manifeste et non manifeste, qui existe partout dans le monde, et en même temps le trancende, qui est à la fois Amour divin et personnel, et Réalité impersonnelle. C'est tout l'essentiel d'Un Crédo pour les Hindous sivaïtes que contiennent ces quatre mots tamouls.
Le paramaguru Siva Yogaswami proclama: Dieu Siva existe ici, il existe là, il existe partout. Il est chacun de nous. Il est plus grand que tous ses aspects. Rien ne peut le contenir... O Siva, qui demeure sans forme et dans la forme!.. L'Amour qui emplit l'univers, c'est Siva. Les mouvements de la vie suivent la musique de l'Amour. Celui qui est transcendant se fait immanent. Il anime toute l'existence. Il est le Soi au fond de chaque moi. Qui peut comprendre le mystère de sa grâce? Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Chaque Sivaïte du monde répète et proclame: «Dieu Siva est Amour omniprésent et Réalité transcendante», la superbe affirmation de notre foi. Avant chaque repas nous la répétons. Avant de nous quitter, nous la répétons en guise d'au revoir. Ainsi on ne se laisse pas oublier cette vérité sublime: que Dieu est Amour omniprésent, qu'il est Réalité transcendante, et qu'en lui nous trouvons refuge et réconfort.
Le suprême Souverain qui règne
sur tous les êtres vivants et toutes les choses inertes,
et qui inspire l'âme, c'est envers lui,
Pushan notre Protecteur,
que nous dirigeons nos prières,
qu'il multiplie nos biens
et assure la sérénité...
Que Pushan, l'Omniscient, nous bénisse!
Rig-Veda
Leçon 63 ((second part of this lesson))
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Dieu Siva est
Amour omniprésent
et
Réalité transcendante
Comment affirme-t-on notre foi en tamoul? En tamoul, l'affirmation de notre foi est une formule brève et poètique. Elle s'ecrit: (( *** here, insert the Tamil script of aff'n of faith ***)) . Et elle se prononce: anbé sivamayam, sattiyamé parasivam.
Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: Avant de nous endormir, nous répétons: «Anbe Sivamayam, sattiyame Parasivam» tout en voyant mentalement, et l'un après l'autre, chacun des vingt-quatre symboles sacrés de la religion sivaïte. Ainsi on tâche d'atteindre le Sivaloka et le Devaloka pendant le sommeil. Nous pouvons, tandis que nous dormons, visiter brièvement le Sivaloka, et rester longtemps au Devaloka en se faisant inscrire à l'une ou l'autre des écoles sivaïtes qui fonctionnent sur le plan astral dans le Deuxième Monde. «Anbe Sivamayam, sattiyame Parasivam» on répète lorsqu'on se réveille et qu'on se souvient des vérités profondes que l'on a entrevues tandis que nous dormions, et de l'instruction transcendante que nous avons reçue de la part des rishis enseignant dans les écoles du Devaloka. «Anbe Sivamayam, sattiyame Parasivam», on dit après le bain matinal, tandis qu'on se prépare à vivre une nouvelle journée, une journée appartenant à Dieu Siva. Ainsi on ne se laisse pas oublier qu'Umapati, notre Père-et-Mère, Amour omniprésent, ne manque jamais d'être présent pour nous protéger et guider. Et, répétant cette affirmation, on ne se laisse pas oublier la Réalité transcendante qui élève nos esprits, et nous donne la capacité de produire des pensées utiles, qui nous permettrons d'accomplir notre dharma et de défaire nos karmas sans créer de nouveaux karmas à entraver notre progrès et fabriquer un avenir malheureux. Répétez, répétez, répétez notre affirmation de la foi en français ou en tamoul, et laissez-la vous rapprocher des divins pieds de notre Seigneur.
Quel effet produit la répétition de l'affirmation de la foi? Répétant notre affirmation de la foi, nous n'oublions pas nos convictions, nous réaffirmons notre adhésion au théisme moniste, et nous pouvons exprimer simplement toute la profondeur et la grandeur des enseignements du Chemin éternel, le Sanantana-dharma.
Gurudeva Sivaya Subramuniyaswami nous explique: «Anbe Sivamayam, sattiyame Parasivam!» Cette affirmation est une force spirituelle, une distillation des douze croyances qui constituent ce crédo sivaïte. Exploitez cette force. Répétez l'affirmation; méditez sur son sens; comprenez-la bien. Ce sont ce Catéchisme et ce Crédo tout entiers qui expliquent, et expliquent à merveille, ce que signifie notre affirmation. Il convient bien que nous traitions celle-ci en dernière page, car elle conclut, elle résume, elle distille le contenu de toutes les pages précédentes. Adoptez l'affirmation de notre foi; faites qu'elle soit pour vous l'expression définitive de toutes vos convictions spirituelles. Ecrivez-la en caractères tamouls mille et huit fois comme pénitence, sahasra likhana. Récitez-la mille et huit fois, assis à ses saints pieds au temple--sahasra japa--non pas en tant que mantra, ce qui exigerait que vous y soyez initié, mais simplement dans l'intention de déclarer votre foi et votre intention d'être ferme et resolu quant à vivre le saïva-samayam. Soyez inébranlable. Ne vous laissez pas décourager. Prenez hardiment en main le Vel sacré, et puis agissez en son nom. «Anbe Sivamayam, sattiyame Parasivam», voilà ce qui demeure lorsqu'on a pris le lait de la vache sacrée, la religion, qu'on en separe la crème, qu'on l'agite pour en faire du beurre, et qu'on bout ce beurre pour en tirer enfin quelques précieuse gouttes de beurre clarifié--«Anbe Sivamayam, sattiyame Parasivam»--le précieux beurre clarifié de la religion sivaïte.
Il est Amour manifeste...Saint Tirumular
Il transcende tout, et pourtant
se tient en chaque chose et en chaque être.
Pour ceux qui sont encore liés ici-bas,
il est le grand Trésor.
C'est ainsi que le suprême Siva, le Bienfaiteur
de tous les mondes, répandit sa gloire.